<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<feed version="0.3" xmlns="http://purl.org/atom/ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xml:lang="fr">
<title type="text/plain">60 millions de social-traîtres II</title>
<tagline type="text/plain">&amp;#38;laquo;&amp;#38;nbsp;Chaque homme sait, au fond de lui, qu&amp;#39;il n&amp;#39;est qu&amp;#39;un tas de merde sans intérêt.&amp;#38;nbsp;&amp;#38;raquo; Valerie Solanas</tagline>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com"/>
<author>
<name>T C</name>
<url>http://60millions.viabloga.com</url>
</author>
<info type="application/xhtml+xml" mode="xml">
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">
<p>Prototype of an Atom 0.3 feed based on <a href="http://www.mnot.net/drafts/draft-nottingham-atom-format-02.html">
http://www.mnot.net/drafts/draft-nottingham-atom-format-02.html</a>.
This feed may change, use at your own risk.
</p></div></info>
<generator url="http://viabloga.com">ViaBloga</generator>
<modified>2013-05-16T10:44:50Z</modified>
	<entry>
		<title>11-Septembre</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Je lis pour la première fois Bolaño, le must-read, apparemment, de toute une frange de la société dont font partie nombre de mes relations. C&apos;est bien. C&apos;est même très bien, Le Troisième Reich.


Petit problème : il y a un chapitre qui s&apos;appelle « 11 septembre ». Sans majuscule : tous les chapitres sont des dates successives. Entre le 10 et le 12, il y a le 11. Le souci ? La date a du sens. (Beaucoup de sens. Un double sens, même, étant donné que l&apos;auteur est chilien, et que le 11 septembre 1973, comme chacun le sait, ou devrait le savoir, est   aussi, surtout   la date du coup d&apos;État de Pinochet.) On la majuscule souvent, comme on le fait du 14-Juillet ou du 8-Mai.


Du coup, lorsqu&apos;il écrit que les Catalans (le bouquin raconte les vacances anxiogènes d&apos;un Allemand sur la Costa Brava) célèbrent le 11-Septembre, le lecteur exigeant mais néanmoins ignorant des coutumes catalanes, pensant à 2001, se demande s&apos;il n&apos;y a pas là discrète allusion. Et il va chercher la date à laquelle le livre a été écrit. Et il ne trouve pas : les deux copyrights indiqués sont de 2010. Or Bolaño est mort en 2003. Il aurait succombé en 1999, aucun problème ne se serait posé. La seule allusion au 11-Septembre chilien serait possible. Mais voilà, il est mort en 2003. Le Troisième Reich est peut-être le dernier livre qu&apos;il a écrit, après le 11 septembre 2001 ?


Il faut Wikipédia, alors qu&apos;on s&apos;en passerait bien, pour découvrir qu&apos;il l&apos;a écrit en 1989, et que le roman n&apos;aurait été publié qu&apos;en 2010, après avoir été retrouvé dans ses papiers, parmi d&apos;autres textes inédits, en 2009. D&apos;où le copyright 2010 de l&apos;original.


Bien sûr, ça n&apos;a que peu d&apos;importance, pense-t-on. Eh bien si. L&apos;éditeur français devrait au moins, quelque part (aucune mention dans la petite biographie de l&apos;auteur) indiquer en quelle année le bouquin a été écrit. Il ne le fait pas. L&apos;éditeur français est donc un con. La connerie se mesure à la somme de ces minuscules infâmies. En termes mathématiques, c&apos;est l&apos;intégrale des lâchetés quotidiennes. Et non pas une bête question de QI.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/11-septembre"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/11-septembre</id>
		<issued>2013-05-16T10:44:42Z</issued>
		<modified>2013-05-16T10:44:42Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Je lis pour la première fois Bolaño, le <i>must-read</i>, apparemment, de toute une frange de la société dont font partie nombre de mes relations. C'est bien. C'est même très bien, <i>Le Troisième Reich</i>.</p>
<p>Petit problème : il y a un chapitre qui s'appelle « 11 septembre ». Sans majuscule : tous les chapitres sont des dates successives. Entre le 10 et le 12, il y a le 11. Le souci ? La date a du sens. (Beaucoup de sens. Un double sens, même, étant donné que l'auteur est chilien, et que le 11 septembre 1973, comme chacun le sait, ou devrait le savoir, est — aussi, surtout — la date du coup d'État de Pinochet.) On la majuscule souvent, comme on le fait du 14-Juillet ou du 8-Mai.</p>
<p>Du coup, lorsqu'il écrit que les Catalans (le bouquin raconte les vacances anxiogènes d'un Allemand sur la Costa Brava) célèbrent le 11-Septembre, le lecteur exigeant mais néanmoins ignorant des coutumes catalanes, pensant à 2001, se demande s'il n'y a pas là discrète allusion. Et il va chercher la date à laquelle le livre a été écrit. Et il ne trouve pas : les deux copyrights indiqués sont de 2010. Or Bolaño est mort en 2003. Il aurait succombé en 1999, aucun problème ne se serait posé. La seule allusion au 11-Septembre chilien serait possible. Mais voilà, il est mort en 2003. <i>Le Troisième Reich</i> est peut-être le dernier livre qu'il a écrit, après le 11 septembre 2001 ?</p>
<p>Il faut <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Troisi%C3%A8me_Reich">Wikipédia</a>, alors qu'on s'en passerait bien, pour découvrir qu'il l'a écrit en 1989, et que le roman n'aurait été publié qu'en 2010, après avoir été retrouvé dans ses papiers, parmi d'autres textes inédits, en 2009. D'où le copyright 2010 de l'original.</p>
<p>Bien sûr, ça n'a que peu d'importance, pense-t-on. Eh bien si. L'éditeur français devrait au moins, quelque part (aucune mention dans la petite biographie de l'auteur) indiquer en quelle année le bouquin a été <i>écrit</i>. Il ne le fait pas. L'éditeur français est donc un con. La connerie se mesure à la somme de ces minuscules infâmies. En termes mathématiques, c'est l'intégrale des lâchetés quotidiennes. Et non pas une bête question de QI.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Il y a une lumière qui ne s&apos;éteint jamais</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Eh oui, les enfants. J&apos;aime vous appeler les enfants. J&apos;imagine mon ex, en 2006 : « Mon dieu ce que ce type écrit bien ! » Quel rapport avec les enfants ? Aucun. J&apos;encule les enfants. Je prends beaucoup le bus, à Paris. Oui, je suis parisien. Je suis de ce Paris du début du XXIe siècle dont les historiens de la littérature diront « Bordel de mes couilles, quelle sacrée bande d&apos;écrivains majeurs dans ce petit périmètre de dix bornes sur dix, quand même ! », ou pas. Peut-être que personne n&apos;aura rien à foutre de ces écrivains parisiens. Peut-être que le monde sera tellement en plein renversement que la grammaire, la culture, l&apos;histoire, seront si bouleversées que plus rien de toutes ces saloperies n&apos;auront cours, que nulle... que rien du tout.


Et il nous, il vous, enfants de la moitié du XXIe siècle (du centenaire d&apos;Auschwitz), restera quelques traces musicales...


... de Belgique, par exemple, ce pays qui n&apos;existe peut-être plus à votre époque, si fragile, si artificiel ; de cette Belgique, il restera toujours An Pierlé et surtout Dick Annegarn, qui chante le déchirement entre « Paris névrose » et « Bruxelles l&apos;abrutie »...


Townes Van Zandt chante le désespoir pas tout à fait total : le désespoir d&apos;où émerge   timide   l&apos;espoir, sous la forme de l&apos;amour potentiel : on a beau avoir envie de crever, peut-être qu&apos;on peut aussi bien aller voir Kathleen, après tout ? Eh oui. Putain. Peut-être que Kathleen, en plus d&apos;apprécier les pages les plus follement romantiques de Belle du seigneur, suce des bites comme une déesse, avec le petit filet de salive qui déchire sa race, sur le côté ?


Bon, ensuite, quoi ? Le riff de Killing Joke, pompé par Nirvana ? Le nombre de notes en jeu ne permet pas de conclure. C&apos;est l&apos;éternel problème de la musique pop, sa simplicité. Les maths sont formelles : douze accords majeurs, douze accords mineurs, sur cinquante années de musique dite « pop », c&apos;est absolument négligeable.


Un désert. C&apos;est de ce désert que Dinosaur Jr. profite, en une reprise, ce genre galvaudé de la pop, celle de Just Like Heaven de Cure, souvenez-vous, le générique des Enfants du rock ! Ouais. Repassons-nous l&apos;original. Show me how you do that trick. « Montre-moi comment tu fais ce tour. » Le phallus qui gonfle !


Et puis couchons-nous, si le soleil est tombé, ce qui serait plutôt opportun, avec les Smiths : « Il y a une lumière qui ne s&apos;éteint jamais. »

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/il-y-a-une-lumiere-qui-ne-s-eteint-jamais"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/il-y-a-une-lumiere-qui-ne-s-eteint-jamais</id>
		<issued>2013-05-13T01:03:56Z</issued>
		<modified>2013-05-13T02:47:38Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Eh oui, les enfants. J'aime vous appeler les enfants. J'imagine mon ex, en 2006&#160;: «&#160;Mon dieu ce que ce type écrit bien&#160;! » Quel rapport avec les enfants&#160;? Aucun. J'encule les enfants. Je prends beaucoup le bus, à Paris. <img width="230" vspace="5" hspace="5" height="323" border="1" align="left" alt="" src="http://60millions.viabloga.com/images/townes.png" />Oui, je suis parisien. Je suis de ce Paris du début du XXI<sup>e</sup> siècle dont les historiens de la littérature diront «&#160;Bordel de mes couilles, quelle sacrée bande d'écrivains majeurs dans ce petit périmètre de dix bornes sur dix, quand même&#160;! », ou pas. Peut-être que personne n'aura rien à foutre de ces écrivains parisiens. Peut-être que le monde sera tellement en plein renversement que la grammaire, la culture, l'histoire, seront si bouleversées que plus rien de toutes ces saloperies n'auront cours, que nulle... que rien du tout.</p>
<p>Et il nous, il vous, enfants de la moitié du XXI<sup>e</sup> siècle (du centenaire d'Auschwitz), restera quelques traces musicales...</p>
<p>... de Belgique, par exemple, ce pays qui n'existe peut-être plus à votre époque, si fragile, si artificiel&#160;; de cette Belgique, il restera toujours An Pierlé et surtout Dick Annegarn, qui chante le déchirement entre «&#160;Paris névrose&#160;» et «&#160;Bruxelles l'abrutie&#160;»...</p>
<p>Townes Van Zandt chante le désespoir pas tout à <img width="200" vspace="5" hspace="5" height="232" border="1" align="right" alt="" src="http://60millions.viabloga.com/images/morrissey.png" />fait total&#160;: le désespoir d'où émerge — timide — l'espoir, sous la forme de l'amour potentiel&#160;: on a beau avoir envie de crever, peut-être qu'on peut aussi bien aller voir <i>Kathleen</i>, après tout&#160;? Eh oui. Putain. Peut-être que Kathleen, en plus d'apprécier les pages les plus follement romantiques de <i>Belle du seigneur</i>, suce des bites comme une déesse, avec le petit filet de salive qui déchire sa race, sur le côté&#160;?</p>
<p>Bon, ensuite, quoi&#160;? Le riff de Killing Joke, pompé par Nirvana&#160;? Le nombre de notes en jeu ne permet pas de conclure. C'est l'éternel problème de la musique pop, sa simplicité. Les maths sont formelles&#160;: douze accords majeurs, douze accords mineurs, sur cinquante années de musique dite «&#160;pop&#160;», c'est absolument négligeable.</p>
<p>Un désert. C'est de ce désert que Dinosaur Jr. profite, en une reprise, ce genre galvaudé de la pop, celle de <i>Just Like Heaven</i> de Cure, souvenez-vous, le générique des <i>Enfants du rock</i>&#160;! Ouais. Repassons-nous l'original. <i>Show me how you do that trick.&#160;</i>«&#160;Montre-moi comment tu fais ce tour. » Le phallus qui gonfle&#160;!</p>
<p>Et puis couchons-nous, si le soleil est tombé, ce qui serait plutôt opportun, avec les Smiths&#160;: «&#160;Il y a une lumière qui ne s'éteint jamais. »</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Madame Irma m&apos;a parlé, et ce n&apos;est pas joli joli</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Oh, mais tout va bien, ne nous faites pas chier. Les juges sont du bon côté du manche. Le goupillon n&apos;a même plus besoin du sabre pour ses hautes  uvres. Les kids américains seront la première avant-garde de la Très Sainte Connerie purificatrice  qui aura ravagé le monde avant cent ans ;


enfin... aurait dû ravager le monde si ce dernier n&apos;avait pas déjà été passé au crible et au phosphore blanc quelque cinquante années plus tôt par ses deux premières armées (sans doute la chinoise et l&apos;américaine, peu de surprises sont à attendre en ce domaine) avec ici ou là quelques escarmouches à peine nucléaires en Corée (ce n&apos;est jamais très loin du Japon qu&apos;on fait mumuse à casser des atomes en morceaux, on en conviendra), dans la joyeusement célèbre région moyen-orientale et, oh, tiens, pour faire joli, au beau milieu du Larzac, après la funeste erreur d&apos;un pilote franco-kabylo-iranien ayant fait décoller, dix minutes auparavant, en pleine nuit, son Mig-29 pour Londres d&apos;un tronçon abandonné de l&apos;autoroute A2 au sud de Gérone, la ville assiégée par les troupes loyalistes du (très grand) caporal Rajoy depuis la sécession de la Catalogne après la Coupe du monde 2014 perdue au Brésil à cause de la passe en retrait mal dosée d&apos;un Basque stipendié par le Real Madrid.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/madame-irma-m-a-parle-et-ce-n-est-pas-joli-joli"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/madame-irma-m-a-parle-et-ce-n-est-pas-joli-joli</id>
		<issued>2013-05-08T12:07:24Z</issued>
		<modified>2013-05-08T12:38:40Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Oh, mais tout va bien, ne nous faites pas chier. Les juges sont <a href="http://www.internationalnews.fr/article-16152539.html">du bon côté du manche</a>. Le goupillon n'a même plus besoin du sabre <a href="http://www.snopes.com/photos/signs/sciencetest.asp">pour ses hautes œuvres</a>. Les <i>kids</i> américains seront la première avant-garde de la Très Sainte Connerie purificatrice™ <img width="270" vspace="5" hspace="5" height="284" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/creationism.png" alt="" />qui aura ravagé le monde avant cent ans&#160;;</p>
<p>enfin... <i>aurait dû</i> ravager le monde si ce dernier n'avait pas déjà été passé au crible et au phosphore blanc quelque cinquante années plus tôt par ses deux premières armées (sans doute la chinoise et l'américaine, peu de surprises sont à attendre en ce domaine) avec ici ou là quelques escarmouches à peine nucléaires en Corée (ce n'est jamais très loin du Japon qu'on fait mumuse à casser des atomes en morceaux, on en conviendra), dans la joyeusement célèbre région moyen-orientale et, oh, tiens, pour faire joli, au beau milieu du Larzac, après la funeste erreur d'un pilote franco-kabylo-iranien ayant fait décoller, dix minutes auparavant, en pleine nuit, son Mig-29 pour Londres d'un tronçon abandonné de l'autoroute A2 au sud de Gérone, la ville assiégée par les troupes loyalistes du (très grand) caporal Rajoy depuis la sécession de la Catalogne après la Coupe du monde 2014 perdue au Brésil à cause de la passe en retrait mal dosée d'un Basque stipendié par le Real Madrid.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>A. H.</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Le jeudi douze, elle me raconte son malheur, ses pleurs incessants, soir et matin, parce que son type ne l&apos;embrasse que chastement et que ça la met en panique. Il y a un mois, il a perdu sa mère, emportée par un cancer ; il est sans doute en train de faire une bonne dépression. La preuve : elle m&apos;explique qu&apos;il n&apos;arrive pas à finir l&apos;installation de la cuisine qu&apos;ils ont achetée, trois briques chez Ikéa. En fait, elle ne se plaint plus tellement. Sa première phrase a été claire : « Je le quitte. » Elle est déterminée. Moi qui suis amoureux d&apos;elle en secret depuis deux mois mais qui ai mis ça de côté, forcément, parce qu&apos;elle s&apos;installait avec son type dont elle adore le « côté viril » et puis qu&apos;elle a été même enceinte de lui avant de faire une fausse couche, moi, ce soir du jeudi douze, la veille de mon anniversaire, je me dis juste qu&apos;elle est libre.


Le samedi quatorze, j&apos;ai déjà oscillé dix fois entre espoir et désespoir. Il y a cette soirée dans une grande baraque à Saint-Mandé, l&apos;occasion de lui déclarer ma flamme. On a déjà eu deux faux départs, elle et moi, depuis trois ans qu&apos;on se tourne autour. Je sais qu&apos;elle m&apos;aime, mais quand même, c&apos;est un peu bizarre, elle vient de s&apos;installer avec ce type dont elle était folle. Ça fait quelques mois qu&apos;on se voit moins, on avait l&apos;habitude de toujours faire la fête ensemble, on rigolait bien. On faisait n&apos;importe quoi, elle comme moi, dans des registres différents, elle avec les mecs, moi avec tout le reste de ma vie. Bref, ce soir-là, j&apos;ai bu et pris pas mal de cocaïne ; elle aussi. Elle est mignonne sous sa petite casquette Mao. Je finis par me jeter à l&apos;eau, à lui déclarer mon amour, on s&apos;embrasse comme des fous dans la salle de bains, je lui dis que je veux vivre avec elle, toute ma vie. Elle est défoncée, ivre d&apos;incompréhension et de plaisir ; quant à sa peur, légitime, la drogue   cette même substance qui me donne des ailes   lui fait son affaire. On rentre ensemble en taxi, amoureux comme tout. Elle me dépose chez moi, et elle va dormir avec son type. Ah oui, parce qu&apos;au début de la soirée, elle m&apos;a dit un truc qui m&apos;a embêté : finalement, elle lui donne une dernière chance. J&apos;ai eu du mal à comprendre, c&apos;est que je me suis habitué depuis jeudi à la savoir libre. Il y a deux jours, c&apos;était un moins que rien et elle le quittait, cent pour cent. Le samedi, la voilà qui négocie.


Le dimanche quinze, je passe la journée sur un nuage, elle aussi. On arrive à se voir le soir. Elle me dit : « C&apos;est compliqué. Mais je t&apos;ai toujours aimée. Je t&apos;aime depuis le début... » Le contrat, qui n&apos;en est pas un, la suite des événements, plutôt, semble claire : elle va le quitter, en prenant le temps qu&apos;il faudra. Sans l&apos;assommer, quoi. Et puis elle sera à moi.


Le mardi, on se roule des patins au Salon du livre et on rentre chacun chez soi, sagement. Le jeudi, on fait pareil dans ce bar de la rue Crespin-du-Gast où ils servent des boissons rhumées.


Le samedi soir, jour du printemps, on s&apos;y retrouve. Elle a quitté précipitamment le dîner chez elle, celui qu&apos;elle a organisé avec son type pour les amis de son type. Sans chercher d&apos;excuse. Elle s&apos;est juste tirée, comme ça, pour me rejoindre. J&apos;imagine l&apos;ambiance. Elle aussi. Elle s&apos;en fout.


On se drogue, comme tout le monde, la queue des toilettes est trop longue, alors on y entre souvent à deux, elles sont très spacieuses. C&apos;est les narines bien endormies qu&apos;elle envoie le texto par lequel elle largue son type, qui lui demandait des explications au sujet de son départ précipité. Elle le largue comme le dernier des étrons. « Je te quitte, j&apos;en peux plus, et puis de toute façon je suis amoureuse de Don, voilà. » Il faut savoir que le type, son type, faisait des cauchemars avec moi dedans. L&apos;intuition. Elle vient de le massacrer.


On continue chez moi, on reprend beaucoup de drogue, en écoutant de la musique, en se parlant. Projets d&apos;avenir, pas encore formulés, mais qui saturent l&apos;air. On est enfin ensemble, nous deux. Tout ça va très vite. Je suis tombé amoureux d&apos;elle, ma meilleure amie, deux mois et demi avant à peine. Elle avait ce type. Elle l&apos;a quittée. Comme un étron. Le dernier.


Quand même, elle décide de rentrer chez elle vers six heures du matin. Pourquoi ? Bonne question. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C&apos;est déjà loin. Peut-être que dans sa folie poudrée elle imagine qu&apos;elle peut encore se montrer gentille avec son type qu&apos;elle vient pourtant de laminer. Qu&apos;il va la recevoir normalement. Elle est conne. Elle est droguée. Je suis con. Je suis drogué. Et puis ce n&apos;est pas mon histoire. Bref, elle rentre. Elle trouve la clé dans la serrure, ça bloque, elle ne peut pas ouvrir. Logique. L&apos;étron, humilié comme jamais, se défend. Elle m&apos;appelle et se plaint. Là, j&apos;aurais dû comprendre. La nature mauvaise ! Moi, con car drogué, con et drogué, et amoureux surtout donc aveugle et égoïste, je la soutiens. Elle est ma déesse depuis quelques jours, elle ne peut avoir que raison.


Donc elle se sent humiliée à son tour. Le monde à l&apos;envers. Mais je n&apos;y peux rien. Je marche dans son délire : « Tu te rends compte, ce salaud ! Il m&apos;empêche de rentrer ! Il me laisse à la rue ! »


*


En fait, je ne me suis rendu compte que quand elle m&apos;a quitté et qu&apos;elle est alors devenue franchement mauvaise. Mesquine et cruelle avec moi. C&apos;était mon tour, quoi.


Aujourd&apos;hui, je me porte très bien, je vois la vie en rose même quand il tombe des trombes de flotte sale sur la région parisienne, loin du cagnard espagnol sous lequel j&apos;ai vécu mal avec elle. Je me porte très bien et je parierais que son type de l&apos;époque lui aussi s&apos;en est remis d&apos;avoir été assassiné par cette fille qui fut ma femme (le maire de Tulle faisant foi). Je me porte bien mais j&apos;ai quand même honte d&apos;avoir été son complice, même après qu&apos;elle avait été voir les flics pour qu&apos;ils perquisitionnent chez lui. Même que j&apos;ai failli me battre avec le type en pleine rue à cause de ses conneries, un soir qu&apos;on s&apos;est retrouvés comme ça lui et moi accoudés au même comptoir. J&apos;étais gêné, ma nana avait appelé les flics. C&apos;était indéfendable. Mais c&apos;était ma nana. Alors je l&apos;ai défendue. Ce qu&apos;on est con quand on aime, parfois.


Ben oui, les flics, quoi ! Il avait deux vieux pistolets (« avec des balles aussi ! » n&apos;arrêtait-elle pas d&apos;expliquer pour se dédouaner), hérités de son père qui les tenait du sien, ou de son grand-oncle, j&apos;ai oublié, pas important. Des trucs de collection, dans une boîte, un écrin ou un truc de ce genre.


Et puis quand ce fameux soir, il avait fini par la laisser entrer chez eux, de guerre lasse, après avoir lu ce texto de pure cruauté qui venait de détruire toute sa vie, ils s&apos;étaient engueulés, bien sûr, et il avait même fini par lui mettre une claque. (J&apos;en aurais mis deux, moi, peut-être. C&apos;est que j&apos;ai appris à la connaître, ensuite. Je ne l&apos;ai jamais frappée, je n&apos;ai jamais frappé personne, je l&apos;ai juste poussée sur le lit une fois : comme elle était enceinte de quelques jours, elle en a joué par la suite, naturellement, comme si j&apos;étais quelqu&apos;un de vraiment violent, moi qui serais plutôt l&apos;archétype de l&apos;anti-violeur, le passif presque absolu, quoi. Elle m&apos;a frappé de ses petits poings furieux plusieurs fois, elle ; un jour elle m&apos;a même collé des bleus sur le torse à force, c&apos;en est drôle au fond.) Bref, après la claque, ça s&apos;était calmé par épuisement. Elle s&apos;était allongée sur le canapé, lui dans le lit vide, on imagine le désarroi total du type, l&apos;insomnie irrésistible. Il a fini par se relever pour aller faire un tour en moto, se calmer les nerfs ; au moment où il ouvrait la porte de cet appartement qu&apos;il avait investi, six semaines avant, heureux, avec celle qu&apos;il croyait être la femme de sa vie et qui fut par la suite la mienne pendant quelques années, elle l&apos;a interpellé. Elle ne dormait pas, mais c&apos;était juste la drogue qui faisait ça, pas la culpabilité : pas le genre de la maison. Elle lui a demandé « Où tu vas ? » comme si c&apos;était encore ses oignons. Il lui a répondu, pour la faire suer : « Je vais tuer Don. »


Elle m&apos;a appelé, paniquée, juste après ça. Je suis entré dans son jeu, elle avait vraiment l&apos;air convaincue qu&apos;il venait me buter. Je suis entré dans son putain de jeu   qui n&apos;en était pas un, bien sûr qu&apos;elle y croyait sincèrement à tout ça. L&apos;équation s&apos;était inscrite dans son cerveau confus. Encore quelque chose que j&apos;ai compris après qu&apos;elle m&apos;a quitté. La paranoïa, mêlée à la posture éternelle de la victime.


*


Elle me racontait parfois des histoires comme ça, de son passé, de comment elle avait parlé à tel de ses ex, comment elle s&apos;était comportée. Elle en riait. Oui, elle riait quand même un peu de l&apos;énormité de sa cruauté. Moi je disais des trucs comme « Putain, c&apos;est vraiment salaud, quand même », mais au fond je m&apos;en foutais.


J&apos;ai appris. La colère qui m&apos;avait séduit dès le début chez elle, parce que j&apos;étais moi-même en colère contre ce monde mal foutu, ce n&apos;était pas de la colère mais de l&apos;aigreur, un pur esprit revanchard, rancunier, et tous ceux qui ne satisferaient pas tous ses désirs le paieraient très cher. Moi compris.


Toujours se fier aux proverbes. Love is blindness.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/a-h"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/a-h</id>
		<issued>2013-05-06T11:06:40Z</issued>
		<modified>2013-05-06T18:58:57Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Le jeudi douze, elle me raconte son malheur, ses pleurs incessants, soir et matin, parce que son type ne l'embrasse que chastement et que ça la met en panique. Il y a un mois, il a perdu sa mère, emportée par un cancer&#160;; il est sans doute en train de faire une bonne dépression. La preuve&#160;: elle m'explique qu'il n'arrive pas à finir l'installation de la cuisine qu'ils ont achetée, trois briques chez Ikéa. En fait, elle ne se plaint plus tellement. Sa première phrase a été claire&#160;: «&#160;Je le quitte. » Elle est déterminée. Moi qui suis amoureux d'elle en secret depuis deux mois mais qui ai mis ça de côté, forcément, parce qu'elle s'installait avec son type dont elle adore le «&#160;côté viril&#160;» et puis qu'elle a été même enceinte de lui avant de faire une fausse couche, moi, ce soir du jeudi douze, la veille de mon anniversaire, je me dis juste qu'elle est libre.</p>
<p>Le samedi quatorze, j'ai déjà oscillé dix fois entre espoir et désespoir. Il y a cette soirée dans une grande baraque à Saint-Mandé, l'occasion de lui déclarer ma flamme. On a déjà eu deux faux départs, elle et moi, depuis trois ans qu'on se tourne autour. Je sais qu'elle m'aime, mais quand même, c'est un peu bizarre, elle vient de s'installer avec ce type dont elle était folle. Ça fait quelques mois qu'on se voit moins, on avait l'habitude de toujours faire la fête ensemble, on rigolait bien. On faisait n'importe quoi, elle comme moi, dans des registres différents, elle avec les mecs, moi avec tout le reste de ma vie. Bref, ce soir-là, j'ai bu et pris pas mal de cocaïne&#160;; elle aussi. Elle est mignonne sous sa petite casquette Mao. Je finis par me jeter à l'eau, à lui déclarer mon amour, on s'embrasse comme des fous dans la salle de bains, je lui dis que je veux vivre avec elle, toute ma vie. Elle est défoncée, ivre d'incompréhension et de plaisir&#160;; quant à sa peur, légitime, la drogue — cette même substance qui me donne des ailes — lui fait son affaire. On rentre ensemble en taxi, amoureux comme tout. Elle me dépose chez moi, et elle va dormir avec son type. Ah oui, parce qu'au début de la soirée, elle m'a dit un truc qui m'a embêté&#160;: finalement, elle lui donne une dernière chance. J'ai eu du mal à comprendre, c'est que je me suis habitué depuis jeudi à la savoir libre. Il y a deux jours, c'était un moins que rien et elle le quittait, cent pour cent. Le samedi, la voilà qui négocie.</p>
<p>Le dimanche quinze, je passe la journée sur un nuage, elle aussi. On arrive à se voir le soir. Elle me dit&#160;: «&#160;C'est compliqué. Mais je t'ai toujours aimée. Je t'aime depuis le début... » Le contrat, qui n'en est pas un, la suite des événements, plutôt, semble claire&#160;: elle va le quitter, en prenant le temps qu'il faudra. Sans l'assommer, quoi. Et puis elle sera à moi.</p>
<p>Le mardi, on se roule des patins au Salon du livre et on rentre chacun chez soi, sagement. Le jeudi, on fait pareil dans ce bar de la rue Crespin-du-Gast où ils servent des boissons rhumées.</p>
<p>Le samedi soir, jour du printemps, on s'y retrouve. Elle a quitté précipitamment le dîner chez elle, celui qu'elle a organisé avec son type pour les amis de son type. Sans chercher d'excuse. Elle s'est juste tirée, comme ça, pour me rejoindre. J'imagine l'ambiance. Elle aussi. Elle s'en fout.</p>
<p>On se drogue, comme tout le monde, la queue des toilettes est trop longue, alors on y entre souvent à deux, elles sont très spacieuses. C'est les narines bien endormies qu'elle envoie le texto par lequel elle largue son type, qui lui demandait des explications au sujet de son départ précipité. Elle le largue comme le dernier des étrons. «&#160;Je te quitte, j'en peux plus, et puis de toute façon je suis amoureuse de Don, voilà. » Il faut savoir que le type, son type, faisait des cauchemars avec moi dedans. L'intuition. Elle vient de le massacrer.</p>
<p>On continue chez moi, on reprend beaucoup de drogue, en écoutant de la musique, en se parlant. Projets d'avenir, pas encore formulés, mais qui saturent l'air. On est enfin ensemble, nous deux. Tout ça va très vite. Je suis tombé amoureux d'elle, ma meilleure amie, deux mois et demi avant à peine. Elle avait ce type. Elle l'a quittée. Comme un étron. Le dernier.</p>
<p>Quand même, elle décide de rentrer chez elle vers six heures du matin. Pourquoi&#160;? Bonne question. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C'est déjà loin. Peut-être que dans sa folie poudrée elle imagine qu'elle peut encore se montrer gentille avec son type qu'elle vient pourtant de laminer. Qu'il va la recevoir normalement. Elle est conne. Elle est droguée. Je suis con. Je suis drogué. Et puis ce n'est pas mon histoire. Bref, elle rentre. Elle trouve la clé dans la serrure, ça bloque, elle ne peut pas ouvrir. Logique. L'étron, humilié comme jamais, se défend. Elle m'appelle et se plaint. Là, j'aurais dû comprendre. La nature mauvaise&#160;! Moi, con car drogué, con et drogué, et amoureux surtout donc aveugle et égoïste, je la soutiens. Elle est ma déesse depuis quelques jours, elle ne peut avoir que raison.</p>
<p>Donc elle se sent <i>humiliée</i> à son tour. Le monde à l'envers. Mais je n'y peux rien. Je marche dans son délire&#160;: «&#160;Tu te rends compte, ce salaud&#160;! Il m'empêche de rentrer&#160;! Il me laisse à la rue&#160;! »</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>En fait, je ne me suis rendu compte que quand elle m'a quitté et qu'elle est alors devenue franchement mauvaise. Mesquine et cruelle avec moi. C'était mon tour, quoi.</p>
<p>Aujourd'hui, je me porte très bien, je vois la vie en rose même quand il tombe des trombes de flotte sale sur la région parisienne, loin du cagnard espagnol sous lequel j'ai vécu mal avec elle. Je me porte très bien et je parierais que son type de l'époque lui aussi s'en est remis d'avoir été assassiné par cette fille qui fut ma femme (le maire de Tulle faisant foi). Je me porte bien mais j'ai quand même honte d'avoir été son complice, même après qu'elle avait été voir les flics pour qu'ils perquisitionnent chez lui. Même que j'ai failli me battre avec le type en pleine rue à cause de ses conneries, un soir qu'on s'est retrouvés comme ça lui et moi accoudés au même comptoir. J'étais gêné, ma nana avait appelé les flics. C'était indéfendable. Mais c'était ma nana. Alors je l'ai défendue. Ce qu'on est con quand on aime, parfois.</p>
<p>Ben oui, les flics, quoi&#160;! Il avait deux vieux pistolets («&#160;avec des balles aussi&#160;! » n'arrêtait-elle pas d'expliquer pour se dédouaner), hérités de son père qui les tenait du sien, ou de son grand-oncle, j'ai oublié, pas important. Des trucs de collection, dans une boîte, un écrin ou un truc de ce genre.</p>
<p>Et puis quand ce fameux soir, il avait fini par la laisser entrer chez eux, de guerre lasse, après avoir lu ce texto de pure cruauté qui venait de détruire toute sa vie, ils s'étaient engueulés, bien sûr, et il avait même fini par lui mettre une claque. (J'en aurais mis deux, moi, peut-être. C'est que j'ai appris à la connaître, ensuite. Je ne l'ai jamais frappée, je n'ai jamais frappé personne, je l'ai juste poussée sur le lit une fois&#160;: comme elle était enceinte de quelques jours, elle en a joué par la suite, naturellement, comme si j'étais quelqu'un de vraiment violent, moi qui serais plutôt l'archétype de l'anti-violeur, le passif presque absolu, quoi. Elle m'a frappé de ses petits poings furieux plusieurs fois, elle&#160;; un jour elle m'a même collé des bleus sur le torse à force, c'en est drôle au fond.) Bref, après la claque, ça s'était calmé par épuisement. Elle s'était allongée sur le canapé, lui dans le lit vide, on imagine le désarroi total du type, l'insomnie irrésistible. Il a fini par se relever pour aller faire un tour en moto, se calmer les nerfs&#160;; au moment où il ouvrait la porte de cet appartement qu'il avait investi, six semaines avant, heureux, avec celle qu'il croyait être la femme de sa vie et qui fut par la suite la mienne pendant quelques années, elle l'a interpellé. Elle ne dormait pas, mais c'était juste la drogue qui faisait ça, pas la culpabilité&#160;: pas le genre de la maison. Elle lui a demandé «&#160;Où tu vas&#160;? » comme si c'était encore ses oignons. Il lui a répondu, pour la faire suer&#160;: «&#160;Je vais tuer Don. »</p>
<p>Elle m'a appelé, paniquée, juste après ça. Je suis entré dans son jeu, elle avait vraiment l'air convaincue qu'il venait me buter. Je suis entré dans son putain de jeu — qui n'en était pas un, bien sûr qu'elle y croyait sincèrement à tout ça. L'équation s'était inscrite dans son cerveau confus. Encore quelque chose que j'ai compris après qu'elle m'a quitté. La paranoïa, mêlée à la posture éternelle de la victime.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Elle me racontait parfois des histoires comme ça, de son passé, de comment elle avait parlé à tel de ses ex, comment elle s'était comportée. Elle en riait. Oui, elle riait quand même un peu de l'énormité de sa cruauté. Moi je disais des trucs comme «&#160;Putain, c'est vraiment salaud, quand même&#160;», mais au fond je m'en foutais.</p>
<p>J'ai appris. La colère qui m'avait séduit dès le début chez elle, parce que j'étais moi-même en colère contre ce monde mal foutu, ce n'était pas de la colère mais de l'aigreur, un pur esprit revanchard, rancunier, et tous ceux qui ne satisferaient pas tous ses désirs le paieraient très cher. Moi compris.</p>
<p>Toujours se fier aux proverbes. <i>Love is blindness</i>.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Death in June, Diabologum, Suicide</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Il y a un moment où le traducteur, conscient de l&apos;imperfection ontologique (et vlan !) de sa tâche, abandonne tout espoir. Quand il entend ces deux voix, celle de la femme d&apos;abord, qui dit d&apos;une voix diaphane qu&apos;elle aime la mer par-dessus tout   croit-elle   bien qu&apos;elle en ait peur, puis celle de l&apos;homme, qui lui répond que nous avons sans doute tous un peu peur de ce que nous aimons (d&apos;aimer ?), il bute, il s&apos;entête, il s&apos;irrite : il y a ce I guess... Ce foutu et sublime I guess qui contamine toutes les traductions françaises de romans noirs, blancs, fluorescents, claudiquants surtout :


Je suppose... Je crois... J&apos;imagine...


Non, cela ne convient pas toujours... Cela atténue ou renforce trop. Pas sorti de l&apos;auberge, le traducteur perfectionniste. C&apos;est un artisanat pathogène, si l&apos;on y pense trop.


Alors le traducteur arrête d&apos;écouter ce morceau de Death in June dont il ne pourra pas communiquer l&apos;élément sublime à ceux de ses lecteurs qui ne comprennent nib à l&apos;anglais.


Et il écoute alors un morceau de rock français. N&apos;oubliant jamais la sentence méchante et lucide de John Lennon : le rock français, c&apos;est comme le vin anglais. Bien sûr. Mais Diabologum, le traducteur n&apos;en connaît pas d&apos;équivalent anglo-saxon.


La post-avant-garde cassera les prix mais jamais l&apos;ambiance


Le traducteur se paye de mots. Comment faire autrement ? Du tube post-punk des Chameleons il retient autant l&apos;ampleur de la guitare et la noirceur chaude de la voix que les paroles, là encore pondues par un poète. Et le traducteur retombe en désespoir : cette langue est trop puissante, trop concentrée. There must be something wrong, boys.





Qu&apos;aurait fait le traducteur en 1942 ? Il n&apos;aurait pas levé le petit doigt. Il est déjà lourdement incapable de lutter en 2013 contre la nouvelle lingua franca : à vrai dire il en vit. Il collabore avec l&apos;occupant, qui pourtant ne le menace pas de la moindre torture ou mort subite. Parfois Lingua F. le déprime, elle est souvent très laide, trop rouged (fardée), c&apos;est une langue qui si souvent fait la pute ! Si souvent !


Quand elle s&apos;arrête de vouloir vendre des choses, elle peut toucher à la quintessence poétique. Grandaddy, si cela n&apos;émouvait personne, ce serait, comment dire ? Mauvais signe, non ?


Et ces doubles sens ! Can I come over tonight ? We could have a real cool time.


C&apos;est Iggy Pop qui chantait ça. Un texte suintant l&apos;obsession hormonale adolescente, répétitif, insistant. Extrêmement con quand on le traduit ? Mais justement, cela ne se traduit pas, le traducteur vous l&apos;a bien dit, ou plutôt il a essayé, il ne sait plus... Venir chez sa copine pour lui mettre un coup, quoi. Come over : venir, puis venir (all over your tits). Le traducteur a dégoté une reprise du morceau par Half Japanese, groupe dont il ne savait rien. C&apos;est 2.0, c&apos;est moderne à en frissonner, c&apos;est Grooveshark et ses suggestions plutôt malines. Malines ? Malignes ?


Regardez le cuistre se caresser, ici :


Le lexème « maline » ou sa variante au pluriel sont tout simplement introuvables sur un corpus de 22  uvres allant de Marivaux à Proust.


Eh bien le traducteur, qui abhorre les cuistres, se servira du mot « maline », comme tout le monde. Une langue figée est une langue bientôt morte. Bien sûr le traducteur enfonce aussi des portes ouvertes (et se sert de clichés). Le français, ils voudraient le figer. Il y a des académies et des pisse-froid pour cela. L&apos;anglais s&apos;amuse, en face. Il domine largement. Filons la métaphore. C&apos;est le Bayern München contre le FC Barcelona la semaine dernière. C&apos;est McEnroe contre Borg en 1981. L&apos;éternel combat de la jeunesse décomplexée contre la vieillesse qui sent la mort. Grooveshark est malin mais il ne veut pas notre perte. Du moins pas consciemment.


Pourquoi donc des Français n&apos;écriraient-ils pas en anglais, après tout ? Quand c&apos;est fait comme chez le Married Monk, le traducteur s&apos;incline. Traducteur à qui sa mémoire souffle que l&apos;artiste serait tout de même anglophone de naissance, un peu, sur les bords. Mais sa mémoire lui joue sans doute des tours. Il s&apos;appelle Christian Quermelet, le chanteur. Pas très anglais, certes... (Pendant qu&apos;il y est, le traducteur informe Grooveshark   il le fait vraiment, par un autre canal que ce blog d&apos;élite   que la version de Roma Amor annoncée comme faisant partie de l&apos;album studio R/O/C/K/Y n&apos;est pas la bonne : Grooveshark ne propose la chanson qu&apos;enregistrée en concert par Bernard Lenoir pour France Inter. Celle que le lecteur de ces lignes écoute peut-être en ce moment.)


Et puis on a fini pour la semaine. Le traducteur n&apos;a pas envie d&apos;essayer de rendre en français les lyrics d&apos;Antipop Consortium, cela les affadirait de manière criminelle :


Shark-infested water

Message in a bottle

No man is an island

Individual visual MC

Me I love life


« Il y aussi le rap français», pense alors le traducteur. Mais il ne faut quand même pas se foutre de la gueule du monde.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/death-in-june-diabologum-suicide"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/death-in-june-diabologum-suicide</id>
		<issued>2013-05-04T19:04:59Z</issued>
		<modified>2013-05-04T19:04:59Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Il y a un moment où le traducteur, conscient de l'imperfection ontologique (et vlan&#160;!) de sa tâche, abandonne tout espoir. Quand il entend ces deux voix, celle de la femme d'abord, qui dit d'une voix diaphane qu'elle aime la mer par-dessus tout — <i>croit-elle</i> — bien qu'elle en ait peur, puis celle de l'homme, qui lui répond que nous avons sans doute tous un peu peur de ce que nous aimons (d'aimer&#160;?), il bute, il s'entête, il s'irrite&#160;: il y a ce <i>I guess</i>... Ce foutu et sublime <i>I guess</i> qui contamine toutes les traductions françaises de romans noirs, blancs, fluorescents, claudiquants surtout&#160;:</p>
<p class="citation">Je suppose... Je crois... J'imagine...</p>
<p>Non, cela ne convient pas toujours... Cela atténue ou renforce trop. Pas sorti de l'auberge, le traducteur perfectionniste. C'est un artisanat pathogène, si l'on y pense trop.</p>
<p>Alors le traducteur arrête d'écouter ce morceau de Death in June dont il ne pourra pas communiquer l'élément sublime à ceux de ses lecteurs qui ne comprennent nib à l'anglais.</p>
<p>Et il écoute alors un morceau de rock français. N'oubliant jamais la sentence méchante et lucide de John Lennon&#160;: le rock français, c'est comme le vin anglais. Bien sûr. Mais Diabologum, le traducteur n'en connaît pas d'équivalent anglo-saxon.</p>
<p class="citation">La post-avant-garde cassera les prix mais jamais l'ambiance</p>
<p>Le traducteur se paye de mots. Comment faire autrement&#160;? Du tube post-punk des Chameleons il retient autant l'ampleur de la guitare et la noirceur chaude de la voix que les paroles, là encore pondues par un poète. Et le traducteur retombe en désespoir&#160;: cette langue est trop puissante, trop concentrée. <i>There must be something wrong, boys</i>.</p>
<p><iframe width="420" height="315" frameborder="0" src="http://www.youtube.com/embed/PxfCg2gy2yU?rel=0" allowfullscreen=""></iframe></p>
<p>Qu'aurait fait le traducteur en 1942&#160;? Il n'aurait pas levé le petit doigt. Il est déjà lourdement incapable de lutter en 2013 contre la nouvelle <i>lingua franca</i> : à vrai dire il en vit. Il collabore avec l'occupant, qui pourtant ne le menace pas de la moindre torture ou mort subite. Parfois Lingua F. le déprime, elle est souvent très laide, trop <i>rouged</i> (fardée), c'est une langue qui si souvent fait la pute&#160;! Si souvent&#160;!</p>
<p>Quand elle s'arrête de vouloir vendre des choses, elle peut toucher à la quintessence poétique. Grandaddy, si cela n'émouvait personne, ce serait, comment dire&#160;? Mauvais signe, non&#160;?</p>
<p>Et ces doubles sens&#160;! <i>Can I come over tonight&#160;? We could have a real cool time.</i></p>
<p>C'est Iggy Pop qui chantait ça. Un texte suintant l'obsession hormonale adolescente, répétitif, insistant. Extrêmement con quand on le traduit&#160;? Mais justement, cela ne se traduit pas, le traducteur vous l'a bien dit, ou plutôt il a essayé, il ne sait plus... Venir chez sa copine pour lui mettre un coup, quoi. <i>Come over</i> : venir, puis venir (<i>all over your tits</i>). Le traducteur a dégoté une reprise du morceau par Half Japanese, groupe dont il ne savait rien. C'est 2.0, c'est moderne à en frissonner, c'est <a href="http://grooveshark.com/">Grooveshark</a> et ses suggestions plutôt malines. Malines&#160;? Malignes&#160;?</p>
<p>Regardez le cuistre <a href="http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=602111&amp;langid=6">se caresser, ici</a> :</p>
<p class="citation">Le lexème «&#160;maline&#160;» ou sa variante au pluriel sont tout simplement introuvables sur un corpus de 22 œuvres allant de Marivaux à Proust.</p>
<p>Eh bien le traducteur, qui abhorre les cuistres, se servira du mot «&#160;maline&#160;», comme tout le monde. Une langue figée est une langue bientôt morte. Bien sûr le traducteur enfonce aussi des portes ouvertes (et se sert de clichés). Le français, ils voudraient le figer. Il y a des académies et des pisse-froid pour cela. L'anglais s'amuse, en face. Il domine largement. Filons la métaphore. C'est le Bayern München contre le FC Barcelona la semaine dernière. C'est McEnroe contre Borg en 1981. L'éternel combat de la jeunesse décomplexée contre la vieillesse qui sent la mort. Grooveshark est malin mais il ne veut pas notre <i>perte</i>. Du moins pas consciemment.</p>
<p>Pourquoi donc des Français n'écriraient-ils pas en anglais, après tout&#160;? Quand c'est fait comme chez le Married Monk, le traducteur s'incline. Traducteur à qui sa mémoire souffle que l'artiste serait tout de même anglophone de naissance, un peu, sur les bords. Mais sa mémoire lui joue sans doute des tours. Il s'appelle Christian Quermelet, le chanteur. Pas très anglais, certes... (Pendant qu'il y est, le traducteur informe Grooveshark — il le fait vraiment, par un autre canal que ce blog d'élite — que la version de <i>Roma Amor</i> annoncée comme faisant partie de l'album studio <i>R/O/C/K/Y</i> n'est pas la bonne&#160;: Grooveshark ne propose la chanson qu'enregistrée en concert par Bernard Lenoir pour France Inter. Celle que le lecteur de ces lignes écoute peut-être en ce moment.)</p>
<p>Et puis on a fini pour la semaine. Le traducteur n'a pas envie d'essayer de rendre en français les lyrics d'Antipop Consortium, cela les affadirait de manière criminelle&#160;:</p>
<p class="citation"><i>Shark-infested water<br />
Message in a bottle<br />
No man is an island<br />
Individual visual MC<br />
Me I love life</i></p>
<p>«&#160;Il y aussi le rap français», pense alors le traducteur. Mais il ne faut quand même pas se foutre de la gueule du monde.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Fantaisie porno-mathématique</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Ludmila passait sans cesse, de gauche à droite puis de droite à gauche, en un rythme régulier et sans doute régi par quelque fonction sinusoïdale, sa langue humide sur ses lèvres   comme par hasard   purpurines.


Georg Cantor sentait, au fond de son slip kangourou de marque, croître le volume de son engin ; cette croissance rapide semblait cependant devoir atteindre à un moment une limite physiologique ; il allait falloir con verger. De toute urgence.


Ludmila offrit alors aux yeux sévères de l&apos;éminent mathématicien une vue plongeante   car ces vues sont toujours plongeantes   sur les deux sphères riemanniennes ornant sa poitrine d&apos;albâtre.


Mais il y avait un problème. Cantor se sentait de plus en plus gêné aux entournures : son zob déjà immense ne montrait pourtant aucun signe de stagnation. Il y avait quelque chose d&apos;anormal. La théorie prenait le pas sur la pratique   et ça commençait à faire un peu mal.


Ludmila trépignait et avait déjà ouvert depuis quelques secondes l&apos;entrée de son vagin parabolique, étirant pour cela ses petites lèvres (façon Bernoulli), lorsque le génie teuton fut pris d&apos;un violent malaise.  Sortant bien malgré lui, par la force des Éléments, son gourdin de taille infinie de son caleçon à fleurs fractales, il n&apos;eut que le temps d&apos;assommer sa cons ur qui, choquée, lâcha d&apos;un coup ses petites lèvres, transformant ainsi son sexe en paire de cordes vibrantes, façon D&apos;Alembert.


Cantor ne put jamais con verger.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/fantaisie-porno-mathematique"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/fantaisie-porno-mathematique</id>
		<issued>2013-05-03T01:09:40Z</issued>
		<modified>2013-05-03T01:46:50Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Ludmila passait sans cesse, de gauche à droite puis de droite à gauche, en un rythme régulier et sans doute régi par quelque fonction sinusoïdale, sa langue humide sur ses lèvres — comme par hasard — purpurines.</p>
<p>Georg Cantor sentait, au fond de son slip kangourou de marque, croître le volume de son engin&#160;; cette croissance rapide semblait cependant devoir atteindre à un moment une limite physiologique&#160;; il allait falloir con verger. De toute urgence.</p>
<p>Ludmila offrit alors aux yeux sévères de l’éminent mathématicien une vue plongeante — car ces vues sont toujours plongeantes — sur les deux sphères riemanniennes ornant sa poitrine d’albâtre.</p>
<p>Mais il y avait un problème. Cantor se sentait de plus en plus gêné aux entournures&#160;: son zob déjà immense ne montrait pourtant aucun signe de stagnation. Il y avait quelque chose d’anormal. La théorie prenait le pas sur la pratique — et ça commençait à faire un peu mal.</p>
<p>Ludmila trépignait et avait déjà ouvert depuis quelques secondes l’entrée de son vagin parabolique, étirant pour cela ses petites lèvres (façon Bernoulli), lorsque le génie teuton fut pris d’un violent malaise.  Sortant bien malgré lui, par la force des <i>Éléments</i>, son gourdin de taille infinie de son caleçon à fleurs fractales, il n’eut que le temps d’assommer sa consœur qui, choquée, lâcha d’un coup ses petites lèvres, transformant ainsi son sexe en paire de cordes vibrantes, façon D’Alembert.</p>
<p>Cantor ne put jamais con verger.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Danzig, Dälek, New Order et les Ramones</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Avant de vous entretenir, dans un prochain pensum, de la langue du IIIe Reich (telle que théorisée, observée, analysée, sous le sigle « LTI » par Klemperer), ce message à caractère informatif :


J&apos;ai, vous le constatez, intégré une radio sur ce site. Enfin, une radio. Une liste de douze morceaux, plutôt ; motorisée par Grooveshark. Je la mettrai à jour toutes les semaines, vous en serez informés. Quelques découvertes peut-être, des confirmations, des déclarations de guerre ; aucune concession en tout cas au moindre morceau qui ne trouve déjà sa place partout à la radio, à la télévision, sur le web.


De la musique pop qui traverse en dehors des clous, le plus souvent, je crois. Ne vous laissez pas abuser par le jeu débile, très art brut, de Palmolive (Paloma Romero, Espagnole farouche, sans doute, mais peu douée de ses mains, ayant métronomé également avec les Slits), la batteuse des Raincoats : attendez le refrain, sublime. Ô miracle ! il revient plusieurs fois. C&apos;est que c&apos;est un refrain.


À la version geignarde et rabâchée de Gary Jules, préférez la rendition originale du Mad World de Tears for Fears, quelques années avant que, la tête gonflée par la gloire, le duo produise ses hymnes Shout ou Sowing the Seeds of Love.


 And I find it kind of funny

I find it kind of sad

The dreams in which I&apos;m dying

Are the best I ever had




« Les rêves dans lesquels je meurs sont les plus beaux que j&apos;ai jamais faits... » Si ce vers splendide pouvait faire taire tous les Soral (Soraux ?) incultes du monde... Ceux qui n&apos;hésitent jamais à abuser du cliché « Les textes des chansons anglaises sont pathétiques, regarde les Beatles, c&apos;est consternant : Love, love me do, you know I love you. » Oui, ça l&apos;est, mais il n&apos;y a pas que les Beatles, imbécile.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/danzig-dalek-new-order-et-les-ramones"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/danzig-dalek-new-order-et-les-ramones</id>
		<issued>2013-04-24T02:28:45Z</issued>
		<modified>2013-04-24T03:18:58Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Avant de vous entretenir, dans un prochain pensum, de la langue du III<sup>e</sup> Reich (telle que théorisée, observée, analysée, sous le sigle «&#160;LTI&#160;» par Klemperer), ce message à caractère informatif&#160;:</p>
<p>J'ai, vous le constatez, intégré une radio sur ce site. Enfin, une radio. Une liste de douze morceaux, plutôt&#160;; motorisée par Grooveshark. Je la mettrai à jour toutes les semaines, vous en serez informés. Quelques découvertes peut-être, des confirmations, des déclarations de guerre&#160;; aucune concession en tout cas au moindre morceau qui ne trouve déjà sa place partout à la radio, à la télévision, sur le web.</p>
<p>De la musique pop qui traverse en dehors des clous, le plus souvent, je crois. Ne vous laissez pas abuser par le jeu débile, très art brut, de Palmolive (Paloma Romero, Espagnole <i>farouche</i>, sans doute, mais peu douée de ses mains, ayant métronomé également avec les Slits), la batteuse des Raincoats&#160;: attendez le refrain, sublime. Ô miracle&#160;! il revient plusieurs fois. C'est que c'est un refrain.</p>
<p>À la version geignarde et rabâchée de Gary Jules, préférez la <i>rendition</i> originale du <i>Mad World</i> de Tears for Fears, quelques années avant que, la tête gonflée par la gloire, le duo produise ses hymnes <i>Shout</i> ou <i>Sowing the Seeds of Love</i>.</p>
<p class="citation"><i> And I find it kind of funny<br />
I find it kind of sad<br />
The dreams in which I'm dying<br />
Are the best I ever had<br />
</i></p>
<p>«&#160;Les rêves dans lesquels je meurs sont les plus beaux que j'ai jamais faits...&#160;» Si ce vers splendide pouvait faire taire <a href="http://www.youtube.com/watch?v=6FmrqXkwgJw">tous les Soral (Soraux&#160;?) incultes</a> du monde... Ceux qui n'hésitent jamais à abuser du cliché «&#160;Les textes des chansons anglaises sont pathétiques, regarde les Beatles, c'est consternant&#160;: <i>Love, love me do, you know I love you</i>.&#160;» Oui, ça l'est, mais il n'y a pas que les Beatles, imbécile.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Intelligence is overrated</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Tandis que l&apos;instinct est moulé sur la forme même de la vie, l&apos;intelligence est, au contraire, caractérisée par une incompréhension naturelle de celle-ci.


L&apos;intelligence, telle qu&apos;elle sort des mains de la nature, a pour objet principal le solide inorganisé. Elle ne se représente clairement que le discontinu et l&apos;immobilité. Elle n&apos;est à son aise que dans le mort. Elle se comporte invariablement comme si elle était fascinée par la contemplation de la matière inerte. De là son étonnement quand elle se tourne vers le vivant et se trouve en face de l&apos;organisation.


Justement, parce qu&apos;elle cherche toujours à reconstituer et à reconstituer avec du donné, l&apos;intelligence laisse échapper ce qu&apos;il y a de nouveau à chaque moment d&apos;une histoire. Elle n&apos;admet pas l&apos;imprévisible. Elle rejette toute création. Ainsi concentrée sur ce qui se répète, uniquement préoccupée de souder le même au même, l&apos;intelligence se détourne de la vision du temps. Elle répugne le fluent et solidifie tout ce qu&apos;elle a touché. Nous ne pensons pas le temps réel, mais nous le vivons.


Bergson, cité par Minkowski dans La Schizophrénie, Petite Bibliothèque Payot, p. 111-112.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/intelligence-is-overrated"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/intelligence-is-overrated</id>
		<issued>2013-04-12T19:45:36Z</issued>
		<modified>2013-04-12T19:46:57Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">T<i>andis que l'instinct est moulé sur la forme même de la vie, l'intelligence est, au contraire, caractérisée par une incompréhension naturelle de celle-ci.</i></p>
<p><i>L'intelligence, telle qu'elle sort des mains de la nature, a pour objet principal le solide inorganisé. Elle ne se représente clairement que le discontinu et l'immobilité. Elle n'est à son aise que dans le mort. Elle se comporte invariablement comme si elle était fascinée par la contemplation de la matière inerte. De là son étonnement quand elle se tourne vers le vivant et se trouve en face de l'organisation.</i></p>
<p><i>Justement, parce qu'elle cherche toujours à reconstituer et à reconstituer avec du donné, l'intelligence laisse échapper ce qu'il y a de nouveau à chaque moment d'une histoire. Elle n'admet pas l'imprévisible. Elle rejette toute création. Ainsi concentrée sur ce qui se répète, uniquement préoccupée de souder le même au même, l'intelligence se détourne de la vision du temps. Elle répugne le fluent et solidifie tout ce qu'elle a touché. Nous ne pensons pas le temps réel, mais nous le vivons.</i></p>
<p>Bergson, cité par Minkowski dans <i>La Schizophrénie</i>, Petite Bibliothèque Payot, p. 111-112.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>On vous avait prévenu : la gauche fait le jeu du Front national</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Julie est un peu comme ça. Heureusement, je la soigne. Avant de venir à Grigny, elle habitait rue Montorgueil. Autant dire le choc des civilisations...


  Oui, je vois bien. Mon ex adore le marché des Enfants rouges et est elle-même proprio d&apos;un appart&apos; rue Montorgueil, ça peut se comprendre. Moi je déteste, mais j&apos;ai apprécié. Enfin, j&apos;eus apprécié... en gros quand j&apos;avais du fric, quoi.


  En fait, les bobos, au sens de ces gens qui ne se rendent pas compte qu&apos;ils appartiennent à une classe sociale dominante, me hérissent. Au moins Pinault, Dassault, le Medef, ils ont le mérite de ne pas avoir d&apos;états d&apos;âme.


  On est bien d&apos;accord.


  J&apos;ai toujours préféré les salauds de droite aux cons de gauche.


  Pareil.


  Je les déteste, mais j&apos;ai pas envie de leur faire bouffer leurs couilles.


  N&apos;empêche, y a quand même un peu trop d&apos;Arabes en France. Les Chinois, je dis pas. C&apos;est travailleur, le Viet&apos;, ça lave son linge sale en famille.


  Oui, et ça cherche pas à s&apos;intégrer. D&apos;ailleurs, leurs morts, ils les ramènent au pays. Discrètement. Ils viennent pas polluer nos cimetières avec leurs macchabées pleins de glutamate.


  Le Jaune est intrinsèquement raciste.


  Le Jaune est fourbe, mais moins paresseux que le Noir.


  Tout à fait !


  Feignants, les Noirs. Sauf ceux qui font la plonge chez les Jaunes. Mais c&apos;est des Noirs asiatiques, c&apos;est pour ça.


  Et puis, je veux dire, c&apos;est pas un Noir qui a inventé le boulier, merde.


  Non, le Noir il invente l&apos;arbre à palabres.


  Correction : le Noir n&apos;invente que dalle. Il n&apos;est même pas entré dans l&apos;histoire, ce con.


  Ça cause, ça cause, et pendant ce temps, le boulot il se fait pas. C&apos;est bien la peine d&apos;avoir une grosse bite et de courir comme un lapin pour balayer les rues de Paris, tiens.


  Tiens Roger, t&apos;es gentil, tu nous remets la même ?

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/on-vous-avait-prevenu-la-gauche-fait-le-jeu-du-front-national"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/on-vous-avait-prevenu-la-gauche-fait-le-jeu-du-front-national</id>
		<issued>2013-04-10T11:03:30Z</issued>
		<modified>2013-04-10T11:19:22Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Julie est un peu comme ça. Heureusement, je la soigne. Avant de venir à Grigny, elle habitait rue Montorgueil. Autant dire le choc des civilisations...</p>
<p>— Oui, je vois bien. Mon ex adore le marché des Enfants rouges et est elle-même proprio d'un appart' rue Montorgueil, ça peut se comprendre. Moi je déteste, mais j'ai apprécié. Enfin, j'eus apprécié... en gros quand j'avais du fric, quoi.</p>
<p>— En fait, les bobos, au sens de ces gens qui ne se rendent pas compte qu'ils appartiennent à une classe sociale dominante, me hérissent. Au moins Pinault, Dassault, le Medef, ils ont le mérite de ne pas avoir d'états d'âme.</p>
<p>— On est bien d'accord.</p>
<p>— J'ai toujours préféré les salauds de droite aux cons de gauche.</p>
<p>— Pareil.</p>
<p>— Je les déteste, mais j'ai pas envie de leur faire bouffer leurs couilles.</p>
<p>— N'empêche, y a quand même un peu trop d'Arabes en France. Les Chinois, je dis pas. C'est travailleur, le Viet', ça lave son linge sale en famille.</p>
<p><img width="300" vspace="5" hspace="5" height="399" border="1" align="left" alt="" src="http://60millions.viabloga.com/images/coupsdesoleil.jpg" />— Oui, et ça cherche pas à s'intégrer. D'ailleurs, leurs morts, ils les ramènent au pays. Discrètement. Ils viennent pas polluer nos cimetières avec leurs macchabées pleins de glutamate.</p>
<p>— Le Jaune est intrinsèquement raciste.</p>
<p>— Le Jaune est fourbe, mais moins paresseux que le Noir.</p>
<p>— Tout à fait&#160;!</p>
<p>— Feignants, les Noirs. Sauf ceux qui font la plonge chez les Jaunes. Mais c'est des Noirs asiatiques, c'est pour ça.</p>
<p>— Et puis, je veux dire, c'est pas un Noir qui a inventé le boulier, merde.</p>
<p>— Non, le Noir il invente l'arbre à palabres.</p>
<p>— Correction&#160;: le Noir n'invente que dalle. Il n'est même pas entré dans l'histoire, ce con.</p>
<p>— Ça cause, ça cause, et pendant ce temps, le boulot il se fait pas. C'est bien la peine d'avoir une grosse bite et de courir comme un lapin pour balayer les rues de Paris, tiens.</p>
<p>— Tiens Roger, t'es gentil, tu nous remets la même&#160;?</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Pierre Bergé est-il un con ?</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Poser la question, c&apos;est y répondre. Il y a des années de cela, sur un blog féministe à huit mains, une copine conseillait aux filles de se méfier des stylistes pédés qui n&apos;aiment pas les femmes et font, étrangement, profession de les habiller, de les corseter, au sens propre (ici, j&apos;extrapole).


Pierre Bergé, il y a quelques jours, a fait l&apos;étalage de sa haine des femmes en expliquant, sans tousser,


[qu&apos;il n&apos;y avait aucune différence entre] louer son ventre pour faire un enfant [et] louer ses bras pour travailler à l&apos;usine.


Là encore, la question suffit à révéler l&apos;étendue de son mépris et de sa confusion mentale. Louer son ventre... C&apos;est toujours pareil avec les grands bourgeois : ils parlent avec aisance du ventre des autres, du salaire des autres. Que pourrait-on faire avec le ventre de Pierre Bergé, pour le rendre enfin rentable ? Une saisie d&apos;organes ante-mortem, comme dans Le Sens de la vie des Monty Python ? Non, trop vieux, sans doute, trop usagé, trop plein de remugles de grands crus et des déchets pourrissants des ortolans que Mitterrand lui faisait engloutir sous la serviette. Inutile, le ventre de Pierre Bergé.


Et d&apos;abord, qu&apos;est-ce que c&apos;est que cette sacralisation du « désir d&apos;enfant » qui permet toutes les dérives narcissiques ? Les femmes stériles, les pédés et les gouines ne sont-ils donc pas capables d&apos;accepter qu&apos;ils ne peuvent pas avoir d&apos;enfant (dans l&apos;état actuel de la science, tout du moins...) ?


On accepte bien, parfois avec une certaine aigreur, mais c&apos;est la vie, de ne pas pouvoir devenir tennisman professionnel, ni prix Nobel de littérature, ni spéléologue, ni artiste ! Quand on n&apos;a pas de talent, pas de possibilité, on apprend à l&apos;accepter. Le désir d&apos;enfant   alors que la planète est déjà bourrée à craquer de pauvres bambins dont les trois quarts sont sans doute affamés et voués à vivre une vie misérable   ce serait donc devenu un droit ? Un droit sacré ? Un droit qui permet à tous les apprentis sorciers et à tous les pédés misogynes et revanchards de la planète d&apos;applaudir à la création d&apos;un nouveau type de labeur sous-payé, aux conséquences psychologiques sans doute dévastatrices et touchant comme par hasard encore une fois les femmes et uniquement les femmes : la location de ventre ?


Il n&apos;y a jamais eu besoin de lois ni de sordides tractations commerciales pour que deux hommes homosexuels s&apos;arrangent avec une amie afin qu&apos;elle accepte le sperme de l&apos;un d&apos;eux pour leur donner un enfant, ou que deux femmes se fassent féconder par un étalon (cf. Gazon maudit, l&apos;excellent film de Josiane Balasko traitant du virage de cuti). Si vous n&apos;avez pas cette amie aimante, ou ce queutard altruiste, si vous n&apos;avez pas la possibilité d&apos;avoir un enfant, il vous reste l&apos;adoption. Et si par malheur (relatif) vous n&apos;êtes pas « éligible » à l&apos;adoption, acceptez-le, ou faites ce qu&apos;il faut pour le devenir ! Et tant pis si ce n&apos;est pas possible !


Je n&apos;aurai sans doute jamais d&apos;enfant parce que mes choix de vie et mon instabilité affective me l&apos;interdisent plus ou moins, et je ne m&apos;en plains pas. C&apos;est comme ça. Oh, certes, ce serait mignon d&apos;élever un bébé, je suis certain que j&apos;adorerais ça, vu que j&apos;adore les bébés, que j&apos;ai particulièrement apprécié de torcher les fesses de ma petite s ur et de mon petit frère quand j&apos;étais adolescent et que j&apos;adorerais transmettre quelque chose, éduquer un enfant, mais voilà : ce n&apos;est pas pour moi. Et je remplis ma vie autrement. Et je lutte contre mon narcissisme. Ce narcissisme devenu pivot central de notre société, comme l&apos;a expliqué brillamment Christopher Lasch il y a trente-quatre ans (La Culture du narcissisme). Lisez Christopher Lasch, résiliez vos abonnements à Têtu ou aux Inrockuptibles, faites-vous pousser un putain de cerveau.


Pierre Bergé, qui est sans doute l&apos;exemple actuel le plus saisissant de ce que la gauche caviar amorale et moralisatrice   ce n&apos;est pas contradictoire   a produit de pire, déteste viscéralement les femmes, le sexe des femmes, au point de comparer leurs ventres, tous ces ventres individuels, à des chaînes de production automobile.


Cette « gauche »-là, libérale, soumise au marché, stupéfiante de bêtise et aussi courageuse qu&apos;une palourde, ne nous propose, outre des privatisations et des génuflexions perpétuelles devant les voyous de la finance, que quelques lois sociétales que personne ne lui a jamais demandées. Il n&apos;y a que des Pierre Bergé, blindés de fric et complètement sourds à la colère montante des peuples, pour s&apos;en satisfaire, et pour s&apos;en satisfaire avec, en prime, un rictus de mépris parfaitement dégoûtant.


Je passerai sur la jubilation que ce vieillard sénile exprimait à l&apos;avance au cas où une bombe aurait explosé au milieu de la manifestation des grenouilles de bénitier. Par cette expression de bouffeur de curés, je me positionne assez clairement pour n&apos;avoir aucun compte à rendre à mes amis zélateurs du mariage pour tous, dont personnellement, en tant que fils de lesbienne (désolé de t&apos;instrumentaliser, Maman), je me contrefous. Et je ne souhaite la mort de personne, certainement pas de manifestants, même lorsque je suis en désaccord presque total avec leurs mots d&apos;ordre.


Pierre Bergé, s&apos;il n&apos;est pas un con, est un vieillard richissime et dangereux. Ce qui va souvent de pair, mais ce n&apos;est pas le sujet.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/pierre-berge-est-il-un-con"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/pierre-berge-est-il-un-con</id>
		<issued>2013-03-27T23:14:55Z</issued>
		<modified>2013-03-27T23:35:10Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Poser la question, c'est y répondre. Il y a des années de cela, sur un blog féministe à huit mains, une copine conseillait aux filles de <a href="http://laterre-estplate.blogspot.fr/2007/07/les-rondes-de-elle.html">se méfier des stylistes pédés qui n'aiment pas les femmes</a> et font, étrangement, profession de les habiller, de les corseter, au sens propre (ici, j'extrapole).</p>
<p>Pierre <img width="200" vspace="5" hspace="5" height="203" border="1" align="left" alt="Pierre Bergé" src="http://60millions.viabloga.com/images/pierre_berge.jpg" />Bergé, il y a quelques jours, a fait l'étalage de sa haine des femmes en expliquant, sans tousser,</p>
<p class="citation">[qu'il n'y avait aucune différence entre] louer son ventre pour faire un enfant [et] louer ses bras pour travailler à l'usine.</p>
<p>Là encore, la question suffit à révéler l'étendue de son mépris et de sa confusion mentale. Louer son ventre... C'est toujours pareil avec les grands bourgeois : ils parlent avec aisance du ventre des autres, du salaire des autres. Que pourrait-on faire avec le ventre de Pierre Bergé, pour le rendre enfin rentable ? Une saisie d'organes <i>ante-mortem</i>, comme dans <i>Le Sens de la vie</i> des Monty Python ? Non, trop vieux, sans doute, trop usagé, trop plein de remugles de grands crus et des déchets pourrissants des ortolans que Mitterrand lui faisait engloutir sous la serviette. Inutile, le ventre de Pierre Bergé.</p>
<p>Et d'abord, qu'est-ce que c'est que cette sacralisation du «&#160;désir d'enfant&#160;» qui permet toutes les dérives narcissiques&#160;? Les femmes stériles, les pédés et les gouines ne sont-ils donc pas capables d'accepter qu'ils ne peuvent pas avoir d'enfant (dans l'état actuel de la science, tout du moins...) ?</p>
<p>On accepte bien, parfois avec une certaine aigreur, mais <i>c'est la vie</i>, de ne pas pouvoir devenir tennisman professionnel, ni prix Nobel de littérature, ni spéléologue, ni artiste&#160;! Quand on n'a pas de talent, pas de <i>possibilité</i>, on apprend à l'accepter. Le désir d'enfant — alors que la planète est déjà bourrée à craquer de pauvres bambins dont les trois quarts sont sans doute affamés et voués à vivre une vie misérable — ce serait donc devenu un <i>droit</i> ? Un droit sacré&#160;? Un droit qui permet à tous les apprentis sorciers et à tous les pédés misogynes et revanchards de la planète d'applaudir à la création d'un nouveau type de labeur sous-payé, aux conséquences psychologiques sans doute dévastatrices et touchant comme par hasard encore une fois les femmes et uniquement les femmes&#160;: la location de ventre&#160;?</p>
<p>Il n'y a jamais eu besoin de lois ni de sordides tractations commerciales pour que deux hommes homosexuels s'arrangent avec une amie afin qu'elle accepte le sperme de l'un <img width="250" vspace="5" hspace="5" height="167" border="1" align="right" src="http://60millions.viabloga.com/images/balasko_chabat.jpg" alt="Balasko et Chabat dans &quot;Gazon maudit&quot;" />d'eux pour leur donner un enfant, ou que deux femmes se fassent féconder par un étalon (<i>cf.</i> <i>Gazon maudit</i>, l'excellent film de Josiane Balasko traitant du virage de cuti). Si vous n'avez pas cette amie aimante, ou ce queutard altruiste, si vous n'avez pas la <i>possibilité</i> d'avoir un enfant, il vous reste l'adoption. Et si par malheur (relatif) vous n'êtes pas «&#160;éligible&#160;» à l'adoption, acceptez-le, ou faites ce qu'il faut pour le devenir&#160;! Et tant pis si ce n'est pas possible&#160;!</p>
<p>Je n'aurai sans doute jamais d'enfant parce que mes choix de vie et mon instabilité affective me l'interdisent plus ou moins, et je ne m'en plains pas. <img width="180" vspace="5" hspace="5" height="302" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/lasch_narcissisme.jpg" alt="Christopher Lasch, La Culture du narcissisme" />C'est comme ça. Oh, certes, ce serait mignon d'élever un bébé, je suis certain que j'adorerais ça, vu que j'adore les bébés, que j'ai particulièrement apprécié de torcher les fesses de ma petite sœur et de mon petit frère quand j'étais adolescent et que j'adorerais transmettre quelque chose, éduquer un enfant, mais voilà&#160;: ce n'est pas pour moi. Et je remplis ma vie autrement. Et je lutte contre mon narcissisme. Ce narcissisme devenu pivot central de notre société, comme l'a expliqué brillamment Christopher Lasch il y a trente-quatre ans (<a href="http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/lasch-christopher/la-culture-du-narcissisme,16552519.aspx"><i>La Culture du narcissisme</i></a>). Lisez Christopher Lasch, résiliez vos abonnements à <i>Têtu</i> ou aux <i>Inrockuptibles</i>, faites-vous pousser un putain de cerveau.</p>
<p>Pierre Bergé, qui est sans doute l'exemple actuel le plus saisissant de ce que la gauche caviar amorale et moralisatrice — ce n'est pas contradictoire — a produit de pire, déteste viscéralement les femmes, le <i>sexe</i> des femmes, au point de comparer leurs ventres, tous ces ventres individuels, à des chaînes de production automobile.</p>
<p>Cette «&#160;gauche&#160;»-là, libérale, soumise au marché, stupéfiante de bêtise et aussi courageuse qu'une palourde, ne nous propose, outre des privatisations et des génuflexions perpétuelles devant les voyous de la finance, que quelques lois sociétales que personne ne lui a jamais demandées. Il n'y a que des Pierre Bergé, blindés de fric et complètement sourds à la colère montante des peuples, pour s'en satisfaire, et pour s'en satisfaire avec, en prime, un rictus de mépris parfaitement dégoûtant.</p>
<p><img width="451" vspace="5" hspace="5" height="77" border="1" align="middle" alt="" src="http://60millions.viabloga.com/images/tweetbombeberge.jpg" />Je passerai sur la jubilation que ce vieillard sénile exprimait à l'avance au cas où une bombe aurait explosé au milieu de la manifestation des grenouilles de bénitier. Par cette expression de bouffeur de curés, je me positionne assez clairement pour n'avoir aucun compte à rendre à mes amis zélateurs du mariage pour tous, dont personnellement, en tant que fils de lesbienne (désolé de t'instrumentaliser, Maman), je me contrefous. Et je ne souhaite la mort de personne, certainement pas de manifestants, même lorsque je suis en désaccord presque total avec leurs mots d'ordre.</p>
<p>Pierre Bergé, s'il n'est pas un con, est un vieillard richissime et dangereux. Ce qui va souvent de pair, mais ce n'est pas le sujet.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Pendant la guerre, de Corse</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Bastia le 2-2-40


Cher ami


Je vien un peut tardivement te faire part de mes nouvelles qui sont assez bonne pour le moment je suis rester trois jours a marseille en revenent de permissions et je suis aller voir Julien et j&apos;ai manger avec eux la semaine dérniere j&apos;ai passer le conseil de reforme et j&apos;ai été maintenu service auxillaire j&apos;espere que la présente vous trouverat tous en bonne santée dans l&apos;attente de tes nouvelles reçoit cher ami une cordiale poigner de main.


Paul Grenier François infirmier Hopital militaire. Bastia Corse


(Carte postale dessinée, représentant le port et la ville de Bonifacio, achetée aux Puces de Saint-Ouen ce matin, plus de soixante-treize ans après.)

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/pendant-la-guerre-de-corse"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/pendant-la-guerre-de-corse</id>
		<issued>2013-03-23T20:29:42Z</issued>
		<modified>2013-03-23T20:29:42Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p><i>Bastia le 2-2-40</i></p>
<p><i>Cher ami</i></p>
<p><i>Je vien un peut tardivement te faire part de mes nouvelles qui sont assez bonne pour le moment je suis rester trois jours a marseille en revenent de permissions et je suis aller voir Julien et j'ai manger avec eux la semaine dérniere j'ai passer le conseil de reforme et j'ai été maintenu service auxillaire j'espere que la présente vous trouverat tous en bonne santée dans l'attente de tes nouvelles reçoit cher ami une cordiale poigner de main.</i></p>
<p><i>Paul Grenier François infirmier Hopital militaire. Bastia Corse</i></p>
<p>(Carte postale dessinée, représentant le port et la ville de Bonifacio, achetée aux Puces de Saint-Ouen ce matin, plus de soixante-treize ans après.)</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>J&apos;aurais voulu être un taxi</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Les taxis sont des gens formidables. Pas tous, bien sûr ; mais il est temps que quelqu&apos;un corrige la mauvaise réputation de la corporation dans son entier.


Or j&apos;aime prendre les taxis. Sur les Grands Boulevards par exemple, dans ce sens contre nature qui de toute éternité était rigoureusement interdit, vers le Levant. L&apos;ouverture des boulevards de Richelieu-Drouot à République dans les deux sens rend caduque l&apos;obligation pénible d&apos;emprunter les insupportables rues Lafayette et Réaumur.


Ce soir-là, on venait d&apos;élire un pape à Rome. Les journalistes de la radio nationale disaient des choses comme ça : « On ne sait toujours pas si c&apos;est Francesco ou François. Mais mon contact au Vatican me dit que selon lui c&apos;est bien François qu&apos;il faut l&apos;appeler. » Stupidité éternelle du journaliste, qui ne sait toujours pas que les prénoms se traduisent. Une demi-heure là-dessus ! Avec nos impôts ! Le chauffeur de mon taxi est du genre bougon, mais il a des lettres :


  Putain, les journalistes, c&apos;est pas des aigles ! Le type bosse au Vatican et n&apos;a même pas de notion élémentaire de latin. Francesco, c&apos;est François, connard. Pas besoin d&apos;épiloguer.


Je ne peux qu&apos;acquiescer et me réjouir. Je me réjouis toujours dans ces cas-là. Et je déplore que le monde soit si mal fait. Les abrutis au microphone et les gens un peu malins derrière un volant huit à douze heures par jour ; pour trimbaler les abrutis. Et moi, et moi, et moi...


Ce matin, le chauffeur était d&apos;un abord plus sympathique. Un Haïtien, réfugié politique en Allemagne puis chez nous. L&apos;autre jour, c&apos;était un physicien algérien, qui me racontait ses études en URSS. Autant de parcours fascinants pour qui sait écouter.


Les gens qui, par préjugé, n&apos;aiment pas les taxis, sont des imbéciles. Ce sont des imbéciles au sens où Vian l&apos;entendait. Lui les traitait plutôt de crétins, il écrivait (je cite de mémoire, tous mes livres étant toujours pris en otage   par les aléas de la vie   dans un garage de la banlieue de Madrid) :


« Celui qui ne-comprend-rien-aux-mathématiques est un fieffé crétin, voilà tout ! »


Bien sûr, le contexte est important ; les traits d&apos;union désignent cette catégorie d&apos;ignorants satisfaits qui, non content de ne rien comprendre à quelque chose, en l&apos;occurrence les mathématiques, s&apos;en flattent presque. Comme s&apos;il y avait de quoi se vanter. Je ne comprends rien à la programmation orientée objet et à la mécanique automobile, mais je ne m&apos;en vanterai jamais.


Je suppose que nous sommes tous, à des moments précis, des imbéciles. Par exemple, je n&apos;aime pas l&apos;opéra, comme d&apos;autres n&apos;aiment pas les taxis. Je ne m&apos;en vante pas non plus, en général, mais cela a dû m&apos;arriver. Et c&apos;est idiot. Les gens qui n&apos;aiment pas les taxis n&apos;ont jamais discuté avec un chauffeur, ne s&apos;intéressent pas à leur vie, à la façon dont ils doivent réaliser leur chiffre d&apos;affaires, aux circonstances tellement variées qui font, un jour, d&apos;un homme un chauffeur de taxi. Ce sont des gens qui ne sont pas curieux. Ce sont des imbéciles, peut-être heureux, mais à qui échappe une grande part de l&apos;expérience humaine.


(Photos extraites du merveilleux Night on Earth, de Jim Jarmusch.)

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/j-aurais-voulu-etre-un-taxi"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/j-aurais-voulu-etre-un-taxi</id>
		<issued>2013-03-21T15:26:30Z</issued>
		<modified>2013-03-21T15:28:00Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Les taxis sont des gens formidables. Pas tous, bien sûr&#160;; mais il est temps que quelqu'un corrige la mauvaise réputation de la corporation dans son entier.</p>
<p>Or j'aime <img width="300" vspace="5" hspace="5" height="173" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/winonarydergenarowlands.jpg" alt="" />prendre les taxis. Sur les Grands Boulevards par exemple, dans ce sens contre nature qui de toute éternité était rigoureusement interdit, vers le Levant. L'ouverture des boulevards de Richelieu-Drouot à République dans les deux sens rend caduque l'obligation pénible d'emprunter les insupportables rues Lafayette et Réaumur.</p>
<p>Ce soir-là, on venait d'élire un pape à Rome. Les journalistes de la radio nationale disaient des choses comme ça&#160;: «&#160;On ne sait toujours pas si c'est Francesco ou François. Mais mon contact au Vatican me dit que selon lui c'est bien François qu'il faut l'appeler. » Stupidité éternelle du journaliste, qui ne sait toujours pas que les prénoms se traduisent. Une demi-heure là-dessus&#160;! <i>Avec nos impôts&#160;!</i> Le chauffeur de mon taxi est du genre bougon, mais il a des lettres&#160;:</p>
<p>— Putain, les journalistes, c'est pas des aigles&#160;! Le type bosse au Vatican et n'a même pas de notion élémentaire de latin. Francesco, c'est François, <i>connard</i>. Pas besoin d'épiloguer.</p>
<p>Je ne peux qu'acquiescer et me réjouir. Je me réjouis toujours dans ces cas-là. Et je déplore que le monde soit si mal fait. Les abrutis au microphone et les gens un peu malins derrière un volant huit à douze heures par jour&#160;; pour trimbaler les abrutis. Et moi, et moi, et moi...</p>
<p>Ce matin, le chauffeur était d'un abord plus sympathique. Un Haïtien, réfugié politique en Allemagne puis chez nous. L'autre jour, c'était un physicien algérien, qui me racontait ses études en URSS. Autant de parcours <img width="300" vspace="5" hspace="5" height="169" border="1" align="right" src="http://60millions.viabloga.com/images/isaacdebankolebeatricedalle.jpg" alt="" />fascinants pour qui sait écouter.</p>
<p>Les gens qui, par préjugé, n'aiment pas les taxis, sont des imbéciles. Ce sont des imbéciles au sens où Vian l'entendait. Lui les traitait plutôt de crétins, il écrivait (je cite de mémoire, tous mes livres étant toujours pris en otage — par les aléas de la vie — dans un garage de la banlieue de Madrid) :</p>
<p>«&#160;Celui qui ne-comprend-rien-aux-mathématiques est un fieffé crétin, voilà tout&#160;! »</p>
<p>Bien sûr, le contexte est important&#160;; les traits d'union désignent cette catégorie d'ignorants satisfaits qui, non content de ne rien comprendre à quelque chose, en l'occurrence les mathématiques, s'en flattent presque. Comme s'il y avait de quoi se vanter. Je ne comprends rien à la programmation orientée objet et à la mécanique automobile, mais je ne m'en vanterai jamais.</p>
<p>Je suppose <img width="300" vspace="5" hspace="5" height="169" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/robertobenigni.jpg" alt="" />que nous sommes tous, à des moments précis, des imbéciles. Par exemple, je n'aime pas l'opéra, comme d'autres n'aiment pas les taxis. Je ne m'en vante pas non plus, en général, mais cela a dû m'arriver. Et c'est idiot. Les gens qui n'aiment pas les taxis n'ont jamais discuté avec un chauffeur, ne s'intéressent pas à leur vie, à la façon dont ils doivent réaliser leur chiffre d'affaires, aux circonstances tellement variées qui font, un jour, d'un homme un chauffeur de taxi. Ce sont des gens qui ne sont pas curieux. Ce sont des imbéciles, peut-être heureux, mais à qui échappe une grande part de l'expérience humaine.</p>
<p>(Photos extraites du merveilleux <i>Night on Earth</i>, de Jim Jarmusch.)</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Flight of the Conchords, rois de l&apos;humour référencé</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">En deux épisodes, Flight of the Conchords m&apos;a emballé pour de bon. Pas que je fusse très hésitant : les cinq premiers excellaient déjà dans ce mélange pointu de comédie parodique et de dépression masquée qu&apos;incarnaient pathétiquement Bret (« Brit », avec l&apos;accent néo-zélandais, qui est important) et Jemaine, sans oublier leur incroyable « manager » Murray dont le coup d&apos;éclat, jusqu&apos;ici, aura consisté à vendre un morceau du duo à un éditeur de cartes de v ux musicales ! (Sans qu&apos;ils se choisissent un autre manager, bien que le type gère son agenda avec un Commodore 64. Là est le génie de la série : ce sont des faibles, des trop gentils, dont tout le talent et tout l&apos;appétit de vivre sont concentrés dans les chansons. Leur vie quotidienne est un désastre.)


Mais le sixième épisode invoque le fantôme de Bowie à trois reprises (dans l&apos;ordre : Ziggy Stardust, le Major Tom de Ashes to Ashes et le personnage que joue le chanteur dans l&apos;obscur film Labyrinthe, réalisé par le créateur du Muppet Show) et rien que pour ça il vaut déjà le détour. Mine de rien, ces deux jeunes insolents se moquent ici d&apos;un géant, probablement l&apos;un des dieux   si ce n&apos;est le Zeus   de leur adolescence. Évidemment, je me suis demandé si pour quelqu&apos;un qui n&apos;aurait aucune connaissance de ces disques (ça existe, bien sûr ; tout existe), le finale de l&apos;épisode, condensé ahurissant   et délicatement satirique   de tout l&apos;univers spatial de Bowie, possédait un quelconque intérêt. Je pense que non. Ce n&apos;est toutefois pas mon problème, car je connais ces disques, pas par c ur, mais assez pour être à la fois ému et plié en quatre à la vision du détournement par Flight of the Conchords, ce duo d&apos;érudits pop, de l&apos; uvre hallucinée   le Major Tom était en effet un drogué   d&apos;un de leurs maîtres.


Quant au septième épisode de cette première saison de la série, il est une variation point très originale mais parfaitement menée (avec même un twist final digne de, allez, Hitchcock, soyons fou), et désopilante, comme dirait ma grand-mère, sur le thème du racisme, qui me fait toujours autant rigoler.


Ce qui me permet de faire le lien avec Ricky Gervais, peu avare sur ce plan-là (quelques scènes d&apos;Extras, son excellente série sur les acteurs en galère, mettent les pieds dans le plat avec le génie qu&apos;on lui connaît depuis The Office). Murray, en effet, le manager foireux du duo néo-zélandais (incarné par Rhys Darby), est le cousin germain de l&apos;ineffable, oui, l&apos;ineffable, comme dirait mon grand-père, David Brent.




</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/flight-of-the-conchords-rois-de-l-humour-reference"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/flight-of-the-conchords-rois-de-l-humour-reference</id>
		<issued>2013-03-07T05:42:55Z</issued>
		<modified>2013-03-07T06:08:04Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">En deux épisodes, <i>Flight of the Conchords</i> m'a emballé pour de bon. Pas que je fusse très hésitant&#160;: les cinq premiers excellaient déjà dans ce mélange pointu de comédie parodique et de dépression masquée qu'incarnaient pathétiquement Bret («&#160;Brit&#160;», avec l'accent néo-zélandais, <img width="250" vspace="5" hspace="5" height="156" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/commodore64.jpg" alt="" />qui est important) et Jemaine, sans oublier leur incroyable «&#160;manager&#160;» Murray dont le coup d'éclat, jusqu'ici, aura consisté à vendre un morceau du duo à un éditeur de cartes de vœux musicales&#160;! (Sans qu'ils se choisissent un <i>autre</i> manager, bien que le type gère son agenda avec un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commodore_64">Commodore 64</a>. Là est le génie de la série&#160;: ce sont des faibles, des trop gentils, dont tout le talent et tout l'appétit de vivre sont concentrés dans les chansons. Leur vie quotidienne est un désastre.)</p>
<p>Mais le sixième épisode invoque le fantôme de Bowie à trois reprises (dans l'ordre&#160;: Ziggy Stardust, le Major Tom de <i>Ashes to Ashes</i> et le personnage que joue le chanteur dans l'obscur film <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Labyrinth"><i>Labyrinthe</i></a>, réalisé par le créateur du <i>Muppet Show</i>) et rien que pour ça il vaut déjà le détour. Mine de rien, ces deux jeunes insolents se moquent ici d'un géant, probablement l'un des dieux — si ce n'est le Zeus — de leur adolescence. Évidemment, je me suis demandé si pour quelqu'un qui n'aurait aucune connaissance de ces disques (ça existe, bien sûr&#160;; tout existe), le <i>finale</i> de l'épisode, condensé ahurissant — et délicatement satirique — de tout l'univers spatial de Bowie, possédait un quelconque intérêt. Je pense que non. Ce n'est toutefois pas mon problème, car je connais ces disques, pas par cœur, mais assez pour être à la fois ému et plié en quatre à la vision du détournement par Flight of the Conchords, ce duo d'érudits pop, de l'œuvre hallucinée — le Major Tom était <i>en effet</i> un drogué — d'un de leurs maîtres.</p>
<p>Quant au septième épisode de cette première saison de la série, il est une variation point très originale mais parfaitement menée (avec même un <i>twist</i> final digne de, allez, Hitchcock, soyons fou), et désopilante, comme dirait ma grand-mère, sur le thème du racisme, qui me fait toujours autant rigoler.</p>
<p>Ce qui me permet de faire le lien avec Ricky Gervais, peu avare sur ce plan-là (quelques scènes d'<i>Extras</i>, son excellente série sur les acteurs en galère, mettent les pieds dans le plat avec le génie qu'on lui connaît depuis <i>The Office</i>). Murray, en effet, le manager foireux du duo néo-zélandais (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhys_Darby">incarné par Rhys Darby</a>), est le cousin germain de l'ineffable, oui, <i>l'ineffable</i>, comme dirait mon grand-père, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=FiG8E-iflsI">David Brent.</a></p>
<p><iframe width="400" height="225" frameborder="0" src="http://www.youtube.com/embed/6hKdcW8fWyw?rel=0" allowfullscreen=""></iframe></p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Plus peur des chiens</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Je roulais lentement dans cette rue piétonne, en pleine nuit, et comme il pleuvait, j&apos;avais noué ma capuche. Pas terrible pour la vision périphérique, d&apos;ailleurs. Devant moi, un type promène son chien, un labrador ou truc du genre. Le chien s&apos;arrête à mon approche, se retourne vers moi et m&apos;observe, immobile. Du coup, je ralentis et je passe au large, tranquillement, en demandant à son maître : « Il a peur ? »


Il me répond : « Ça doit être la capuche. » En effet, je ressemble presque à un criminel, je suppose. Du genre furtif : la caillera en noir sur son vélo de course (plus efficace qu&apos;un VTT à pneus larges pour fuir vite la scène de crime).


Je continue ma route vers la porte de Montreuil sous la saleté de pluie glaciale qui commence à faire un peu désordre à trois semaines du printemps. Et je me rends compte d&apos;une chose frappante : j&apos;ai pensé au chien avant moi. J&apos;ai compris à son attitude que c&apos;était lui qui avait peur, et j&apos;ai tout fait pour le rassurer.


Il y a à peine quelques mois, c&apos;est moi qui me serais méfié. Et qui aurais probablement énervé le chien par mon comportement apeuré. Puisque la peur est hautement contagieuse, on sait ça très bien (dis-je sans fournir de référence solide).


Mine de rien, ce petit épisode m&apos;a empli d&apos;une grande satisfaction. J&apos;étais content pour le chien et pour moi. Moins de peur, davantage de communication. Problème désamorcé, comme ils disent. Tout va bien.



</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/plus-peur-des-chiens"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/plus-peur-des-chiens</id>
		<issued>2013-02-27T00:42:16Z</issued>
		<modified>2013-02-27T00:42:42Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Je roulais lentement dans cette rue piétonne, en pleine nuit, et comme il pleuvait, j'avais noué ma capuche. Pas terrible pour la vision périphérique, d'ailleurs. Devant moi, un type promène son chien, un labrador ou truc du genre. Le chien s'arrête à mon approche, se retourne vers moi et m'observe, immobile. Du coup, je ralentis et je passe au large, tranquillement, en demandant à son maître&#160;: «&#160;Il a peur&#160;? »</p>
<p>Il me répond&#160;: «&#160;Ça doit être la capuche. » En effet, je ressemble presque à un criminel, je suppose. Du genre furtif&#160;: la caillera en noir sur son vélo de course (plus efficace qu'un VTT à pneus larges pour fuir vite la scène de crime).</p>
<p>Je continue ma route vers la porte de Montreuil sous la saleté de pluie glaciale qui commence à faire un peu désordre à trois semaines du printemps. Et je me rends compte d'une chose frappante&#160;: j'ai pensé au chien avant moi. J'ai compris à son attitude que c'était lui qui avait peur, et j'ai tout fait pour le rassurer.</p>
<p>Il y a à peine quelques mois, c'est moi qui me serais méfié. Et qui aurais probablement énervé le chien par mon comportement apeuré. Puisque la peur est hautement contagieuse, on sait ça très bien (dis-je sans fournir de référence solide).</p>
<p>Mine de rien, ce petit épisode m'a empli d'une grande satisfaction. J'étais content pour le chien et pour moi. Moins de peur, davantage de communication. Problème <i>désamorcé</i>, comme ils disent. Tout va bien.</p>
<br />]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Les pick-up artists, ces déçus du féminisme</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Une tendance à la fois effrayante, affligeante et (évidemment) fascinante émerge : les pick-up artists sont de sortie. La sous-culture PUA (littéralement « artistes de la drague », puisque le ridicule ne tue bien sûr jamais) est sans doute un des rejetons les plus hideux du féminisme (qui s&apos;en serait bien passé). Ils m&apos;intéressent à ce titre. Je ne suis pas le seul : sur le forum du brillant webcomic xkcd   une de mes rares lectures régulières online depuis des années   la discussion fait rage, et ce n&apos;est pas la première fois.


Des hommes, donc, forment d&apos;autres hommes à devenir des queutards, des artistes du levage de gonzesses, d&apos;inexorables robots zobeurs, et pour cela il existe selon eux quelques solutions simples, dérivées vaguement de la PNL ou des bouquins de développement personnel les plus craignos : never take no for an answer (les apprentis violeurs apprécieront l&apos;encouragement), ne faites jamais attention à ce que la victime, pardon, la cible, raconte, n&apos;hésitez pas à lui mentir sur toute la ligne, bref, comportez-vous comme de sombres merdes, et vous choperez de la chatte.


Le personnage joué par Tom Cruise dans Magnolia et son leitmotiv « Tame the Cunt! Respect the Cock! » (« Domptez la chatte ! Respectez la queue ! ») serait un bon exemple de gourou PUA. Il existe des livres, des sites web, des associations charitables comme celle des Toronto Real Men, les Vrais Hommes de Toronto, prêts à dépenser tout leur argent pour « trouver et séduire des salopes bien chaudes et désespérées » :






Notez la référence à « la métrosexualité, cette conspiration des médias féministes ». En tant que surpoilu de toute éternité, sorte de Sean Connery des faubourgs, j&apos;aurais bien été prêt à prendre les armes   mais lesquelles ?   pour défendre notre honneur bafoué de primates en compagnie de ces gens-là si je n&apos;avais pas flairé dans toute cette entreprise autant de misère intellectuelle, psychologique et sexuelle. Sans oublier le parfum nauséabond du racolage commercial et de l&apos;escroquerie pure et dure.


Un tumblr amusant et intéressant sur la question : PUA.txt.


Entre autres messages d&apos;amour de mâles vexés par son auteur, celui-ci, délicieux :


Keep on being a beta, you dickless fag. Stop throwing mud on people  who will one day fuck your wife while you&apos;re writing your blog.


(Continue à te comporter comme un bêta, espèce de pédé sans bite. Arrête de cracher sur des gens qui un jour baiseront ta femme pendant que tu es en train d&apos;écrire sur ton blog.)


Le (mâle) bêta s&apos;opposant évidemment au mâle alpha que les PUA s&apos;enorgueillissent tous d&apos;être (la contradiction inhérente à ce postulat ne les faisant pas ciller un instant). Évidemment, ce ne sont pas les notions d&apos;éthologie les plus élémentaires qui les étouffent.


Mais maintenant, donnez-moi un peu d&apos;air, que je respire ! L&apos;univers PUA est étouffant. Sans doute trop de testostérone viciée dans l&apos;air ambiant.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/les-pick-up-artists-ces-decus-du-feminisme"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/les-pick-up-artists-ces-decus-du-feminisme</id>
		<issued>2013-02-25T23:43:40Z</issued>
		<modified>2013-02-26T00:00:11Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Une tendance à la fois effrayante, affligeante et (évidemment) fascinante émerge&#160;: les <i>pick-up artists</i> sont de sortie. La sous-culture PUA (littéralement «&#160;artistes de la drague&#160;», puisque le ridicule ne tue bien sûr jamais) est sans doute un des rejetons <img width="250" vspace="5" hspace="5" height="203" border="1" align="left" src="http://60millions.viabloga.com/images/elie.jpg" alt="" />les plus hideux du féminisme (qui s'en serait bien passé). Ils m'intéressent à ce titre. Je ne suis pas le seul&#160;: sur le forum du brillant <i>web</i><i>comic</i> <a href="http://xkcd.com/">xkcd</a> — une de mes rares lectures régulières <i>online</i> depuis des années — <a href="http://forums.xkcd.com/viewtopic.php?f=7&amp;t=100507">la discussion fait rage</a>, et ce n'est pas la première fois.</p>
<p>Des hommes, donc, forment d'autres hommes à devenir des queutards, des artistes du levage de gonzesses, d'inexorables robots zobeurs, et pour cela il existe selon eux quelques solutions simples, dérivées vaguement de la PNL ou des bouquins de développement personnel les plus craignos&#160;: <i>never take no for an answer</i> (les apprentis violeurs apprécieront l'encouragement), ne faites jamais attention à ce que la victime, pardon, la cible, raconte, n'hésitez pas à lui mentir sur toute la ligne, bref, comportez-vous comme de sombres merdes, et vous choperez de la chatte.</p>
<p>Le personnage joué par Tom Cruise dans <i>Magnolia</i> et son leitmotiv « <i>Tame the Cunt! Respect the Cock!</i> » («&#160;Domptez la chatte&#160;! Respectez la queue&#160;! ») serait un bon exemple de gourou PUA. Il existe des livres, des <a href="http://www.pick-up-artist-forum.com/">sites web</a>, des associations charitables comme celle des <i>Toronto Real Men</i>, les Vrais Hommes de Toronto, prêts à dépenser tout leur argent pour «&#160;trouver et séduire des salopes bien chaudes et désespérées&#160;» :</p>
<br />
<img width="420" vspace="5" hspace="5" height="623" border="1" align="absMiddle" src="http://60millions.viabloga.com/images/torontorealmen.jpg" alt="" /><br />
<p>Notez la référence à «&#160;la métrosexualité, cette conspiration des médias féministes&#160;». En tant que surpoilu de toute éternité, sorte de Sean Connery des faubourgs, j'aurais bien été prêt à prendre les armes — mais lesquelles&#160;? — pour défendre notre honneur bafoué de primates en compagnie de ces gens-là si je n'avais pas flairé dans toute cette entreprise autant de misère intellectuelle, psychologique et sexuelle. Sans oublier le parfum nauséabond du racolage commercial et de l'escroquerie pure et dure.</p>
<p>Un tumblr amusant et intéressant sur la question&#160;: <a href="http://pua-txt.tumblr.com/">PUA.txt</a>.</p>
<p>Entre autres messages d'amour de mâles vexés par son auteur, celui-ci, délicieux&#160;:</p>
<p class="citation"><i>Keep on being a beta, you dickless fag. Stop throwing mud on people  who will one day fuck your wife while you're writing your blog.</i></p>
<p class="citation">(Continue à te comporter comme un bêta, espèce de pédé sans bite. Arrête de cracher sur des gens qui un jour baiseront ta femme pendant que tu es en train d'écrire sur ton blog.)</p>
<p>Le (mâle) bêta s'opposant évidemment au mâle alpha que les PUA s'enorgueillissent tous d'être (la contradiction inhérente à ce postulat ne les faisant pas ciller un instant). Évidemment, ce ne sont pas les notions d'éthologie les plus élémentaires qui les étouffent.</p>
<p>Mais maintenant, donnez-moi un peu d'air, que je respire&#160;! L'univers PUA est étouffant. Sans doute trop de testostérone viciée dans l'air ambiant.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Flashback</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">C&apos;était inévitable. Ce soir, devant la projection de fascinants documentaires animaliers (plus exactement : sur la danse des animaux), je ne sais plus pourquoi je mentionne l&apos;existence de mon ex-femme, car elle est venue elle aussi ici. T., l&apos;écrivain franco-norvégien habitant à Berlin, ne se rappelle pas d&apos;elle. En revanche la description réveille D., l&apos;écrivain américain à la machine à écrire. Il se souvient bien d&apos;elle, lui.


J&apos;avais totalement oublié qu&apos;elle, sur son blog abandonné, dont j&apos;avais réparé le moteur (HTML ou CSS, je ne sais plus), pendant mon premier séjour au PA-F, une après-midi de décembre 2010   ce qui avait déclenché chez elle une terrible crise dépressive, sur le mode « j&apos;aurais dû savoir faire ce que tu as fait pour réparer ça, j&apos;ai eu besoin de toi, c&apos;est humiliant, je suis une merde »  , avait mentionné l&apos;existence d&apos;un écrivain qui écrivait à la machine à écrire. D., donc. Et dans le même texte, elle évoque Cornelis (qu&apos;elle orthographie Cornelius, elle a toujours été moins rigoureuse que moi, je suis allé googler l&apos;animal pour m&apos;assurer de l&apos;orthographe de son nom), avec qui elle a parlé de son journal gratuit hollandais, De Pers. Ce dont il m&apos;a parlé hier pendant que nous sifflions de la Zubrowska, ainsi que de Ben Laden, qu&apos;il a failli faire interviewer par Robert Fisk.


Le monde est petit. Ce monde-là, en tout cas, est petit. Je le savais avant de revenir ici. Et A., pour plusieurs raisons, ne laisse pas les hommes indifférents. C&apos;est la mention de ses cicatrices qui a réveillé D. ; le premier détail qu&apos;on voit chez elle, et qui est inoubliable même pour des gens qui ne la croisent que furtivement, je suppose. C&apos;est comme ça. Elle n&apos;aimerait pas ça. Mais c&apos;est comme ça.


Il y a de l&apos;acceptation de soi dans la vie, et cela semble être un enjeu véritable du féminisme ; plus exactement, les féministes les plus intelligentes, brillantes, les moins conformistes, sont   sans surprise   celles qui se posent quelques questions sur la nature, le corps, la biologie.


Les abstractions queer, en regard de ces questions, évidemment, me semblent flirter du côté de la pure fumisterie.


Ce qui me rappelle cette réflexion, sur un ancien blog féministe stupide et superficiel (sauf en de rares occasions : quelques textes de mon ex, et de ma copine néo-alsacienne M.), où j&apos;avais osé parler d&apos;hormones dans un commentaire, consécutif à je ne sais plus quel article débile sur la répartition des tâches ménagères. Ah non : sur une odieuse chanteuse antiféministe, la belle affaire. On m&apos;avait fait cette réponse édifiante. On est publié(e) chez P.O.L. aujourd&apos;hui : la connerie pure n&apos;a jamais empêché de réussir. Cette réponse, donc, à laquelle moi je n&apos;avais évidemment rien rétorqué :


(...) si tu te mets à appeler les hormones en renfort, on va avoir du mal je crois.


Comme s&apos;il y avait besoin d&apos;appeler quoi que ce soit en renfort... Les hormones, c&apos;est décrit scrupuleusement par la science. On sait comment ça fonctionne, et ce que cela conditionne. Point. Le renfort, laissons cela aux névrosé(e)s du militantisme et de la pseudo-science.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/flashback"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/flashback</id>
		<issued>2013-02-21T02:22:14Z</issued>
		<modified>2013-02-21T02:22:14Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">C'était inévitable. Ce soir, devant la projection de fascinants documentaires animaliers (plus exactement : sur la danse des animaux), je ne sais plus pourquoi je mentionne l'existence de mon ex-femme, car elle est venue elle aussi ici. T., l'écrivain franco-norvégien habitant à Berlin, ne se rappelle pas d'elle. En revanche la description réveille D., l'écrivain américain à la machine à écrire. Il se souvient bien d'elle, lui.</p>
<p>J'avais totalement oublié qu'elle, <a href="http://palimpseste.idiomatique.org/?p=78">sur son blog abandonné</a>, dont j'avais réparé le moteur (HTML ou CSS, je ne sais plus), pendant mon premier séjour au PA-F, une après-midi de décembre 2010 — ce qui avait déclenché chez elle une terrible crise dépressive, sur le mode « j'aurais dû savoir faire ce que tu as fait pour réparer ça, j'ai eu besoin de toi, c'est humiliant, je suis une merde » —, avait mentionné l'existence d'un écrivain qui écrivait à la machine à écrire. D., donc. Et dans le même texte, elle évoque Cornelis (qu'elle orthographie <i>Cornelius</i>, elle a toujours été moins rigoureuse que moi, je suis allé googler l'animal pour m'assurer de l'orthographe de son nom), avec qui elle a parlé de son journal gratuit hollandais, <i>De Pers</i>. Ce dont il m'a parlé hier pendant que nous sifflions de la Zubrowska, ainsi que de Ben Laden, qu'il a failli faire interviewer par Robert Fisk.</p>
<p>Le monde est petit. Ce monde-là, en tout cas, est petit. Je le savais avant de revenir ici. Et A., pour plusieurs raisons, ne laisse pas les hommes indifférents. C'est la mention de ses cicatrices qui a réveillé D. ; le premier détail qu'on voit chez elle, et qui est inoubliable même pour des gens qui ne la croisent que furtivement, je suppose. C'est comme ça. Elle n'aimerait pas ça. Mais c'est comme ça.</p>
<p>Il y a de l'acceptation de soi dans la vie, et cela semble être un enjeu véritable du féminisme ; plus exactement, les féministes les plus intelligentes, brillantes, les moins conformistes, sont — sans surprise — celles qui se posent quelques questions sur la nature, le corps, la biologie.</p>
<p>Les abstractions <i>queer</i>, en regard de ces questions, évidemment, me semblent flirter du côté de la pure fumisterie.</p>
<p>Ce qui me rappelle cette réflexion, sur un ancien blog féministe stupide et superficiel (sauf en de rares occasions : quelques textes de mon ex, et de ma copine néo-alsacienne M.), où j'avais osé parler d'hormones dans un commentaire, consécutif à je ne sais plus quel article débile sur la répartition des tâches ménagères. Ah non : sur une <a href="http://laterre-estplate.blogspot.fr/2007/09/garon-de-koxie.html">odieuse chanteuse antiféministe</a>, la belle affaire. On m'avait fait cette réponse édifiante. <i>On</i> est publié(e) chez P.O.L. aujourd'hui : la connerie pure n'a jamais empêché de réussir. Cette réponse, donc, à laquelle moi je n'avais évidemment rien rétorqué :</p>
<p class="citation">(...) si tu te mets à appeler les hormones en renfort, on va avoir du mal je crois.</p>
<p>Comme s'il y avait besoin d'appeler quoi que ce soit <i>en renfort</i>... Les hormones, c'est décrit scrupuleusement par la science. On sait comment ça fonctionne, et ce que cela conditionne. Point. Le <i>renfort</i>, laissons cela aux névrosé(e)s du militantisme et de la pseudo-science.</p>]]></content>
	</entry>

</feed>
