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<title type="text/plain">60 millions de social-traîtres</title>
<tagline type="text/plain">Mémoires sautés du temps</tagline>
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<name>T C</name>
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<modified>2009-06-19T14:05:26Z</modified>
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		<title>The Jutland Experience</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Je voulais pisser dans l&apos;eau : la classe à la française, le petit côté 400 coups... Du haut du belvédère des Buttes-Chaumont, où nous nous emmerdions tous les deux : oh, des cygnes ! oh, des Chinois ! oh, une limousine ! oh, encore des Chinois !


C&apos;est incroyable le nombre de Chinois qui viennent se faire tirer le portrait aux Buttes-Chaumont le jour de leur mariage. En 1996, j&apos;avais déjà remarqué ça : j&apos;étais observateur. Aujourd&apos;hui, je ne le suis plus tellement. Ce qui est nouveau. (Ce procédé s&apos;appelle tirer à la ligne. Il est d&apos;usage méprisable.)


Adoncques je demandai, en un élan facétieux, à la timide Danoise qui me flanquait comment l&apos;on disait, dans sa douce langue gutturale : je veux pisser dans l&apos;eau.


Jeg vil hoppe i vandet, me répondit-elle.


Nonobstant le doute (hoppe veut-il dire pisser ou sauter ?), né d&apos;un malentendu dû à sa mauvaise compréhension de mon français lorsque je parlais vite et dans ma barbe (bien que rasé de frais je fusse), je me suis toujours souvenu de cette phrase dont l&apos;utilité, à l&apos;aéroport de Copenhague, est quand même largement limitée, mais que je ne manque pas de sortir de mon arc, qui a plusieurs tours, lorsque l&apos;humeur du soir, badine, permet d&apos;amuser quelques blondes de froides contrées.

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		<issued>2009-06-08T15:05:07Z</issued>
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		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Je voulais <i>pisser</i> dans l'eau&#160;: la classe à la française, le petit côté <i>400 coups</i>... Du haut du belvédère des Buttes-Chaumont, où nous nous emmerdions tous les deux&#160;: oh, des cygnes&#160;! oh, des Chinois&#160;! oh, une limousine&#160;! oh, encore des Chinois&#160;!</p>
<p>C'est incroyable le nombre de Chinois qui viennent se faire tirer le portrait aux Buttes-Chaumont le jour de leur mariage. En 1996, j'avais déjà remarqué ça&#160;: j'étais observateur. Aujourd'hui, je ne le suis plus tellement. <i>Ce qui est nouveau.</i> (Ce procédé s'appelle tirer à la ligne. Il est d'usage méprisable.)</p>
<p>Adoncques je demandai, en un élan facétieux, à la timide Danoise qui me flanquait comment l'on disait, dans sa douce langue gutturale : je veux pisser dans l'eau.</p>
<p><i>Jeg vil hoppe i vandet</i>, me répondit-elle.</p>
<p>Nonobstant le doute (<i>hoppe</i> veut-il dire pisser ou sauter&#160;?), né d'un malentendu dû à sa mauvaise compréhension de mon français lorsque je parlais vite et dans ma barbe (bien que rasé de frais je fusse), je me suis toujours souvenu de cette phrase dont l'utilité, à l'aéroport de Copenhague, est quand même largement limitée, mais que je ne manque pas de sortir de mon arc, qui a plusieurs tours, lorsque l'humeur du soir, badine, permet d'amuser quelques blondes de froides contrées.</p>]]></content>
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		<title>Affolons les statistiques</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Gros seins, bite et cul. Femme à poil. Grosse salope qui suce. Sans oublier éjaculation faciale (aka « cumshot »), cravate de notaire, branlette espagnole et Lionel Messi dans la cave à Dieudonné.

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		<issued>2009-06-04T14:57:43Z</issued>
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		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Gros seins, bite et cul. Femme à poil. Grosse salope qui suce. Sans oublier éjaculation faciale (<i>aka</i> « cumshot »), cravate de notaire, branlette espagnole et Lionel Messi dans la cave à Dieudonné.</p>]]></content>
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		<title>Mise en équation d&apos;une soirée musicale à la Villette et divination footballistique</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">[Jesus &amp;amp; Mary Chain + Jesu + (Lounge Lizards / 3)] / 3

=

Jesus Lizard



&amp;amp;



FC Barcelone 6 - 4 Manchester United



(après prolongations)

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		<issued>2009-05-27T12:51:26Z</issued>
		<modified>2009-05-27T12:53:46Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p style="text-align: center;">[Jesus &amp; Mary Chain + Jesu + (Lounge Lizards / 3)] / 3<br />
=<br />
Jesus Lizard<br />
<br />
&amp;<br />
<br />
FC Barcelone 6 - 4 Manchester United<br />
<br />
(après prolongations)</p>]]></content>
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		<title>Comme un lundi</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Pauvre Lars von Trier...


A Cannes, les flics et les cons se sont déchaînés pendant la projection d&apos;Antichrist, beuglant, sifflant, ricanant, criant un beau « Salope » à l&apos;attention de Charlotte Gainsbourg ou quittant la salle en faisant claquer leurs sièges. Puis, vint le temps de la curée avec la conférence de presse. Méconnaissable, tremblant, vraisemblablement bourré d&apos;anxiolytiques, 15 kilos en trop, Von Trier a été soumis à la question, comme au temps joyeux de l&apos;Inquisition. La première question était la plus débile. Un Kritik du Daily Mail a sommé Von Trier de s&apos;expliquer, « et pas en un seul mot, on est à Cannes, quand même ! » Comme si un artiste devait expliciter son  uvre, donner les clés, se justifier et pourquoi pas s&apos;excuser ? Paumé, Von Trier a bafouillé et bien sûr refusé. « J&apos;ai fait ce petit film que j&apos;aime bien pour moi, pas pour vous ou un public donné. Vous êtes mes invités, pas le contraire. » Le reste est 30 minutes de n&apos;importe quoi. « Pourquoi la référence à Tarkovski ? », « Etes-vous influencé par Dario Argento » (réponse du Danois médusé : « Qui ça ? » ), « Je n&apos;ai pas bien compris une scène, je suis allé sur Google, je n&apos;ai rien trouvé » (véridique). On imagine le supplice de Von Trier qui balance une série de réponses laconiques et improbables comme : « Je ne peux pas donner d&apos;explication », « C&apos;est Dieu qui dicte mes choix », « J&apos;étais dépressif, j&apos;ai fait ce film pour m&apos;en sortir », « Je suis le meilleur réalisateur du monde, les autres sont surestimés », « Le menu de l&apos;hôtel où nous sommes restés pendant trois mois a été très important pour moi » 


La suite, sous la plume de Marc Godin, sur Bakchich, donne envie de porter à ébullition un critique de Studiorockuptible, pour voir ce qu&apos;il en reste : un Macbook, une capote sale et un autocollant « Pulp Fiction saved my life » ; puis Lars von Trier, dans une casserole séparée : y restent des bribes indélébiles, séquences superbes, hilarantes, déchirantes, puissantes et timbrées de toute son  uvre (ainsi que quelques grammes de poudre d&apos;anxiolytique ?). Les Idiots, Dogville, L&apos;Hôpital, Le Direktør récemment... Et ceux que je n&apos;ai pas vus, par flemme ou parce que je faisais confiance aux critiques et suis plutôt allé par facilité (?) me farcir un Christophe Honoré ou un mauvais Woody Allen...


Je l&apos;ai déjà dit, le cinéma est une science molle, un micropénis de l&apos;art, une industrie concassante. Ses « critiques » sont les plus totalitaires, les plus incultes, les plus fascinés par les paillettes, les stars et les montées de marches d&apos;escalier (faut-il être lobotomisé pour rêver de  tapis rouges !). Que ne nous débarrasse-t-on pas au plus vite de ces nuisibles ?


Mais il faut pour cela se débarrasser du capitalisme, eh ! murmure le petit malin désespéré.

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		<issued>2009-05-25T12:22:57Z</issued>
		<modified>2009-05-25T12:23:21Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Pauvre Lars von Trier...</p>
<p class="citation">A Cannes, les flics et les cons se sont déchaînés pendant la projection d’<i>Antichrist</i>, beuglant, sifflant, ricanant, criant un beau «&#160;Salope&#160;» à l’attention de Charlotte Gainsbourg ou quittant la salle en faisant claquer leurs sièges. Puis, vint le temps de la curée avec la conférence de presse. Méconnaissable, tremblant, vraisemblablement bourré d’anxiolytiques, 15 kilos en trop, Von Trier a été soumis à la question, comme au temps joyeux de l’Inquisition. La première question était la plus débile. Un Kritik du <i>Daily Mail</i> a sommé Von Trier de s’expliquer, <i>«&#160;et pas en un seul mot, on est à Cannes, quand même&#160;!&#160;»</i> Comme si un artiste devait expliciter son œuvre, donner les clés, se justifier et pourquoi pas s’excuser&#160;? Paumé, Von Trier a bafouillé et bien sûr refusé. <i>«&#160;J’ai fait ce petit film que j’aime bien pour moi, pas pour vous ou un public donné. Vous êtes mes invités, pas le contraire.&#160;»</i> Le reste est 30 minutes de n’importe quoi. <i>«&#160;Pourquoi la référence à Tarkovski&#160;?&#160;», «&#160;Etes-vous influencé par Dario Argento&#160;»</i> (réponse du Danois médusé&#160;: «&#160;Qui ça&#160;?&#160;» ), <i>«&#160;Je n’ai pas bien compris une scène, je suis allé sur Google, je n’ai rien trouvé&#160;»</i> (véridique). On imagine le supplice de Von Trier qui balance une série de réponses laconiques et improbables comme&#160;: <i>«&#160;Je ne peux pas donner d’explication&#160;», «&#160;C’est Dieu qui dicte mes choix&#160;», «&#160;J’étais dépressif, j’ai fait ce film pour m’en sortir&#160;», «&#160;Je suis le meilleur réalisateur du monde, les autres sont surestimés&#160;», «&#160;Le menu de l’hôtel où nous sommes restés pendant trois mois a été très important pour moi&#160;»</i>…</p>
<p>La suite, sous la plume de Marc Godin, sur <a href="http://www.bakchich.info/Les-critiques-flics-de-la,07820.html">Bakchich</a>, donne envie de porter à ébullition un critique de <i>Studiorockuptible</i>, pour voir ce qu'il en reste&#160;: un Macbook, une capote sale et un autocollant «&#160;Pulp Fiction saved my life&#160;» ; puis Lars von Trier, dans une casserole séparée&#160;: y restent des bribes indélébiles, séquences superbes, hilarantes, déchirantes, puissantes et timbrées de toute son œuvre (ainsi que quelques grammes de poudre d'anxiolytique&#160;?). <i>Les Idiots</i>, <i>Dogville</i>, <i>L'Hôpital</i>, <i>Le Direktør</i> récemment... Et ceux que je n'ai pas vus, par flemme ou parce que je faisais confiance aux critiques et suis plutôt allé par facilité (?) me farcir un Christophe Honoré ou un mauvais Woody Allen...</p>
<p>Je l'ai déjà dit, le cinéma est une science molle, un micropénis de l'art, une industrie concassante. Ses «&#160;critiques&#160;» sont les plus totalitaires, les plus incultes, les plus fascinés par les paillettes, les stars et les montées de marches d'escalier (faut-il être lobotomisé pour rêver de&#160; tapis rouges&#160;!). Que ne nous débarrasse-t-on pas au plus vite de ces nuisibles&#160;?</p>
<p>Mais il faut pour cela se débarrasser du capitalisme, eh&#160;! murmure le petit malin désespéré.</p>]]></content>
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		<title>Spoiler alert</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Nous vîmes hier Good Morning England dont d&apos;autres gens de goût ont souligné l&apos;incurie du titre français (cela ne fera qu&apos;à peu près quinze fois que j&apos;affirme qu&apos;il faut pendre la totalité des gens bossant en France dans le marketing cinéma, mais je semble hurler dans le désert). On m&apos;objectera à raison que le titre original n&apos;est pas non plus excellent ; oui mais c&apos;est le titre original. The Boat That Rocked.


Et c&apos;est très drôle, très bien joué, poétique même par (nombreux) endroits. Pas du tout bêtement nostalgique, comme je le redoutais. Le film, où figure un Kenneth Branagh en excellente forme comique (ainsi qu&apos;Emma Thompson, apparition divine dissimulée sous une paire de shades), enfonce même Titanic sur son terrain : le naufrage.


Mais non je n&apos;ai pas raconté la fin.

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		<issued>2009-05-18T20:22:14Z</issued>
		<modified>2009-05-18T20:27:40Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Nous vîmes hier <i>Good Morning England</i> dont d'autres gens de goût ont souligné l'incurie du titre français (cela ne fera qu'à peu près quinze fois que j'affirme qu'il faut pendre la totalité des gens bossant en France dans le marketing cinéma, mais je semble hurler dans le désert). On m'objectera à raison que le titre original n'est pas non plus excellent&#160;; oui mais c'est le titre original. <i>The Boat That Rocked</i>.</p>
<p>Et c'est très drôle, très bien joué, poétique même par (nombreux) endroits. Pas du tout bêtement nostalgique, comme je le redoutais. Le film, où figure un Kenneth Branagh en excellente forme comique (ainsi qu'Emma Thompson, apparition divine dissimulée sous une paire de <i>shades</i>), enfonce même <i>Titanic</i> sur son terrain&#160;: le naufrage.</p>
<p>Mais non je n'ai pas raconté la fin.</p>]]></content>
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		<title>Chartreuse, anyone?</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">La caméra prend la scène de dehors, à travers la fenêtre de la cuisine. Musique : Europa Calling, de Sol Invictus. Quelque chose de triste et nostalgique comme une saga dévoyée. Il ouvre la porte du réfrigérateur, verse un petit verre de chartreuse épiscopale, le descend d&apos;un trait, s&apos;en verse un deuxième, le descend d&apos;un second trait, s&apos;en verse un troisième, une larme au fond du canal lacrymal, qu&apos;il choisira de verser ou non, selon le bon plaisir du scénariste.


Elle perle pourtant : vu qu&apos;il se déteste, qu&apos;il déteste sa faiblesse, qu&apos;il déteste ce qu&apos;il fait. Y compris ce qu&apos;il fait en ce moment même, c&apos;est-à-dire s&apos;apitoyer sur son sort, et ce sans jamais se suicider. Ce genre de complaisance l&apos;a toujours irrité... chez les autres. L&apos;y voici. De la musique choisie, de l&apos;alcool torché comme jamais   pour se mettre minable, au sens propre  , de la déprime savamment entretenue...


Et l&apos;incapacité totale d&apos;en rire, de passer à autre chose, comme auparavant il l&apos;aurait fait, sans avoir besoin d&apos;elle. Il ne peut plus rire de lui sans elle. Alors il se complaît dans la petite douleur minablement sordide de l&apos;instant. Et remet en boucle Europa Calling, morceau sublime et bordel de dieu affreusement triste.

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		<issued>2009-05-14T21:35:50Z</issued>
		<modified>2009-05-14T21:35:50Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">La caméra prend la scène de dehors, à travers la fenêtre de la cuisine. Musique : <i>Europa Calling</i>, de Sol Invictus. Quelque chose de triste et nostalgique comme une saga dévoyée. Il ouvre la porte du réfrigérateur, verse un petit verre de chartreuse épiscopale, le descend d'un trait, s'en verse un deuxième, le descend d'un second trait, s'en verse un troisième, une larme au fond du canal lacrymal, qu'il choisira de verser ou non, selon le bon plaisir du scénariste.</p>
<p>Elle perle pourtant : vu qu'il se déteste, qu'il déteste sa faiblesse, qu'il déteste ce qu'il fait. Y compris ce qu'il fait en ce moment même, c'est-à-dire s'apitoyer sur son sort, et ce <i>sans jamais se suicider</i>. Ce genre de complaisance l'a toujours irrité... chez les autres. L'y voici. De la musique choisie, de l'alcool <i>torché</i> comme jamais — pour se mettre minable, au sens propre —, de la déprime savamment entretenue...</p>
<p>Et l'incapacité totale d'en <i>rire</i>, de passer à autre chose, comme auparavant il l'aurait fait, sans avoir besoin d'elle. Il ne peut plus rire de lui sans elle. Alors il se complaît dans la petite douleur minablement sordide de l'instant. Et remet en boucle <i>Europa Calling</i>, morceau sublime et bordel de dieu affreusement triste.</p>]]></content>
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		<title>Social-traître un jour...</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Passant au Monte en l&apos;air hier en fin d&apos;après-midi, dans Ménilmontant détrempé par l&apos;orage, pour y acheter la revue Dissonances dans laquelle Monierza vient de publier un texte, j&apos;en suis reparti bredouille sur le strict plan dissonant mais tout de même nanti d&apos;un vieil exemplaire du Tigre et du numéro 6 de Social-Traître, la petite revue fondée en 2005 par trois personnes exemplaires dont votre serviteur, qui s&apos;en éloigna au bout de deux numéros par trop décevants. Avec Social-Traître, je suis devenu bien tranquille pour juger : tout ce qui est bon dans cette revue est en effet l&apos; uvre de la bande (joliment étoffée à présent) des illustrateurs, dans laquelle je compte mes deux seuls camarades. Tout ce qui est mauvais est ce qui l&apos;était déjà dès le début : une propension assommante du petit (rédacteur en) chef à l&apos;analyse bavarde et ressassée, gonflée d&apos;un esprit de sérieux inouï et absolument exempte de la moindre trace d&apos;humour (quoi de plus criminel, au fond ?). De la dissertation... Des idées ! aurait déploré Destouches, qu&apos;on ose pourtant appeler en renfort dans le bulletin d&apos;abonnement... Les autres auteurs, ceux que je n&apos;ai jamais fréquentés, méritent pour cette seule raison le bénéfice du doute, malgré la faiblesse de leurs récits éthyliques. Seul un texte m&apos;a vraiment séduit par son sens du rythme et son énergie : celui d&apos;un certain Aliocha. Il faut donc sauver de Social-Traître le département illustration en entier, et l&apos;auteur Aliocha.


Après cette lecture un peu terne, je prends l&apos;exemplaire du Tigre, le numéro gris de la fin de l&apos;an 2008, et la comparaison est cruelle, car le Tigre est la revue que j&apos;ai longtemps rêvé de créer. Dans le Tigre, tout, de la première à la dernière page, excelle, vivifie, amuse l&apos; il et le neurone ; c&apos;est très soigné, relu avec la plus grande attention, les textes sont brillants, drôles et précis. Il sourd de la littérature de chaque texte, et jamais le moindre narcissisme, ce fléau que seraient bien inspirés de combattre au plus vite les « auteurs » de Social-Traître s&apos;ils désirent vraiment intéresser un jour des foutus lecteurs.


C&apos;est quelque chose comme le Tigre que j&apos;avais en tête en 2005 ; c&apos;est pourquoi la comparaison est cruelle lorsque je constate que je n&apos;ai contribué à créer que cette revue-là, et qu&apos;elle devient ce qu&apos;elle devient : un espace sans littérature, sans recherche, simple dégorgeoir graphomaniaque pour un ou deux losers. Je suis cependant satisfait de constater qu&apos;au moins sur le front de l&apos;illustration cette revue sert à l&apos;expression du talent réel de quelques uns (Paul de Mercey, Tarabiscouille, Binje, Constantin...), en attendant mieux pour eux, certainement.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/social-traitre-un-jour"/>
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		<issued>2009-05-14T16:18:24Z</issued>
		<modified>2009-05-14T16:18:24Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Passant au <i>Monte en l'air</i> hier en fin d'après-midi, dans Ménilmontant détrempé par l'orage, pour y acheter la revue <i>Dissonances</i> dans laquelle <a href="http://monierza.blogspot.com/2009/05/texte-canapes-seuls-publie-dans.html">Monierza</a> vient de publier un texte, j'en suis reparti bredouille sur le strict plan dissonant mais tout de même nanti d'un vieil exemplaire du <i>Tigre</i> et du numéro 6 de <i>Social-Traître</i>, la petite revue fondée en 2005 par trois personnes exemplaires dont votre serviteur, qui s'en éloigna au bout de deux numéros par trop décevants. Avec <i>Social-Traître</i>, je suis devenu bien tranquille pour juger : tout ce qui est bon dans cette revue est en effet l'œuvre de la bande (joliment étoffée à présent) des illustrateurs, dans laquelle je compte mes deux seuls camarades. Tout ce qui est mauvais est ce qui l'était déjà dès le début : une propension assommante du petit (rédacteur en) chef à l'analyse bavarde et ressassée, gonflée d'un esprit de sérieux inouï et absolument exempte de la moindre trace d'humour (quoi de plus criminel, au fond ?). De la dissertation... Des idées ! aurait déploré Destouches, qu'on ose pourtant appeler en renfort dans le bulletin d'abonnement... Les autres auteurs, ceux que je n'ai jamais fréquentés, méritent pour cette seule raison le bénéfice du doute, malgré la faiblesse de leurs récits éthyliques. Seul un texte m'a vraiment séduit par son sens du rythme et son énergie : celui d'un certain Aliocha. Il faut donc sauver de <i>Social-Traître</i> le département illustration en entier, et l'auteur Aliocha.</p>
<p>Après cette lecture un peu terne, je prends l'exemplaire du <i>Tigre</i>, le numéro gris de la fin de l'an 2008, et la comparaison est cruelle, car le <i>Tigre</i> est la revue que j'ai longtemps rêvé de créer. Dans le <i>Tigre</i>, tout, de la première à la dernière page, excelle, vivifie, amuse l'œil et le neurone ; c'est très soigné, relu avec la plus grande attention, les textes sont brillants, drôles et précis. Il sourd de la <i>littérature</i> de chaque texte, et jamais le moindre narcissisme, ce fléau que seraient bien inspirés de combattre au plus vite les « auteurs » de <i>Social-Traître</i> s'ils désirent vraiment intéresser un jour des foutus <i>lecteurs</i>.</p>
<p>C'est quelque chose comme le <i>Tigre</i> que j'avais en tête en 2005 ; c'est pourquoi la comparaison est cruelle lorsque je constate que je n'ai contribué à créer que cette revue-là, et qu'elle devient ce qu'elle devient : un espace sans littérature, sans recherche, simple dégorgeoir graphomaniaque pour un ou deux <i>losers</i>. Je suis cependant satisfait de constater qu'au moins sur le front de l'illustration cette revue sert à l'expression du talent réel de quelques uns (Paul de Mercey, Tarabiscouille, Binje, Constantin...), en attendant mieux pour eux, certainement.</p>]]></content>
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		<title>Where will it end?</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Paris me pèse, nous pèse. En ce qui me concerne, pas la ville en elle-même, dont nous avons dit tant de mal pendant notre séjour en Espagne, alors que nous l&apos;aimons, mais ce qui continue de m&apos;y attendre comme contraintes, inlassables.


Quand je doute, que j&apos;ai peur, que le précipice devant moi m&apos;appelle pour me happer, Paris et la vie que j&apos;y ai (que j&apos;y laisserai un jour) m&apos;insupporte, me réduit misérable, aspirant la vague substance de mon cerveau névrosé.


Vivrons-nous ailleurs, et heureux ? J&apos;aime à le croire.


Un samedi soir à Alicante, sur la terrasse d&apos;amis, nous mangeons du saumon à la japonaise, nous buvons du vino tinto. Tout se passe bien, nous rions à neurones déployés de ce monde dégueulasse (Sarkozy, plus ou moins vulgairement effrayant que Berlusconi ou Aznar ?) lorsqu&apos;elle me tend son téléphone, que souille le message immonde de ce que j&apos;appellerais volontiers un sous-homme si j&apos;étais un poquito certain de ma supériorité ontologique.


Immonde, ordurier ; elle semble ne pas ciller, prendre la chose avec le détachement et la classe qui lui sont consubstantielles. Névrotiquement, j&apos;ai vu tout de suite la grosse faute de français dans l&apos;odieux message : je m&apos;en veux presque, tant c&apos;est le fond qui est à vomir et tant la forme, dans ces cas-là, n&apos;a aucune importance...


Je suis responsable de ses pleurs, elle l&apos;est des miens. Nous pleurons parfois, des larmes salées comme l&apos;addition de nos années de chaos. Je rêve régulièrement d&apos;elle ; je l&apos;admire et je suis dépendant de sa patience, infinie.

</summary>
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		<issued>2009-05-13T03:35:13Z</issued>
		<modified>2009-05-13T03:35:13Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Paris me pèse, nous pèse. En ce qui me concerne, pas la ville en elle-même, dont nous avons dit tant de mal pendant notre séjour en Espagne, alors que nous l'aimons, mais ce qui continue de m'y attendre comme contraintes, inlassables.</p>
<p>Quand je doute, que j'ai peur, que le précipice devant moi m'appelle pour me happer, Paris et la vie que j'y ai (que j'y laisserai un jour) m'insupporte, me réduit misérable, aspirant la vague substance de mon cerveau névrosé.</p>
<p>Vivrons-nous ailleurs, et heureux&#160;? J'aime à le croire.</p>
<p>Un samedi soir à Alicante, sur la terrasse d'amis, nous mangeons du saumon à la japonaise, nous buvons du <i>vino tinto</i>. Tout se passe bien, nous rions à neurones déployés de ce monde dégueulasse (Sarkozy, plus ou moins vulgairement effrayant que Berlusconi ou Aznar ?) lorsqu'elle me tend son téléphone, que souille le message immonde de ce que j'appellerais volontiers un sous-homme si j'étais <i>un poquito</i> certain de ma supériorité ontologique.</p>
<p>Immonde, ordurier ; elle semble ne pas ciller, prendre la chose avec le détachement et la classe qui lui sont consubstantielles. Névrotiquement, j'ai vu tout de suite la grosse faute de français dans l'odieux message : je m'en veux presque, tant c'est le fond qui est à vomir et tant la forme, dans ces cas-là, n'a aucune importance...</p>
<p>Je suis responsable de ses pleurs, elle l'est des miens. Nous pleurons parfois, des larmes salées comme l'addition de nos années de chaos. Je rêve régulièrement d'elle ; je l'admire et je suis dépendant de sa patience, infinie.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Superlativement con (mais bon)</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Ceci mérite un up. L&apos;introuvable album éponyme d&apos;Anus a été retrouvé, grâce au sympathique Thundard. Je l&apos;écoute en ce moment, c&apos;est une vraie madeleine synthétique. Elle me replonge en l&apos;an de grâce (folle) deux mil trois. C&apos;est un des disques que je passais au Politburo. La liste des titres est phénoménale :


Coin, coin !, discussion intergénérationnelle pénétrante entre un canard adulte, son fils et son père, sur trois octaves de Bontempi.


Cucu Dancing


Aqua Velva, un des trois morceaux « chantés » de l&apos;opus, sur les joies matutinales procurées par la lotion après-rasage.


Bernard Menez, et son intro surréaliste : « Bonjour Mademoiselle ! », morceau expérimental où l&apos;on retrouve avec bonheur le grand-père canard du morceau d&apos;introduction.


Où es-tu mon petit anus ?, sans conteste le chef-d&apos; uvre du disque, sur le plan des paroles, puisque Rimbaud et Pierre Louÿs peuvent allègrement aller se rhabiller (refrain, chanté par une vraie-fausse gamine de 8 ans : « Où es-tu mon petit anus ? / Tu es parti en emportant ton secret / Sur la lune ou sur Uranus / Je ne t&apos;oublierai jamais »).


Tata Vespa, chef-d&apos; uvre numéro deux, ode disco insurpassable à la mythique guêpe italienne, où l&apos;on décèle (bien au fond) l&apos;influence d&apos;Antonin Artaud.


Yayaya !, délire stoogien de fin d&apos;album, saturé, débile, jouissif.


Bref, un disque inégalable, qu&apos;on peut récupérer sur le blog de Thundard.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/superlativement-con-mais-bon"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/superlativement-con-mais-bon</id>
		<issued>2009-05-05T11:25:34Z</issued>
		<modified>2009-05-05T11:27:11Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Ceci mérite un <a href="http://60millions.viabloga.com/news/en-v-la-de-la-pepite#comments"><i>up</i></a>. L'introuvable album éponyme d'Anus a été retrouvé, grâce au sympathique Thundard. Je l'écoute en ce moment, c'est une vraie madeleine synthétique. Elle me replonge en l'an de grâce (folle) deux mil trois. C'est un des disques que je passais au <i>Politburo</i>. La liste des titres est phénoménale&#160;:</p>
<p><i>Coin, coin&#160;!</i>, discussion intergénérationnelle pénétrante entre un canard adulte, son fils et son père, sur trois octaves de Bontempi.</p>
<p><i>Cucu Dancing</i></p>
<p><i>Aqua Velva</i>, un des trois morceaux « chantés » de l'opus, sur les joies matutinales procurées par la lotion après-rasage.</p>
<p><i>Bernard Menez</i>, et son intro surréaliste&#160;: «&#160;Bonjour Mademoiselle&#160;! », morceau expérimental où l'on retrouve avec bonheur le grand-père canard du morceau d'introduction.</p>
<p><i>Où es-tu mon petit anus&#160;?</i>, sans conteste le chef-d'œuvre du disque, sur le plan des paroles, puisque Rimbaud et Pierre Louÿs peuvent allègrement aller se rhabiller (refrain, chanté par une vraie-fausse gamine de 8 ans&#160;: «&#160;Où es-tu mon petit anus&#160;? / Tu es parti en emportant ton secret / Sur la lune ou sur Uranus / Je ne t'oublierai jamais&#160;»).</p>
<p><i>Tata Vespa</i>, chef-d'œuvre numéro deux, ode disco insurpassable à la mythique guêpe italienne, où l'on décèle (bien au fond) l'influence d'Antonin Artaud.</p>
<p><i>Yayaya&#160;!</i>, délire stoogien de fin d'album, saturé, débile, jouissif.</p>
<p>Bref, un disque inégalable, qu'on peut récupérer <a href="http://boardsofelectronica.blogspot.com/2009/05/anus-eponyme.html">sur le blog de Thundard</a>.</p>]]></content>
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	<entry>
		<title>À cause peut-être de ce prochain voyage à Madrid, en une prévisible association d&apos;idées ?</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Je me prends soudain, au laid milieu de mes détestables activités administratives, hésitant entre appeler tel fonctionnaire et relancer tel avocat, nu entièrement devant l&apos;écran de ma machine à écrire, à m&apos;interroger sur le destin de Juan Manuel de Prada. J&apos;ai une envie violente de lire un de ses livres, en espérant qu&apos;il sera aussi grandiose que ses Masques du héros.


Pourquoi est-ce Juan Manuel de Prada qui s&apos;est imposé au premier plan de mes préoccupations, si brusquement ? Pourquoi pas une côte de veau à la moutarde ou une tasse de café ? Je n&apos;ai plus eu de nouvelles de l&apos;écrivain d&apos;Espagne depuis longtemps.


Perplexité...

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/a-cause-peut-etre-de-ce-prochain-voyage-a-madrid-en-une-previsible-association-d-idees"/>
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		<issued>2009-04-28T12:08:45Z</issued>
		<modified>2009-04-28T12:08:45Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Je me prends soudain, au laid milieu de mes détestables activités administratives, hésitant entre appeler tel fonctionnaire et relancer tel avocat, nu entièrement devant l'écran de ma machine à écrire, à m'interroger sur le destin de Juan Manuel de Prada. J'ai une envie violente de lire un de ses livres, en espérant qu'il sera aussi grandiose que ses <i>Masques du héros</i>.</p>
<p>Pourquoi est-ce Juan Manuel de Prada qui s'est imposé au premier plan de mes préoccupations, si brusquement ? Pourquoi pas une côte de veau à la moutarde ou une tasse de café ? Je n'ai plus eu de nouvelles de l'écrivain d'Espagne depuis longtemps.</p>
<p>Perplexité...</p>]]></content>
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		<title>Le premier Polaroid du nouveau siècle</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Un appareil que j&apos;ai retrouvé au fond d&apos;un placard : le Polaroid que j&apos;avais reçu enfant, marche toujours. Il n&apos;a sans doute plus pris de photo depuis 1988, et vingt ans, un siècle et un millénaire après, il marche toujours à la perfection. Les films sont encore fabriqués, dix-huit euros le boîtier de dix.


En même temps que la purée à l&apos;huile d&apos;olive, les travers de veau et le saint-joseph, on s&apos;amuse à charger l&apos;appareil et je prends le premier cliché instantané. C&apos;est aussi magique et fascinant qu&apos;en 1985. Trois minutes face retournée sous la table (en fait on regarde au bout de vingt secondes, le développement n&apos;est pas achevé, les couleurs encore trop rouges, on repose...). Le premier Pola du XXIe siècle est une photo d&apos;elle en enfant enjouée, aux yeux espiègles ! Elle fait un geste avec ses mains, comme si elle se protégeait du petit-oiseau-qui-va-sortir, ou faisait un spectacle de marionnettes (les paumes vers l&apos;avant, comme pour Ainsi font, font, font), ou se préparait à recevoir un ballon, de basket-ball par exemple, comme dans l&apos;horrible comédie romantique d&apos;hier soir, qui confirme l&apos;infériorité complète et définitive de la pom-pom girl par rapport à, au hasard, Françoise Chandernagor.


Sur les autres photos, sa beauté naturelle rayonne. Exit l&apos;enfant, voici la femme.


Mais le premier Polaroid du XXIe siècle, daté au stylo-bille du 25 avril 2009, a bien capturé l&apos;enfant en elle, la fillette qui apparaît lorsqu&apos;elle se pince les lèvres ou fait rouler ses yeux vers les coins du haut, comme deux billes aimantées par son cerveau polarisé.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/le-premier-polaroid-du-nouveau-siecle"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/le-premier-polaroid-du-nouveau-siecle</id>
		<issued>2009-04-27T15:05:16Z</issued>
		<modified>2009-04-27T15:16:07Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Un appareil que j'ai retrouvé au fond d'un placard&#160;: le Polaroid que j'avais reçu enfant, marche toujours. Il n'a sans doute plus pris de photo depuis 1988, et vingt ans, un siècle et un millénaire après, il marche toujours à la perfection. Les films sont encore fabriqués, dix-huit euros le boîtier de dix.</p>
<p>En même temps que la purée à l'huile d'olive, les travers de veau et le saint-joseph, on s'amuse à charger l'appareil et je prends le premier cliché <i>instantané</i>. C'est aussi magique et fascinant qu'en 1985. Trois minutes face retournée sous la table (en fait on regarde au bout de vingt secondes, le développement n'est pas achevé, les couleurs encore trop rouges, on repose...). Le premier Pola du XXI<sup>e</sup> siècle est une photo d'elle en enfant enjouée, aux yeux <i>espiègles</i> ! Elle fait un geste avec ses mains, comme si elle se protégeait du petit-oiseau-qui-va-sortir, ou faisait un spectacle de marionnettes (les paumes vers l'avant, comme pour <i>Ainsi font, font, font</i>), ou se préparait à recevoir un ballon, de basket-ball par exemple, comme dans l'horrible comédie romantique d'hier soir, qui confirme l'infériorité complète et définitive de la pom-pom girl par rapport à, au hasard, Françoise Chandernagor.</p>
<p>Sur les autres photos, sa beauté naturelle rayonne. <i>Exit</i> l'enfant, voici la femme.</p>
<p>Mais le premier Polaroid du XXI<sup>e</sup> siècle, daté au stylo-bille du 25 avril 2009, a bien capturé l'enfant en elle, la fillette qui apparaît lorsqu'elle se pince les lèvres ou fait rouler ses yeux vers les coins du haut, comme deux billes aimantées par son cerveau polarisé.</p>]]></content>
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	<entry>
		<title>Accelerando</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Sur les conseils éclairés du Lusophone je me mets à lire Accelerando, de Charles Stross. En anglais dans le texte, et bien que ça soit un peu ardu, c&apos;est accrocheur. Aucun doute n&apos;est permis, le bougre est écrivain, je l&apos;ai compris en deux phrases parfaites, condensées, que voici :


Europe has achieved peaceful political union for the first time ever: They&apos;re using this unprecedented state of affairs to harmonize the curvature of bananas.


(Je ne sais pas pourquoi, à la lecture de ce petit chef-d&apos; uvre, en surimpression sur ma rétine s&apos;affiche Jean-François Copé en costume gris avec son sourire idiot et agressif. L&apos;Europe !)


Autre phrase magique (et nous ne sommes qu&apos;à la onzième page) :


Her accent is noticeably Parisian, a pointed reminder that she&apos;s making a concession to him just by talking.


L&apos;écrivain aurait-il galéré avec une ou deux des fausses starlettes qui hantent les coins les plus puants du « bled », comme l&apos;appelait Lester Bangs (ou plutôt le type qui l&apos;a traduit) ?


En tout cas, voici un bouquin que je devrais dévorer, même si je sens bien que je ne vais pas tout comprendre.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/accelerando"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/accelerando</id>
		<issued>2009-04-18T11:22:11Z</issued>
		<modified>2009-04-18T11:23:21Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Sur les conseils éclairés du Lusophone je me mets à lire <i>Accelerando</i>, de Charles Stross. En anglais dans le texte, et bien que ça soit un peu ardu, c'est accrocheur. Aucun doute n'est permis, le bougre est écrivain, je l'ai compris en deux phrases parfaites, condensées, que voici&#160;:</p>
<p class="citation">Europe has achieved peaceful political union for the first time ever: They're using this unprecedented state of affairs to harmonize the curvature of bananas.</p>
<p>(Je ne sais pas pourquoi, à la lecture de ce petit chef-d'œuvre, en surimpression sur ma rétine s'affiche Jean-François Copé en costume gris avec son sourire idiot et agressif. L'Europe&#160;!)</p>
<p>Autre phrase magique (et nous ne sommes qu'à la onzième page) :</p>
<p class="citation">Her accent is noticeably Parisian, a pointed reminder that she's making a concession to him just by talking.</p>
<p>L'écrivain aurait-il galéré avec une ou deux des fausses starlettes qui hantent les coins les plus puants du «&#160;bled&#160;», comme l'appelait Lester Bangs (ou plutôt le type qui l'a traduit) ?</p>
<p>En tout cas, voici un bouquin que je devrais dévorer, même si je sens bien que je ne vais pas <i>tout</i> comprendre.</p>]]></content>
	</entry>
	<entry>
		<title>Citizendium et l&apos;enthousiasme</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Pendant que des abrutis ordinaires   c&apos;est-à-dire diplômés et vaccinés   n&apos;ayant jamais lu Philip K. Dick persistent à créer des start-up effrayantes, certains se posent beaucoup de questions, comme ici Larry Sanger, apparemment pas moins gourou ni mégalomane que la palanquée de dingues (plus ou moins doux) ayant progressivement inventé le web, mais gourou d&apos;une secte assez enthousiasmante, bien qu&apos;au nom à coucher dehors : Citizendium.


C&apos;est évidemment, au moins en partie, pensé comme une réponse à l&apos;imbécillité démagogique constatée de Wikipédia (dont Sanger est l&apos;un des fondateurs déçus). Je suis très intéressé par ce projet, par sa réalisation future en français. Je me suis donc inscrit ; ce n&apos;est pas automatique du tout, et ce n&apos;est pas plus mal. Je compte y faire des traductions.


Travailler pour une encyclopédie en ligne, pourquoi ? Pas pour soi-même, bien sûr, mais parce qu&apos;on a un peu chevillée au corps l&apos;idée de... progrès de l&apos;humanité. Sans doute... C&apos;est grandiloquent, et probablement un peu idiot. Mais je n&apos;ai jamais perdu cet enthousiasme béat pour tous les projets du même genre, Wikipédia inclus, au tout début, bien sûr. Tout ce qui titille l&apos;intelligence, même celle des cons, vaut mieux qu&apos;un comparateur de prix ou qu&apos;un site de « coffre-fort numérique » (je ne donne pas de nom, cherchez, vous trouverez, et vous pleurerez de rage devant l&apos;étendue du désastre et la puissance de cette idée dégueulasse dont ne tarderont pas à se servir vos patrons, vos propriétaires et vos banquiers).


Les discussions, sur Citizendium, sont d&apos;un niveau largement supérieur et civilisé. L&apos;égalitarisme aveugle n&apos;est plus de mise. Tant mieux. Le web a largement démontré, depuis quinze ans et les toutes premières pages « personnelles », l&apos;inanité de cet aplatissement de force.


Lisez donc cette intéressante discussion entre Sanger et plusieurs de ses collaborateurs, à propos du wording de l&apos;appel à contribution de la page d&apos;accueil. Pas mal, non ? « Ça se pignole quand même un peu pour que dalle ! », remarquerait, de prime abord, le boute-en-train de base. Mais... Quelque chose de crucial se joue : c&apos;est le basculement du projet, de son statut premier, idéal et abstrait, vers celui de production concrète, basculement s&apos;effectuant dans la douleur immémoriale qu&apos;implique la perte des idéaux. Sanger est dans ce débat seul contre tous, et de mon point de vue c&apos;est lui qui a raison contre à peu près tous, mais il se range   non sans grommeler   à l&apos;avis de sa majorité, car c&apos;est une majorité qualifiée. On sent bien que ça lui arrache un peu la gueule, qu&apos;il va plusieurs fois devoir batailler ferme contre l&apos;esprit corporate de son projet, qui risque un peu de lui échapper... Mais participer à une telle aventure est assez motivant. Voici, au moins sur le papier (idiotisme anachronique, en l&apos;occurrence), une encyclopédie en ligne qui place l&apos;accent sur la qualité de l&apos;écriture, met en place de solides garde-fous contre les analphabètes et/ou les vendeurs de soupe, interdit formellement d&apos;utiliser le moindre jargon débilitant à base d&apos;acronymes, réduit intelligemment le nombre de liens hypertextes...


À suivre, donc.

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/citizendium-et-l-enthousiasme"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/citizendium-et-l-enthousiasme</id>
		<issued>2009-04-16T17:53:55Z</issued>
		<modified>2009-04-16T18:03:12Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Pendant que des abrutis ordinaires — c'est-à-dire diplômés et vaccinés — n'ayant jamais lu Philip K. Dick persistent à créer des start-up effrayantes, certains se posent beaucoup de questions, comme ici <a href="http://blog.citizendium.org/2008/08/21/how-to-keep-google-from-making-us-stupid/">Larry Sanger</a>, apparemment pas moins gourou ni mégalomane que la palanquée de dingues (plus ou moins doux) ayant progressivement inventé le web, mais gourou d'une secte assez enthousiasmante, bien qu'au nom à coucher dehors&#160;: <a href="http://en.citizendium.org/">Citizendium</a>.</p>
<p>C'est évidemment, au moins en partie, pensé comme une réponse à l'imbécillité démagogique constatée de Wikipédia (dont Sanger est l'un des fondateurs déçus). Je suis très intéressé par ce projet, par sa réalisation future en français. Je me suis donc inscrit&#160;; ce n'est pas automatique du tout, et ce n'est pas plus mal. Je compte y faire des traductions.</p>
<p>Travailler pour une encyclopédie en ligne, pourquoi&#160;? Pas pour soi-même, bien sûr, mais parce qu'on a un peu chevillée au corps l'idée de... <i>progrès</i> de l'humanité. Sans doute... C'est grandiloquent, et probablement un peu idiot. Mais je n'ai jamais perdu cet enthousiasme béat pour tous les projets du même genre, Wikipédia inclus, au tout début, bien sûr. Tout ce qui titille l'intelligence, même celle des cons, vaut mieux qu'un comparateur de prix ou qu'un site de «&#160;coffre-fort numérique&#160;» (je ne donne pas de nom, cherchez, vous trouverez, et vous pleurerez de rage devant l'étendue du désastre et la puissance de cette idée dégueulasse dont ne tarderont pas à se servir vos patrons, vos propriétaires et vos banquiers).</p>
<p>Les discussions, sur Citizendium, sont d'un niveau largement supérieur et civilisé. L'égalitarisme aveugle n'est plus de mise. Tant mieux. Le web a largement démontré, depuis quinze ans et les toutes premières pages «&#160;personnelles&#160;», l'inanité de cet aplatissement de force.</p>
<p>Lisez donc cette <a href="http://en.citizendium.org/wiki/Talk:Welcome_to_Citizendium#Questionable_sentence_on_the_Main_Page">intéressante discussion</a> entre Sanger et plusieurs de ses collaborateurs, à propos du <i>wording</i> de l'appel à contribution de la page d'accueil. Pas mal, non&#160;? «&#160;Ça se pignole quand même un peu pour que dalle&#160;! », remarquerait, de prime abord, le boute-en-train de base. Mais... Quelque chose de crucial se joue&#160;: c'est le basculement du projet, de son statut premier, idéal et abstrait, vers celui de production concrète, basculement s'effectuant dans la douleur immémoriale qu'implique la perte des idéaux. Sanger est dans ce débat seul contre tous, et de mon point de vue c'est lui qui a raison contre à peu près tous, mais il se range — non sans grommeler — à l'avis de sa majorité, car c'est une majorité <i>qualifiée</i>. On sent bien que ça lui arrache un peu la gueule, qu'il va plusieurs fois devoir batailler ferme contre l'esprit <i>corporate</i> de son projet, qui risque un peu de lui échapper... Mais participer à une telle aventure est assez motivant. Voici, au moins sur le papier (idiotisme anachronique, en l'occurrence), une encyclopédie en ligne qui place l'accent sur la qualité de l'écriture, met en place de solides garde-fous contre les analphabètes et/ou les vendeurs de soupe, interdit formellement d'utiliser le moindre jargon débilitant à base d'acronymes, réduit intelligemment le nombre de liens hypertextes...</p>
<p>À suivre, donc.</p>]]></content>
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	<entry>
		<title>Merci à Desproges, Gainsbourg et Miossec</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">« Mais on s&apos;en fout, de la clochette des livres-disques, putain, on est pas Philippe Delerm ! »


Voilà ce que je viens de me dire, en même temps que j&apos;effaçais une première phrase qui ne promettait rien de bon. C&apos;est qu&apos;hier soir, avec A., le gai lusitanien de la place Péreire, et D., le non moins gai dionysien du boulevard Richard-Lenoir, on a parlé de ça, chacun dans son fauteuil, je vais vous décrire ces trois fauteuils, parce qu&apos;ils valent le détour : le premier, je suis assis dessus, a subi longtemps les assauts griffus d&apos;un chat, et il s&apos;en ressent, ressemble à un théâtre d&apos;opérations libanais ; le deuxième, A. est assis dessus, est en cuir, de forme élancée, triangulaire, la base du triangle sous les genoux, le sommet (la pointe) derrière le cul de l&apos;impétrant, l&apos;impétrant étant le type qui a décidé de s&apos;y asseoir, fauteuil donc en quelque sorte ouvert, projeté vers un avenir qui ne peut être que grandiose, un peu socialiste donc le fauteuil bien qu&apos;acheté trop cher dans un supermarché pour bourgeois sans imagination, socialiste et un peu espagnol, avec son petit cul pour éviter les coups de corne ; le troisième fauteuil, plus rigide, plus petit, presque minable en comparaison de l&apos;objet moderne susdécrit, est une vieillerie en bon état, datant de Louis XV, D. est assis dessus, je l&apos;ai récupéré chez ma grand-mère (le fauteuil), qui habite dorénavant dans une maison de retraite (ma grand-mère), ce qui nous ramène à la cruauté et à l&apos;individualisme régnant dans nos sociétés où les vieux doivent être rangés quand ils ne servent plus. Je mets ici un point pour ne pas être taxé once more de pédantisme avec mes phrases trop longues. Les gens aiment lire des choses simples. Nous devisions donc allégrement, tous les trois campés dans nos fauteuils, dégustant de somptueuses pâtes à la Calvus-Mons (dinde, moutarde, crème fraîche, miel, muscade, poivre...), de Walt Disney, en fait de nos respectives premières séances de cinéma, qui dans deux cas sur trois avaient sans doute été des dessins animés de ce gros con de Walt. Je situais ça en ce qui me concerne aux alentours de la reprise de Pinocchio dont l&apos;encyclopédie que vous savez m&apos;informe qu&apos;elle eut lieu en avril 1978, j&apos;avais quatre ans, c&apos;est donc peu probable, était-ce plutôt Cendrillon ? En tout cas c&apos;est de Pinocchio que j&apos;avais le livre-disque, avec le son de clochette et la grosse baleine Monstro. Et cette angoisse de mort...


Et c&apos;est vrai qu&apos;a posteriori je m&apos;effraie un tantinet : j&apos;ai bien failli pondre dix ou quinze lignes sur la clochette des livres-disques, celle qui indiquait au môme qu&apos;il fallait tourner la page. Il y a un enculé de Philippe Delerm en chacun de nous, qu&apos;il convient de réduire au silence à intervalles plus ou moins réguliers. En général, c&apos;est quand on n&apos;a rien de bon à écrire, mais qu&apos;on a quand même envie, comme d&apos;uriner entre deux voitures dans un parking souterrain, histoire de participer au festival de l&apos;âcreté. Il n&apos;y a aucune raison pertinente pour m&apos;empêcher de déverser le fascinant contenu de ma vessie entre une BMW série 7 et une Peugeot 504 rouillée si dans les heures précédentes vingt-deux connards (en short ou pas, là n&apos;est pas la question) ont cru judicieux de le faire avant moi.


La nostalgie, camarade ! Crachons (dessus) veux-tu bien ?

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/merci-a-desproges-gainsbourg-et-miossec"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/merci-a-desproges-gainsbourg-et-miossec</id>
		<issued>2009-04-09T14:04:49Z</issued>
		<modified>2009-04-09T14:28:54Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">«&#160;Mais on s'en fout, de la clochette des livres-disques, putain, on est pas Philippe Delerm&#160;! »</p>
<p>Voilà ce que je viens de me dire, en même temps que j'effaçais une première phrase qui ne promettait rien de bon. C'est qu'hier soir, avec A., le gai lusitanien de la place Péreire, et D., le non moins gai dionysien du boulevard Richard-Lenoir, on a parlé de ça, chacun dans son fauteuil, je vais vous décrire ces trois fauteuils, parce qu'ils valent le détour&#160;: le premier, je suis assis dessus, a subi longtemps les assauts griffus d'un chat, et il s'en ressent, ressemble à un théâtre d'opérations libanais&#160;; le deuxième, A. est assis dessus, est en cuir, de forme élancée, triangulaire, la base du triangle sous les genoux, le sommet (la pointe) derrière le cul de l'impétrant, l'impétrant étant le type qui a décidé de s'y asseoir, fauteuil donc en quelque sorte ouvert, <i>projeté</i> vers un avenir qui ne peut être que grandiose, un peu socialiste donc le fauteuil bien qu'acheté trop cher dans un supermarché pour bourgeois sans imagination, socialiste et un peu espagnol, avec son petit cul pour éviter les coups de corne&#160;; le troisième fauteuil, plus rigide, plus petit, presque minable en comparaison de l'objet moderne susdécrit, est une vieillerie en bon état, datant de Louis XV, D. est assis dessus, je l'ai récupéré chez ma grand-mère (le fauteuil), qui habite dorénavant dans une maison de retraite (ma grand-mère), ce qui nous ramène à la cruauté et à l'individualisme régnant dans nos sociétés où les vieux doivent être rangés quand ils ne servent plus. Je mets ici un point pour ne pas être taxé <i>once more</i> de pédantisme avec mes phrases trop longues. Les gens aiment lire des choses simples. Nous devisions donc allégrement, tous les trois campés dans nos fauteuils, dégustant de somptueuses pâtes à la Calvus-Mons (dinde, moutarde, crème fraîche, miel, muscade, poivre...), de Walt Disney, en fait de nos respectives premières séances de cinéma, qui dans deux cas sur trois avaient sans doute été des dessins animés de ce gros con de Walt. Je situais ça en ce qui me concerne aux alentours de la reprise de <i>Pinocchio</i> dont l'encyclopédie que vous savez m'informe qu'elle eut lieu en avril 1978, j'avais quatre ans, c'est donc peu probable, était-ce plutôt <i>Cendrillon</i> ? En tout cas c'est de <i>Pinocchio</i> que j'avais le livre-disque, avec le son de clochette et la grosse baleine Monstro. Et cette angoisse de mort...</p>
<p>Et c'est vrai qu'<i>a posteriori</i> je m'effraie un tantinet&#160;: j'ai bien failli pondre dix ou quinze lignes sur la clochette des livres-disques, celle qui indiquait au môme qu'il fallait tourner la page. Il y a un enculé de Philippe Delerm en chacun de nous, qu'il convient de réduire au silence à intervalles plus ou moins réguliers. En général, c'est quand on n'a rien de bon à écrire, mais qu'on a quand même envie, comme d'uriner entre deux voitures dans un parking souterrain, histoire de participer au festival de l'âcreté. Il n'y a aucune raison pertinente pour m'empêcher de déverser le fascinant contenu de ma vessie entre une BMW série 7 et une Peugeot 504 rouillée si dans les heures précédentes vingt-deux connards (en short ou pas, là n'est pas la question) ont cru judicieux de le faire avant moi.</p>
<p>La nostalgie, camarade&#160;! Crachons (dessus) veux-tu bien&#160;?</p>]]></content>
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		<title>Nobody of importance, ça sonne tout de suite un peu eugéniste...</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Lorsqu&apos;on écrit sur un blog dans un état second (absorption de drogues légales ou non, chute soudaine dans l&apos;état amoureux, etc.), on oublie complètement l&apos;impératif ordinaire de discrétion qui nous force à nous autocensurer sur nombre de sujets, afin de ménager la susceptibilité de nos lecteurs, tant que c&apos;est possible.


Or dans la nuit du 12 au 13 mars j&apos;ai écrit dans un état second un résumé de ma vie chaotique depuis huit ans qui a suscité un commentaire rageur, écrit par quelqu&apos;un que je connaissais forcément (un commentaire du genre amitié trahie), mais qui gardait l&apos;anonymat. Et je n&apos;ai compris qu&apos;hier, incidemment, qui c&apos;était. Je comprends pourquoi cette personne a pu être blessée. Les « non-discussions interminables » ? C&apos;est vrai, j&apos;ai passé des moments pénibles, l&apos;été dernier, à subir ces assauts à peine voilés de bellicisme viril mal assumé, assauts peut-être incontrôlés, inconscients, mais réels et permanents, que lui a probablement oubliés, tant je suppose qu&apos;ils lui étaient naturels, consubstantiels, en ma compagnie. En gros, je l&apos;insupportais. D&apos;ailleurs, quelques semaines plus tard, sa haine trop longtemps rentrée explosait enfin à Paris, dans une scène de vaudeville où un ras-le-bol paranoïde avait fait office d&apos;étincelle salutaire.


Depuis, plus de nouvelles, et il semble m&apos;éviter avec conscience, ce que je comprends tout à fait. S&apos;il me lit aujourd&apos;hui, et si je ne me trompe pas de personne, qu&apos;il sache qu&apos;il s&apos;est néanmoins trompé, lui, sur mes intentions avec ce texte. Si je n&apos;ai pas cru bon y énumérer tous les gens intéressants que j&apos;ai rencontrés pendant ces huit ans (et dont il fait indéniablement partie), ce n&apos;était pas par manque de place mais simplement que j&apos;avais envie de signifier par ce biais maladroit à une seule de ces personnes la force de mon attachement à elle. En gros, il s&apos;agissait de faire comprendre à quelqu&apos;un que je l&apos;aimais, sans le dire clairement, par peur de la bousculer. Et pour ne pas le dire trop clairement, j&apos;ai donc ajouté dans mes rencontres importantes de cette longue période le seul G., un ami véritable, bien qu&apos;il n&apos;ait, pas plus que le susdit homme blessé, changé ma vie ; dans le fond, seul l&apos;aveu de mon affection pour cette only one avait du sens. Alors, les autres, tous les autres, depuis 2001, je l&apos;ai écrit et je le répète : nobody of importance, en effet, dans ma vie actuelle. Par « importance », j&apos;entends beaucoup de choses fondamentales que seule, disons, la femme de ma vie serait capable de m&apos;apporter.


Que les vrais amis rencontrés en 2003 notamment, P., S., n&apos;en prennent pas ombrage   je sais qu&apos;ils n&apos;en ont pas pris ombrage. Enfin, je l&apos;espère ! Et je me rends compte à l&apos;instant de la réaction qu&apos;aurait pu avoir M., rencontré en 2002 et qui a, lui, changé ma vie... Oublié en effet, je ne sais pas pourquoi.


Quant à l&apos;homme blessé, donc, L. (c&apos;est bien ça ?), qui s&apos;est senti trahi, il a eu en effet une certaine importance dans ma vie, mais il a choisi de ne plus en avoir à la fin de l&apos;été dernier. Je ne vois donc pas très bien ce qu&apos;il peut me reprocher à propos de ce texte, puisque je pensais la relation soldée.


Il faut croire qu&apos;elle ne l&apos;était pas vraiment...

</summary>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://60millions.viabloga.com/news/nobody-of-importance-ca-sonne-tout-de-suite-un-peu-eugeniste"/>
		<id>http://60millions.viabloga.com/news/nobody-of-importance-ca-sonne-tout-de-suite-un-peu-eugeniste</id>
		<issued>2009-04-07T17:05:16Z</issued>
		<modified>2009-04-07T17:14:09Z</modified>
		<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="fr" xml:base="http://60millions.viabloga.com"><![CDATA[<p class="lettrine">Lorsqu'on écrit sur un blog dans un état second (absorption de drogues légales ou non, chute soudaine dans l'état amoureux, etc.), on oublie complètement l'impératif ordinaire de discrétion qui nous force à nous autocensurer sur nombre de sujets, afin de ménager la susceptibilité de nos lecteurs, tant que c'est possible.</p>
<p>Or dans la nuit du 12 au 13 mars j'ai écrit dans un état second un résumé de ma vie chaotique depuis huit ans qui a suscité un commentaire rageur, écrit par quelqu'un que je connaissais forcément (un commentaire du genre <i>amitié trahie</i>), mais qui gardait l'anonymat. Et je n'ai compris qu'hier, incidemment, qui c'était. Je comprends pourquoi cette personne a pu être blessée. Les «&#160;non-discussions interminables&#160;» ? C'est vrai, j'ai passé des moments pénibles, l'été dernier, à subir ces assauts à peine voilés de bellicisme viril mal assumé, assauts peut-être incontrôlés, inconscients, mais réels et permanents, que lui a probablement oubliés, tant je suppose qu'ils lui étaient naturels, consubstantiels, en ma compagnie. En gros, je l'insupportais. D'ailleurs, quelques semaines plus tard, sa haine trop longtemps rentrée explosait enfin à Paris, dans une scène de vaudeville où un ras-le-bol paranoïde avait fait office d'étincelle salutaire.</p>
<p>Depuis, plus de nouvelles, et il semble m'éviter avec conscience, ce que je comprends tout à fait. S'il me lit aujourd'hui, et si je ne me trompe pas de personne, qu'il sache qu'il s'est néanmoins trompé, lui, sur mes intentions avec ce texte. Si je n'ai pas cru bon y énumérer tous les gens intéressants que j'ai rencontrés pendant ces huit ans (et dont il fait indéniablement partie), ce n'était pas par manque de place mais simplement que j'avais envie de signifier par ce biais maladroit à <i>une seule</i> de ces personnes la force de mon attachement à elle. En gros, il s'agissait de faire comprendre à quelqu'un que je l'aimais, sans le dire clairement, par peur de la bousculer. Et pour ne pas le dire trop clairement, j'ai donc ajouté dans mes rencontres importantes de cette longue période le seul G., un ami véritable, bien qu'il n'ait, pas plus que le susdit <i>homme blessé</i>, changé ma vie&#160;; dans le fond, seul l'aveu de mon affection pour cette <i>only one</i> avait du sens. Alors, les autres, tous les autres, depuis 2001, je l'ai écrit et je le répète&#160;: <i>nobody of importance</i>, en effet, dans ma vie actuelle. Par «&#160;importance&#160;», j'entends beaucoup de choses fondamentales que seule, disons, la femme de ma vie serait capable de m'apporter.</p>
<p>Que les vrais amis rencontrés en 2003 notamment, P., S., n'en prennent pas ombrage — je sais qu'ils n'en ont pas pris ombrage. Enfin, je l'espère&#160;! Et je me rends compte à l'instant de la réaction qu'aurait pu avoir M., rencontré en 2002 et qui <i>a</i>, lui, changé ma vie... Oublié en effet, je ne sais pas pourquoi.</p>
<p>Quant à <i>l'homme blessé</i>, donc, L. (c'est bien ça&#160;?), qui s'est senti trahi, il a eu en effet une certaine importance dans ma vie, mais il a choisi de ne plus en avoir à la fin de l'été dernier. Je ne vois donc pas très bien ce qu'il peut me reprocher à propos de ce texte, puisque je pensais la relation soldée.</p>
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		<title>An 01</title>
		<author>
		<name>60millions</name>
		</author>
		<summary type="text/plain">Ce n&apos;est pas tant le secteur tertiaire qui est le problème, que la certitude de certains qu&apos;ils y font un travail utile. Sans un minimum de distance par rapport à leur emploi de bureau, l&apos;attachée de presse, le directeur d&apos;agence bancaire, le journaliste culturel, la secrétaire de direction, l&apos;assureur, le traducteur technique, la directrice du développement, l&apos;administrateur réseaux, le comptable, le commercial junior, la chef de ventes senior et/ou la standardiste ne sont plus voués qu&apos;à l&apos;aveuglement plus ou moins béat qui précède de peu l&apos;extinction de toute sensibilité, de toute... intelligence, puisqu&apos;il faut bien ici employer le mot.

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