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Chansons phallocrates
J'écoute Tiny Girls d'Iggy Pop et je me pense que la chanson est magnifique, que je m'en sens enveloppé, réconforté. Je n'écoute pas les paroles, j'entends juste « When you only want just the tiny girls ». Je ressens une frustration chez le chanteur, des regrets. En même temps que j'apprécie le shuffle, moi qui n'aime pas trop ça en général, et puis le saxophone, je me demande à cause de l'épithète tiny et du sentiment d'amertume qui se dégage de la voix d'Iggy (« and what did you think? ») si ce n'est pas un peu déviant de parler des filles comme ça, si on a encore la possibilité d'apprécier une œuvre qui dit ça. Si ce n'est pas trop réducteur comme message. Comme analyse. Comme posture.
(M'inspire ça bien sûr le commissaire politique qui est en moi, et que je n'ai pas encore réussi à réduire au silence total, bien que j'y travaille. Il essaye de me pourrir un peu la vie, et se manifeste sur des sujets apparemment dénués d'intérêt. Mais c'est de bonne guerre. Et je gagne toujours à la fin.)
Après, sur le disque, il y a Mass Production qui est un morceau étrange, subjuguant. Avant, il y avait China Girl, qui n'appartient pas à Bowie.
(Mince, revoilà le commissaire de la pensée : il m'explique que de toute façon aucune fille, chinoise ou pas, ne doit appartenir à un homme. Je lui rétorque, un peu agacé maintenant, que personne ne doit appartenir à personne, d'accord, mais lui demande : est-ce que c'est bien le problème de l'heure ?)
Vraiment The Idiot est un grand grand disque, et qui porte bien son nom, tiens.
I'd stumble into town
Just like a sacred cow
Visions of swastikas in my head
And plans for everyone
It's in the white of my eyes
My little china girl
You shouldn't mess with me
I'll ruin everything you are
I'll give you television
I'll give you eyes of blue
I'll give you men who want to rule the world
Tiens, china, ça veut dire porcelaine, au fait. (Le commissaire politique s'étrangle de fureur. La porcelaine est trop fragile, dit-il, c'est une métaphore désormais interdite. Je l'envoie aux toilettes voir si j'y suis.)
Nikita Calvus-Mons le 30/09/07 à 20 h 32 dans Musical-traître
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Commentaires
Tiens c'est vrai ça. Allez hop, au feu mon "Licensed to ill" et mon "Ill communication". D'ailleurs au feu les Beastie Boys. Et Rabbi Jacob. Et Sardou. Et Gainsbourg. Par contre faudrait peut-être faire deux bûchers différents là. A voir.
C. - 01.10.07 à 11:57 - # - Répondre -
← Re:
C'est très simple, le tri sélectif : dans une poubelle, tu inscris "Sardou-Goldman". Dans l'autre, tout le reste, qui brûle moins facilement.
60millions - 01.10.07 à 16:24 - # - Répondre -
Bon, voilà, j'ai résisté trois jours mais plus: China Girl appartient aussi à Bowie. The Idiot est co-écrit par Pop et Bowie avec la collaboration de Carlos Alomar. Epoque berlinoise. Ce qui ne veut pas dire que la version de China Girl de Pop ne soit pas meilleure que celle de Bowie (toutes ces doubles négations). Elle est bien plus sèche, plus drue, elle soulève les poils de l'avant-bras. Bowie a passé son coup de vernis par dessus. N'empêche, je l'aime aussi.
gc - 03.10.07 à 14:14 - # - Répondre -
← Re:
Oui je sais bien qu'elle a été co-écrite mais franchement (je l'ai écoutée juste après avoir écrit le texte, je crois même que je me suis forcé pour la première fois à la supporter en entier) cette version est vraiment lamentable. C'est plus que du vernis : de la pure variété avec tous les tics, seul l'amour de Ziggy peut t'aveugler à ce point. Il ne se passe rien dans la voix, aucune angoisse, alors que les paroles en charrient un max (et là-dedans Iggy est à la hauteur, c'est le moins qu'on puisse dire).
Bordel : quand Bowie se force à gueuler "it's in the white of my eyes" c'est insupportable d'affectation. Iggy le braille comme un enfant sorti du ventre de sa mère, affolé par la lumière du monde. C'est quand même autre chose...
La légende veut que Bowie ait enregistré sa version, dont il savait qu'elle allait cartonner, pour qu'Iggy puisse engranger quelques droits d'auteur, alors qu'il était dans une merde noire. C'est louable. Mais la musique... La faim justifie-t-elle les moyens ?
(Oui, ok.)
60millions - 03.10.07 à 16:16 - # - Répondre -
← Re:
Le plus grand talent de Bowie est sans doute d'avoir sauvé et pillé ces grands animaux malades qu'étaient Louride et Iggy. On peut trouver chiant le Bowie berlinois, mais il a quand même produit Transformer, Raw Power, Lust for Life et the Idiot. On peut largement lui pardonner son épisode Nile Rogeresque, d'autant que le riff de Let's dance est monstrueux et que je défie quiconque d'écouter Modern Love sans se souvenir de ce voyage linguistique en URSS qui nous permit de constater la beauté franche de la vodka et celle - brune, courte, inaccessible - d'Anne P. qui préférait Tears for Fears.
Putain, Tears for Fears.
Raw Power Bibelot - 09.10.07 à 01:45 - # - Répondre -