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60 millions de social-traîtres II

« Chaque homme sait, au fond de lui, qu'il n'est qu'un tas de merde sans intérêt. » (Valerie Solanas)

samedi 04 mai 2013

Death in June, Diabologum, Suicide

Il y a un moment où le traducteur, conscient de l'imperfection ontologique (et vlan !) de sa tâche, abandonne tout espoir. Quand il entend ces deux voix, celle de la femme d'abord, qui dit d'une voix diaphane qu'elle aime la mer par-dessus tout — croit-elle — bien qu'elle en ait peur, puis celle de l'homme, qui lui répond que nous avons sans doute tous un peu peur de ce que nous aimons (d'aimer ?), il bute, il s'entête, il s'irrite : il y a ce I guess... Ce foutu et sublime I guess qui contamine toutes les traductions françaises de romans noirs, blancs, fluorescents, claudiquants surtout :

Je suppose... Je crois... J'imagine...

Non, cela ne convient pas toujours... Cela atténue ou renforce trop. Pas sorti de l'auberge, le traducteur perfectionniste. C'est un artisanat pathogène, si l'on y pense trop.

Alors le traducteur arrête d'écouter ce morceau de Death in June dont il ne pourra pas communiquer l'élément sublime à ceux de ses lecteurs qui ne comprennent nib à l'anglais.

Et il écoute alors un morceau de rock français. N'oubliant jamais la sentence méchante et lucide de John Lennon : le rock français, c'est comme le vin anglais. Bien sûr. Mais Diabologum, le traducteur n'en connaît pas d'équivalent anglo-saxon.

La post-avant-garde cassera les prix mais jamais l'ambiance

Le traducteur se paye de mots. Comment faire autrement ? Du tube post-punk des Chameleons il retient autant l'ampleur de la guitare et la noirceur chaude de la voix que les paroles, là encore pondues par un poète. Et le traducteur retombe en désespoir : cette langue est trop puissante, trop concentrée. There must be something wrong, boys.

Qu'aurait fait le traducteur en 1942 ? Il n'aurait pas levé le petit doigt. Il est déjà lourdement incapable de lutter en 2013 contre la nouvelle lingua franca : à vrai dire il en vit. Il collabore avec l'occupant, qui pourtant ne le menace pas de la moindre torture ou mort subite. Parfois Lingua F. le déprime, elle est souvent très laide, trop rouged (fardée), c'est une langue qui si souvent fait la pute ! Si souvent !

Quand elle s'arrête de vouloir vendre des choses, elle peut toucher à la quintessence poétique. Grandaddy, si cela n'émouvait personne, ce serait, comment dire ? Mauvais signe, non ?

Et ces doubles sens ! Can I come over tonight ? We could have a real cool time.

C'est Iggy Pop qui chantait ça. Un texte suintant l'obsession hormonale adolescente, répétitif, insistant. Extrêmement con quand on le traduit ? Mais justement, cela ne se traduit pas, le traducteur vous l'a bien dit, ou plutôt il a essayé, il ne sait plus... Venir chez sa copine pour lui mettre un coup, quoi. Come over : venir, puis venir (all over your tits). Le traducteur a dégoté une reprise du morceau par Half Japanese, groupe dont il ne savait rien. C'est 2.0, c'est moderne à en frissonner, c'est Grooveshark et ses suggestions plutôt malines. Malines ? Malignes ?

Regardez le cuistre se caresser, ici :

Le lexème « maline » ou sa variante au pluriel sont tout simplement introuvables sur un corpus de 22 œuvres allant de Marivaux à Proust.

Eh bien le traducteur, qui abhorre les cuistres, se servira du mot « maline », comme tout le monde. Une langue figée est une langue bientôt morte. Bien sûr le traducteur enfonce aussi des portes ouvertes (et se sert de clichés). Le français, ils voudraient le figer. Il y a des académies et des pisse-froid pour cela. L'anglais s'amuse, en face. Il domine largement. Filons la métaphore. C'est le Bayern München contre le FC Barcelona la semaine dernière. C'est McEnroe contre Borg en 1981. L'éternel combat de la jeunesse décomplexée contre la vieillesse qui sent la mort. Grooveshark est malin mais il ne veut pas notre perte. Du moins pas consciemment.

Pourquoi donc des Français n'écriraient-ils pas en anglais, après tout ? Quand c'est fait comme chez le Married Monk, le traducteur s'incline. Traducteur à qui sa mémoire souffle que l'artiste serait tout de même anglophone de naissance, un peu, sur les bords. Mais sa mémoire lui joue sans doute des tours. Il s'appelle Christian Quermelet, le chanteur. Pas très anglais, certes... (Pendant qu'il y est, le traducteur informe Grooveshark — il le fait vraiment, par un autre canal que ce blog d'élite — que la version de Roma Amor annoncée comme faisant partie de l'album studio R/O/C/K/Y n'est pas la bonne : Grooveshark ne propose la chanson qu'enregistrée en concert par Bernard Lenoir pour France Inter. Celle que le lecteur de ces lignes écoute peut-être en ce moment.)

Et puis on a fini pour la semaine. Le traducteur n'a pas envie d'essayer de rendre en français les lyrics d'Antipop Consortium, cela les affadirait de manière criminelle :

Shark-infested water
Message in a bottle
No man is an island
Individual visual MC
Me I love life

« Il y aussi le rap français», pense alors le traducteur. Mais il ne faut quand même pas se foutre de la gueule du monde.

Don Calvus à 21 h 04 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mercredi 24 avril 2013

Danzig, Dälek, New Order et les Ramones

Avant de vous entretenir, dans un prochain pensum, de la langue du IIIe Reich (telle que théorisée, observée, analysée, sous le sigle « LTI » par Klemperer), ce message à caractère informatif :

J'ai, vous le constatez, intégré une radio sur ce site. Enfin, une radio. Une liste de douze morceaux, plutôt ; motorisée par Grooveshark. Je la mettrai à jour toutes les semaines, vous en serez informés. Quelques découvertes peut-être, des confirmations, des déclarations de guerre ; aucune concession en tout cas au moindre morceau qui ne trouve déjà sa place partout à la radio, à la télévision, sur le web.

De la musique pop qui traverse en dehors des clous, le plus souvent, je crois. Ne vous laissez pas abuser par le jeu débile, très art brut, de Palmolive (Paloma Romero, Espagnole farouche, sans doute, mais peu douée de ses mains, ayant métronomé également avec les Slits), la batteuse des Raincoats : attendez le refrain, sublime. Ô miracle ! il revient plusieurs fois. C'est que c'est un refrain.

À la version geignarde et rabâchée de Gary Jules, préférez la rendition originale du Mad World de Tears for Fears, quelques années avant que, la tête gonflée par la gloire, le duo produise ses hymnes Shout ou Sowing the Seeds of Love.

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I ever had

« Les rêves dans lesquels je meurs sont les plus beaux que j'ai jamais faits... » Si ce vers splendide pouvait faire taire tous les Soral (Soraux ?) incultes du monde... Ceux qui n'hésitent jamais à abuser du cliché « Les textes des chansons anglaises sont pathétiques, regarde les Beatles, c'est consternant : Love, love me do, you know I love you. » Oui, ça l'est, mais il n'y a pas que les Beatles, imbécile.

Don Calvus à 04 h 28 dans Musical-traître - Lien permanent - 3 commentaires

jeudi 07 mars 2013

Flight of the Conchords, rois de l'humour référencé

En deux épisodes, Flight of the Conchords m'a emballé pour de bon. Pas que je fusse très hésitant : les cinq premiers excellaient déjà dans ce mélange pointu de comédie parodique et de dépression masquée qu'incarnaient pathétiquement Bret (« Brit », avec l'accent néo-zélandais, qui est important) et Jemaine, sans oublier leur incroyable « manager » Murray dont le coup d'éclat, jusqu'ici, aura consisté à vendre un morceau du duo à un éditeur de cartes de vœux musicales ! (Sans qu'ils se choisissent un autre manager, bien que le type gère son agenda avec un Commodore 64. Là est le génie de la série : ce sont des faibles, des trop gentils, dont tout le talent et tout l'appétit de vivre sont concentrés dans les chansons. Leur vie quotidienne est un désastre.)

Mais le sixième épisode invoque le fantôme de Bowie à trois reprises (dans l'ordre : Ziggy Stardust, le Major Tom de Ashes to Ashes et le personnage que joue le chanteur dans l'obscur film Labyrinthe, réalisé par le créateur du Muppet Show) et rien que pour ça il vaut déjà le détour. Mine de rien, ces deux jeunes insolents se moquent ici d'un géant, probablement l'un des dieux — si ce n'est le Zeus — de leur adolescence. Évidemment, je me suis demandé si pour quelqu'un qui n'aurait aucune connaissance de ces disques (ça existe, bien sûr ; tout existe), le finale de l'épisode, condensé ahurissant — et délicatement satirique — de tout l'univers spatial de Bowie, possédait un quelconque intérêt. Je pense que non. Ce n'est toutefois pas mon problème, car je connais ces disques, pas par cœur, mais assez pour être à la fois ému et plié en quatre à la vision du détournement par Flight of the Conchords, ce duo d'érudits pop, de l'œuvre hallucinée — le Major Tom était en effet un drogué — d'un de leurs maîtres.

Quant au septième épisode de cette première saison de la série, il est une variation point très originale mais parfaitement menée (avec même un twist final digne de, allez, Hitchcock, soyons fou), et désopilante, comme dirait ma grand-mère, sur le thème du racisme, qui me fait toujours autant rigoler.

Ce qui me permet de faire le lien avec Ricky Gervais, peu avare sur ce plan-là (quelques scènes d'Extras, son excellente série sur les acteurs en galère, mettent les pieds dans le plat avec le génie qu'on lui connaît depuis The Office). Murray, en effet, le manager foireux du duo néo-zélandais (incarné par Rhys Darby), est le cousin germain de l'ineffable, oui, l'ineffable, comme dirait mon grand-père, David Brent.

Don Calvus à 06 h 42 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 27 octobre 2009

Massacrer Robert Wyatt est un plaisir de bourgeois satisfait

Je n'ai jamais été « fan » de Taxi Girl. En 1979, j'avais cinq ans et j'écoutais la Marche turque de Mozart en boucle ; le quarante-cinq tours fourré dans un étrange appareil désuet qu'on appelait, très chers lecteurs impubères, un mange-disque1.

C'est pourquoi je regarde avec un mépris total le cirque des hypocrites de ma génération se gargarisant du génie maudit de Daniel Darc, dont je ne sais que trois choses :

1/ il a l'air sympathique et perdu ;

2/ son Cherchez le garçon fait parfaitement l'affaire dans les soirées d'appartement françaises, entre un gâteau au chocolat trop cuit, une lampée de champagne acide et deux autres morceaux de new wave, mettons A Forest de Cure (coupé avant la fin par une conne qui veut danser) et Marcia baila des Rita Mitsouko (coupé avant la fin par un con qui n'aime pas la variété) ;

3/ son come-back est, hélas, une pantalonnade de la pire espèce.

Hier soir, Daniel Darc est arrivé sur la scène du bourgeois théâtre Marigny, où un hommage était rendu à Robert Wyatt par l'« Orchestre national de jazz » (peut-on faire plus pompeux ?). Darc a débarqué sur la scène en lunettes noires, et en titubant. Il a ensuite « chanté » O Caroline, d'une voix plus qu'hésitante et nasillarde, sur le tapis de jazz soft et chiant que déroulait le batteur avec ses balais ; batteur (Yoann Serra) par ailleurs excellent toute la soirée, mais je n'ai jamais pu saquer les balais ni le jazz mou.

Daniel Darc s'est insulté, hier soir. Il a joué à son tour le rôle connu de l'ancien punk ayant frôlé la mort, en rédemption chez les bourgeois qu'il haïssait, ou hait encore, on ne sait pas. La récupération n'a jamais été aussi évidente qu'avec Daniel Darc. Convoquant (malgré lui ?) les fantômes de Gainsbourg et Bashung, comme Raphaël convoquera celui de Bowie après sa mort, il a fait son crooner et s'est vautré. Pendant toute cette torture, j'ai pensé aux enculés qui dans l'ombre manipulent Darc ; de toute évidence ce type-là aurait passé une soirée bien meilleure en restant alité avec une infirmière à domicile. Les gens qui font croire à ce mec qu'il a du génie aux seules fins de profiter de sa petite aura sont en effet des enculés. Management, maison de disques, tourneur : tous des enculés. D'ordinaires enculés, certes, dans le merveilleux cirque de l'industrie musicale...

À part la prestation honteuse de Darc (qui a même essayé avec l'énergie du désespoir, à la fin du morceau, de relancer le groupe à coups hésitants de scat pathétique — et y est arrivé, nous gratifiant d'une improvisation catastrophique à peine digne de garage rockers débutants), j'ai bien aimé la musique hier soir. Il faisait trop chaud, mais pendant le cocktail le champagne et les petits-fours étaient bons.

En voilà un qui n'est cependant pas aussi gentil que moi, et n'a pas tort :

Nous venons de voir ce concert. GROTESQUE. C'est le seul qualificatif qui me vienne à l'esprit. Les « artistes » ce soir se sont bien moqués de nous. La cerise sur le gâteau : Daniel Darc, ivrogne sans talent nous jouant la pire partition. Et le final d'autocongratulations interminable sans un mot ni merci pour Wyatt, la grande classe messieurs, ce soir vous avez trahi l'œuvre de celui que le public venait célébrer en vain. Plus jamais je n'irai revoir l'ONJ et par la même occasion je m'abstiendrai de remettre les pieds au théâtre Marigny, complice de ce désastre.

Il faut dire que quand on a payé sa place et que le type s'occupant de la « création vidéo » n'est même pas capable de brancher son ordinateur correctement sur le projecteur (écrans « bleus » en pagaille, et en dix mètres sur sept), on peut trouver ça irritant. Nous n'avions pas payé notre place — ce qui nous offrait le droit de prendre part au cocktail. Logique imparable.

D'accord, la musique était par moments intéressante. J'ai quand même cru que Wyatt était mort sans que je m'en sois aperçu : sa voix et sa « présence », annoncées sur le programme, n'étaient que des... enregistrements. Le jazz est depuis longtemps une musique de bourgeois morts et confits dans la graisse d'oie. Laissons-le à Pierre Lescure et Robert Hossein, boutiquiers gras et confits du théâtre Marigny.


1C'était comme une clé USB, mais ronde, et le port était vingt fois plus large, et la contenance de la clé atteignait 5 Mo par face (en 45 tours/minute), mais les convertisseurs analogique-numérique n'existaient pas, donc ce n'était pas comme une clé USB. Mais presque.

Nikita Calvus-Mons à 16 h 53 dans Musical-traître - Lien permanent - 3 commentaires

jeudi 22 octobre 2009

Adult rock, le retour

Il joue dans un groupe qui s'appelle Mersan, Dulac & Palmier. On dirait l'enseigne d'un cabinet de comptabilité. Des gens sérieux, pas le genre à s'appeler — histoire de dérider un peu l'atmosphère — Overdose de Collagène, ou Les Fentes, ou encore les Nazis de Mars. Le potache, ils ne connaissent pas. Du sérieux : du solo de guitare calibré, du tendre, de la violence contenue.

Mersan, Dulac & Palmier. Du rock pour adultes.

Nikita Calvus-Mons à 09 h 42 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

lundi 19 octobre 2009

Berlin : atonal, gouailleur, interlope, nazi, stalinien, subversif et hédoniste

Ayant passé des heures fébriles à en relire le manuscrit dès la mi-août, alors que les plages basques, à cinq cents mètres à peine, m'invitaient à fouler leur sable grossier de mes pieds calleux, je suis ravi de voir enfin sortir dans le commerce l'indispensable Berlin Sampler.

L'éditeur — Ollendorff & Desseins — mes lecteurs attentifs (et innombrables) le connaissent déjà : c'est le responsable de la série de philo illustrée « Le sens figuré », ayant déjà offert au monde hagard (avant leur lecture) puis ébloui (après) des ouvrages sur Foucault, Spinoza, Deleuze-Guattari et Nietzsche.

Ici, il s'agit de musique et d'histoire. Pas d'histoire de la musique, même si cela y ressemble fort. Plutôt de la confrontation entre une ville pivot de l'histoire et la musique qui s'y élabora tout au long du siècle de la mort, ayant apporté à Berlin successivement le dodécaphonisme, le nazisme, le communisme et le technominimalisme.

Ollendorff & Desseins a construit un site web pour l'occasion, sur lequel il est possible d'écouter quelques unes des musiques (des morceaux entiers, respect !) chroniquées dans le livre, qui se veut avant tout un guide musical (en allemand : Führer).

Le lecteur, logiquement inculte à un moment ou un autre de sa lecture (car qui peut s'enorgueillir, à part l'auteur Théo Lessour, de connaître à la fois Schönberg, Mania D, Claire Waldoff, Die Sputnik et WestBam ?), peut ainsi grâce aux extraits se rendre compte à l'oreille de quelle musique il est question dans le livre.

Seul petit bémol, qui ne concerne que le site web : le lecteur Fairtilizer choisi est assez illisible, très peu ergonomique, ou alors je suis totalement idiot. En tout cas, soyez-en sûr : le site regorge de morceaux de musique. Passez la souris sur le lecteur, et cliquez en haut à gauche sur le menu qui se déroule. Toute la playlist vous sera accessible. Elle vaut le coup. En fait, il y en a plusieurs, classées thématiquement, qui valent toutes le coup. Et sont bien sûr indissociables du texte de Théo Lessour, érudit total assez déroutant, aussi à l'aise en territoire atonal (Pierrot lunaire, qui ouvre le bouquin) qu'avec les poésies dadaïstes (lettristes ?) de Raoul Hausmann, la musique du Cuirassé Potemkine (matrice de la musique hollywoodienne, si j'ai bien tout saisi), la gouaille berlinoise de Claire Waldoff (à côté de laquelle Mistinguett fait figure de femme du monde, vocalement s'entend), le doo-wop des Comedian Harmonists, le rock politique, flirtant avec la bande à Baader, de Ton Steine Scherben, la pop déviante de Bowie et Eno, la musique industrielle de Neubauten ou encore les différents courants de ce qu'on appelle pour simplifier « techno » et qui rassemble des choses aussi radicalement opposées que la dance hédoniste de la Love Parade et le punk hardcore d'Atari Teenage Riot...

Bref, un livre excellent, inaugurant une collection de livres sur des villes « existant » en musique. Detroit est la prochaine sur la liste, et on peut imaginer, au vu de la ligne éditoriale annoncée par le Berlin, que New York et Manchester feraient des candidates sérieuses pour la suite. Nous verrons.

Quelques personal favorites of mine, dans l'ordre d'apparition (donc à peu près chronologique) :

Grete von Zieritz, Einsamkeit
Raoul Hausmann, K Perioum
Stefan Wolpe, Cinq marches caractéristiques 1
Kurt Weill & Bertold Brecht, Kanonen Song
Walter Ruttman, Week-end
Oskar Sala & Paul Hindemith, 7 Triostücken für 3 Trautonien
Claire Waldoff, Nach meine Beene ist ja janz Berlin verrückt
Barnabas von Geczy, Puszta Fox
Comedian Harmonists, Perpetuum Mobile
The Admirals, Puttin' on the Ritz
Caterina Valente & Silvio Francesco, Peppermint Twist
The Lords, Shakin' All Over
Hildegard Knef, Ich brauch' kein Venedig
Amon Düül, Im Garten Sandosa
Ton Steine Scherben, Rauch-Haus Song
Kluster, Electric Music and Text
Cosmic Jokers, Galactic Joke
Harmonia, Walky-Talky
Die Tödliche Doris, Der Tod ist ein Skandal
Abwärts, Computerstaat
Einstürzende Neubauten, Sehnsucht
Malaria!, Your Turn to Run
Liaisons dangereuses, Apéritif de la mort
Fad Gadget, Collapsing New People (Berlin Mix)
Dave Ball & Genesis P. Orridge, Muzak for Frogs
Matt Johnson, Three Orange Kisses from Kazan
Cowboy Temple & WestBam, This Is Not a Boris Becker Song
X-101, Rave New World
Round Five, Na Fe Throw It
Pole, Berlin
Ellen Allien, Funkenflug der Traume

S'il fallait (aujourd'hui) n'en choisir qu'un, ce serait l'Apéritif de la mort de Liaisons dangereuses et de son chanteur Krishna Goisneau, au destin depuis (presque) inconnu...

Nikita Calvus-Mons à 16 h 33 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mercredi 16 septembre 2009

Il préparait un nouvel album

« Tout allait bien, il préparait un nouvel album. »

Derrière cette phrase de l'avocat du « chanteur » mort, toute une misère quotidienne se cache, non ? Filip, trente-cinq ans, ancien fantasme érotique pour enfant femelle, en avait sans doute davantage dans le cerveau qu'on ne l'imagine à la lecture d'un des textes qu'il chantait avec ses comparses de 2 Be 3.

to be free or not to be
on s'est juré, juré
de toujours tout partager
oh yeah

Le Système (Da Evil System), par l'intermédiaire du directeur marketing d'une maison de disques, a choisi de faire de Filip, parmi une brassée d'autres beaux gosses, un jeune homme riche, sans l'informer des effets secondaires à moyen terme. Ce type a dû développer une sacrée haine de soi avec les années. Bon, ne tournons pas autour du pot : Filip a fait de la merde, s'est probablement enrichi instantanément — ce qui ne fait pas du bien —, a certainement sombré dans la drogue, qu'il maîtrisait plus ou moins. Il était en colocation, preuve qu'il a sniffé ou bu tous ses millions. Mais tout allait bien, il préparait un nouvel album.

Nikita Calvus-Mons à 19 h 15 dans Musical-traître - Lien permanent - 6 commentaires

mercredi 27 mai 2009

Mise en équation d'une soirée musicale à la Villette et divination footballistique

[Jesus & Mary Chain + Jesu + (Lounge Lizards / 3)] / 3
=
Jesus Lizard

&

FC Barcelone 6 - 4 Manchester United

(après prolongations)

Nikita Calvus-Mons à 14 h 51 dans Musical-traître - Lien permanent - 7 commentaires

mardi 05 mai 2009

Superlativement con (mais bon)

Ceci mérite un up. L'introuvable album éponyme d'Anus a été retrouvé, grâce au sympathique Thundard. Je l'écoute en ce moment, c'est une vraie madeleine synthétique. Elle me replonge en l'an de grâce (folle) deux mil trois. C'est un des disques que je passais au Politburo. La liste des titres est phénoménale :

Coin, coin !, discussion intergénérationnelle pénétrante entre un canard adulte, son fils et son père, sur trois octaves de Bontempi.

Cucu Dancing

Aqua Velva, un des trois morceaux « chantés » de l'opus, sur les joies matutinales procurées par la lotion après-rasage.

Bernard Menez, et son intro surréaliste : « Bonjour Mademoiselle ! », morceau expérimental où l'on retrouve avec bonheur le grand-père canard du morceau d'introduction.

Où es-tu mon petit anus ?, sans conteste le chef-d'œuvre du disque, sur le plan des paroles, puisque Rimbaud et Pierre Louÿs peuvent allègrement aller se rhabiller (refrain, chanté par une vraie-fausse gamine de 8 ans : « Où es-tu mon petit anus ? / Tu es parti en emportant ton secret / Sur la lune ou sur Uranus / Je ne t'oublierai jamais »).

Tata Vespa, chef-d'œuvre numéro deux, ode disco insurpassable à la mythique guêpe italienne, où l'on décèle (bien au fond) l'influence d'Antonin Artaud.

Yayaya !, délire stoogien de fin d'album, saturé, débile, jouissif.

Bref, un disque inégalable, qu'on peut récupérer sur le blog de Thundard.

Nikita Calvus-Mons à 13 h 25 dans Musical-traître - Lien permanent - 5 commentaires

vendredi 03 avril 2009

À Austin, ville rock pas mini

« Je t'aime mais j'ai choisi les ténèbres. » Quel nom de groupe superbe ! C'est pour ça qu'on préfère, au fond, le rock, même s'il ne finit plus de moisir dans les eaux troubles du marché, même s'il est devenu la musique insupportable d'une génération abrutie (ça va, c'est assez réac, ou je vous en remets une couche ?) : parce que dans aucune autre musique on ne soigne autant les détails esthétiques collatéraux. « Peut-être parce que la musique elle-même est plus faible ? », me susurre l'amateur de jazz, avec son écharpe cradingue, l'amateur féru de jazz dont on connaît par cœur les arguments élimés. Qu'il aille se faire cuire un œuf sur les seins blafards de Diana Krall (ou se fourre un saxophone — ténor — dans le fondement). I Love You but I've Chosen Darkness : rock sombre d'Austin, Texas. On peut s'en passer, comme de n'importe quelle chanteuse de jazz (à laquelle il est quand même agréable de coller quelques claques de temps à autre, vu qu'elle chante dans ce but : se prendre des claques de temps à autre). Mais quel nom !

Nikita Calvus-Mons à 19 h 19 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

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