60 millions de social-traîtres
Le sous-titre est un concept déviant.
De la beauté d'Ava Gardner, qui procure à l'auteur, arrivé au bout de son éjaculat argotique, l'occasion de se moquer de Juliette Binoche
Il y a quelques soirs, je suis tombé sur la fin d'un très bon film, un qui m'a collé à mon fauteuil à douze mille balles, dans le cadre du fameux Ciné-Club de la troisième chaîne de l'ORTF — dimanche soir donc, film largement inspiré de Dostoïevski (scénario tout simplement pompé sur Le Joueur et contenant une scène raskolnikovienne à l'excès mais où Gregory Peck, sur le point de zigouiller la vioque pour l'oseille, fait lui-même une attaque — tafiole !) et dont la protagoniste femelle* me fascina par sa beauté et sa vitalité. La lumière dans ses yeux, son sourire enjoleur, tout ça. Vérification faite, il s'agissait d'Ava Gardner. Je ne savais pas encore à quoi ressemblait Ava Gardner. Je suis donc probablement le deux cent millionnième à tomber sous son charme, mieux vaut tard que jamais. De façon étonnante ce charme m'a paru simple, presque simpliste, tellement même qu'il en devenait discutable, et quand vous commencez à vous demander si oui ou non la femme que vous avez devant vous est magnifique ou banale, c'est que vous êtes sur des rails dangereux, sa beauté cachée risquant à tout moment d'atteindre la masse critique — il peut suffire d'un clin d'œil ou d'une grimace anodine — et de vous péter à la gueule, précipitant en quelques semaines votre ruine totale. J'aurais imaginé, connaissant le mythe Ava G., une beauté indiscutable justement, stupéfiante, capiteuse, étouffante, vulgaire, baroque, comme celle de Rita Hayworth que je n'ai jamais pu saquer. Non, Ava Gardner avait celle de beauté d'une déesse discrète ; tout, semble-t-il, plutôt que celle d'une pin-up pour trente-huit-tonneurs. Le rôle qu'elle tient dans ce film (The Great Sinner de Siodmak — en français, Passion fatale — stupidité éternelle de nos adaptations de titres, peu importe l'époque) est celui d'une femme écartelée entre l'amour qu'elle voue à Gregory Peck et son devoir : s'offrir en mariage, pour rembourser une dette de son père, à un enfoiré mondain classique.
Je me demande aujourd'hui quelle actrice contemporaine possède cette hauteur, cette évidence dans le charisme. Oui, cette évidence. Je pense : peut-être Cate Blanchett. À part elle, et si ce n'est elle, personne, c'est entendu (le type, près du radiateur, qui a dit « Juliette Binoche ! », a deux heures de colle). C'est soit Cate Blanchett soit que dalle, ta gueule, Béatrice, et ce serait bien fait pour l'époque, bien dans l'air de ce temps décadent — n'est-ce pas, mes agneaux, que ça décade, comme le disait déjà Goscinny dans les sixties ?
Nikita Calvus-Mons le 14/11/07 à 04 h 39 dans Cinématographique-traître
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Commentaires
c'est bon ça !
J'adore quand tu jouis de tes bons mots !
Laisse tomber au fait terraplata, passons à autre chose, non ?
Les blogs commencent à tous me faire chier d'ailleurs. On est pas en train de tourner en rond, c'est pire : on remplit les heures de vides ennuyeux acoudés aux rives de l'ennui (mais c'est bon ça !).
pdf - 18.11.07 à 16:40 - # - Répondre -
← Re: c'est bon ça !
Il faut prendre ça pour ce que c'est. Moi aussi je suis fatigué des blogs, mais en tenir un, c'est — indéniablement — un défouloir. Un peu l'équivalent de la scène pour l'écriture, non ? J'ai bien dit un peu. Je sais, tu vas me rétorquer « lecture publique ». Mais... à part toi, personne ne sait lire correctement sur une scène.
60millions - 18.11.07 à 21:08 - # - Répondre -