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60 millions de social-traîtres

Le sous-titre est un concept déviant.

jeudi 06 mars 2008

George Clooney est-il un con ?

C'est en lisant le Troisième Blog que ça m'a frappé, nettement : George Clooney ne vaut pas tripette. Qu'il se colle une capsule de Nespresso dans le cul (« uh, what else ? »). Je lui préfère Brad Pitt, avec son prénom de bourrin (Brad : Brad, quoi, merde !). Pitt est exactement aussi cool que Jean Rochefort dans Comment réussir quand on est con et pleurnichard ? ; et il maintient ce niveau de coolness depuis des années. (Je ne suis pas près d'utiliser le mot « coolitude » ou toute autre saloperie bricolée à la va-vite dans un labo d'arrière-cour québécois : ce sera la coolness, un point c'est marre.) Attention, Rochefort, dans le film susdit, fait dans le cool en négatif : c'est un personnage de loser alcoolique. Mais la scène où il explique à un Jean Carmet concentré que les arpèges, aux gonzesses, « ça leur... bloque le cervelet » (sous-entendu : tu leur joues du piano et elles tombent comme des mouches), eh bien cette scène-là mes aïeux, c'est comme qui dirait un paroxysme. Celui de la coolness malgré elle. Pitt fait dans le cool en positif, on l'aura compris, même dans Babel où il joue le rôle du touriste ricain complètement largué abroad. Largué, oui, mais il faut dire que sa copine, la belle Cate B., une balle dans le buffet, y est mal en point. Sa copine, à Brad. Abroad.

Nikita Calvus-Mons à 03 h 18 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 7 commentaires

jeudi 31 janvier 2008

« Le Figaro » reprend deux fois des moules

C'est drôle, ou triste : personne ne parle de la mort de Khorsand, qu'on aimait tous pourtant. Oui, on l'aimait tous, à moins que j'aie raté quelque chose ? Quoi, les pubs pour la Maaf ? Oui, bon... Ça nous aura au moins préparé au deuil : ces charognards n'ont pas craint, pendant quelques années, d'exhiber le cadavre en sursis (est-ce Jean-Michel Ribes qui a permis ces commercials ringards ?). Juste avant sa mort, la veille en fait, ils en ont diffusé une sans lui, c'était un signe, irréfutable : Khorsand avait bel et bien fini de « bosser pour payer sa pierre tombale ». À chaque fois que je voyais une de ces pubs merdeuses je perdais cinq degrés sur l'échelle de Monmoral : maigre jusqu'à l'effroi, avec la voix de vieillard des cancéreux précoces, plus aiguë d'une bonne quinte (de toux, ah, ah), Khorsand parodiait son personnage de Palace, autrefois imperturbable (il était l'Imperturbabilité* même !), avec des gestes affectés, tremblants... J'en tremble aussi, aujourd'hui. L'image de Khorsand qui me restera ? En effet, camarade D., ce plan de Mes meilleurs copains où il brandit un journal en jubilant : « Le Figaro nous insulte ! »

En voilà un que je regretterai vraiment.


* Essayez de répéter ça quelques fois, pour voir.

Nikita Calvus-Mons à 18 h 01 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 6 commentaires

dimanche 06 janvier 2008

Pendez un sous-titreur par le scrotum et écoutez le sustain

Je revois Spinal Tap et cette fois-ci (la énième : au moins cinq) je découvre que l'artiste qui sculpte le dolmen de Stonehenge haut de dix-huit pouces est jouée par Anjelica Huston, ce qui m'avait jusque là échappé. (Si je le découvre, il est redondant de préciser que ça m'avait jusque là échappé. Mais aujourd'hui j'ai envie d'être lourd et approximatif. C'est dimanche.)

Surtout, je découvre que l'ineffable Artie Fufkin, de Polymer Records, ne peut pas avoir été inspiré par quiconque autre que Rupert Pupkin, le personnage de De Niro dans La Valse des pantins. Filiation intéressante, mais aucune mention de ce cousinage évident sur le Web, ce qui m'étonne. Évident car il n'y a pas que le nom, il y a aussi la moustache et l'attitude (cette manière hystérique de se présenter à tout bout de champ : « Artie Fufkin, Polymer Records ! »).

Spinal Tap est un classique, truffé jusqu'au croupion (jusqu'au big bottom) de ce genre de références, et je suis sûr que d'ici au jour de ma mort je l'aurai encore vu pas loin d'une dizaine de fois ; me marrant  peut-être de moins en moins, mais appréciant à leur juste valeur des scènes comme celle où Nigel, brandissant dans son studio une guitare débranchée, n'en jouant pas une note, n'effleurant pas la moindre corde, demande à Di Bergi : « T'entends ? » Il n'y a rien à entendre, la guitare est silencieuse bien sûr, mais il insiste : « Le sustain ! T'entends pas le sustain ? Cette guitare est célèbre pour son sustain. »

Le sustain... Voilà une vraie blague de nerd.

(Les sous-titres français, cependant, sont minables et procurent les envies habituelles d'égorgements et autres sourires kabyles. Donner ce film à traduire à des gens incompétents musicalement, confondant le mineur, qui est une tonalité — a key — avec une note (la note s'appelle , tout simplement) devrait être puni de quelques mois de travaux forcés au Tchad. Dans le même genre, mais en pire encore, puisque la traduction ajoute carrément trois ou quatre contresens en moins d'une heure de film, il y a la version par Dubbing Brothers du DVD sur la réalisation de The Joshua Tree, où on peut entendre Adam Clayton déclarer sans la moindre honte que lui et ses potes ont inventé la techno en 1987. Bien sûr, il ne dit pas du tout ça. Ce genre de foutage de gueule commence à bien faire, connards de sous-titreurs !)

Nikita Calvus-Mons à 15 h 50 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 6 commentaires

jeudi 03 janvier 2008

Downward Spiral

Succès fantastique (et unique, ici) des mots-clés « Visu », « Benoît Forgeard » et « Stève André », sous toutes leurs formes et combinaisons. Il faut dire qu'on doit être trois (peut-être quatre) à en parler sur le Web. Tous enthousiastes, notez bien. N'empêche : je ne l'ai pas vu, pris que j'étais alors dans un cyclone de sommeil tendre et neigeux — mais oui : une « descente contrôlée », au fond — c'est ce dont nous parlions quelques heures auparavant.

Quelqu'un l'a-t-il enregistré ?

Nikita Calvus-Mons à 18 h 11 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

mercredi 14 novembre 2007

De la beauté d'Ava Gardner, qui procure à l'auteur, arrivé au bout de son éjaculat argotique, l'occasion de se moquer de Juliette Binoche

Il y a quelques soirs, je suis tombé sur la fin d'un très bon film, un qui m'a collé à mon fauteuil à douze mille balles, dans le cadre du fameux Ciné-Club de la troisième chaîne de l'ORTF — dimanche soir donc, film largement inspiré de Dostoïevski (scénario tout simplement pompé sur Le Joueur et contenant une scène raskolnikovienne à l'excès mais où Gregory Peck, sur le point de zigouiller la vioque pour l'oseille, fait lui-même une attaque — tafiole !) et dont la protagoniste femelle* me fascina par sa beauté et sa vitalité. La lumière dans ses yeux, son sourire enjoleur, tout ça. Vérification faite, il s'agissait d'Ava Gardner. Je ne savais pas encore à quoi ressemblait Ava Gardner. Je suis donc probablement le deux cent millionnième à tomber sous son charme, mieux vaut tard que jamais. De façon étonnante ce charme m'a paru simple, presque simpliste, tellement même qu'il en devenait discutable, et quand vous commencez à vous demander si oui ou non la femme que vous avez devant vous est magnifique ou banale, c'est que vous êtes sur des rails dangereux, sa beauté cachée risquant à tout moment d'atteindre la masse critique — il peut suffire d'un clin d'œil ou d'une grimace anodine — et de vous péter à la gueule, précipitant en quelques semaines votre ruine totale. J'aurais imaginé, connaissant le mythe Ava G., une beauté indiscutable justement, stupéfiante, capiteuse, étouffante, vulgaire, baroque, comme celle de Rita Hayworth que je n'ai jamais pu saquer. Non, Ava Gardner avait celle de beauté d'une déesse discrète ; tout, semble-t-il, plutôt que celle d'une pin-up pour trente-huit-tonneurs. Le rôle qu'elle tient dans ce film (The Great Sinner de Siodmak — en français, Passion fatale — stupidité éternelle de nos adaptations de titres, peu importe l'époque) est celui d'une femme écartelée entre l'amour qu'elle voue à Gregory Peck et son devoir : s'offrir en mariage, pour rembourser une dette de son père, à un enfoiré mondain classique.

Je me demande aujourd'hui quelle actrice contemporaine possède cette hauteur, cette évidence dans le charisme. Oui, cette évidence. Je pense : peut-être Cate Blanchett. À part elle, et si ce n'est elle, personne, c'est entendu (le type, près du radiateur, qui a dit « Juliette Binoche ! », a deux heures de colle). C'est soit Cate Blanchett soit que dalle, ta gueule, Béatrice, et ce serait bien fait pour l'époque, bien dans l'air de ce temps décadent — n'est-ce pas, mes agneaux, que ça décade, comme le disait déjà Goscinny dans les sixties ?


*En ce moment, je préfère cet adjectif à « féminine », et ce n'est pas (simplement) pour embêter les filles de La Terre est plate, je le jure. Simplement, je trouve que ça sonne bien. Ça rime avec mamelle, en plus. Et puis, c'est plus précis, tout simplement. À Hollywood, il y a les mâles et les femelles. Hollywood Mâle Femelle : mais c'est bon, ça ! Ça coule en bouche comme un moelleux chamallow.

Nikita Calvus-Mons à 04 h 39 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

lundi 15 octobre 2007

C'est pas pour les veaux

Le docteur Orlof rêve que Jean-Pierre Mocky adapte La Conjuration des imbéciles. On ne saurait rêver plus juste. Orlof est un homme de goût.

Nikita Calvus-Mons à 18 h 18 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

lundi 01 octobre 2007

Constat d'échec suivi d'une publicité

J'ai essayé. Pas arrivé. Retranscrire ce que j'ai ressenti à la vision de Control : pas possible. (Mais mon corps entier s'en souvient.)

Alors j'efface tout et je vends simplement la soupe : c'est un grand film, poignant. Point.

Nikita Calvus-Mons à 17 h 34 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

jeudi 06 septembre 2007

Stéphane Guillon, combien de divisions ?

Ma naïveté étant incurable, malgré le mépris que m'inspire depuis un bout de temps l'arriviste Stéphane Guillon, j'ai suivi son conseil concernant La Vie d'artiste, dans lequel il joue (deux minutes trente, et mal). Je cite : « Marc Fitoussi [l'auteur-réalisateur] est le Woody Allen français. » En gros : ça ne s'arrête pas de rigoler, c'est subtil, écrit brillamment...

Verdict : c'est plat, truffé de clichés et ringard. Podalydès joue un écrivain raté, comme dans Une affaire qui roule (audace immense du directeur de casting), sauf qu'Une affaire qui roule était drôle, subtil, très bien écrit...

Moralité : Guillon, qui promettait que pendant l'avant-première à laquelle il avait assisté la salle n'avait pas arrêté de se bidonner, est soit un gros menteur (aujourd'hui, le public du Quai de Loire est resté étonnamment calme, malgré la mitraillette à gags — une fille prénommée Cora passe devant un supermarché Cora, tout ça), soit un demi-gigolo mondain arrivé maître dans l'art de la promotion. Et le fait que tout ceci fut dit chez Ruquier ne peut pas être retenu comme preuve à charge.

Oui, je sais, je regarde trop la télévision. Et encore, je vous épargne mon avis sur Koh-Lanta ou Plus belle la vie (une des séries les plus audacieuses depuis Voisin/Voisine, ce qui ne date pas d'hier, mes amis — en tout cas, faire jouer à un personnage de sitcom le rôle du Diable mérite quelques applaudissements, vous en conviendrez).

Nikita Calvus-Mons à 22 h 31 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 04 septembre 2007

Happy end pour pisse-froid

Il était extrêmement simple, aux deux tiers du film, d'en dire le plus grand mal : ne serait-ce que pour cette scène où Colette Tatou (déjà, le nom...) se saisit de sa bombe anti-agression alors qu'elle est simplement en train de se faire baratiner par son naïf prétendant, qui ne ferait pas de mal à une mouche... Incursion de la bêtise sécuritaire américaine, de la paranoïa anti-harcèlement dans un Paris de cocagne, relative hideur plastique de ces visages ronds et lisses (on se croirait dans Theme Hospital, l'esthétique du jeu vidéo commence à lasser), voix off toute en saccades et en nasales qui donne envie d'envahir Los Angeles avec un escadron de volontaires français contre l'hystérie... Bref, un gros tas de raisons de détester ce nanar pour enfants.

Mais la vérité, qui est nue, est que Ratatouille est un excellent film — tremble, Olivier Assayas — et que, comme y dit l'imbuvable critique Anton Ego, rendu à son enfance par une ratatouille proustienne, « la moindre cochonnerie vaut mieux que la critique qui la dénonce comme telle ». Ah... le soupçon d'humanité qui anime enfin le pisse-froid !

Nikita Calvus-Mons à 00 h 27 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 1 commentaire

dimanche 02 septembre 2007

Je ne connais rien au cinéma mais quand même

J'ai croisé Éric Zemmour rue Soufflot, avec un gamin. Le sien, sans doute. Ils étaient seuls. Que de la gueule, ce Z. : où était donc sa femme, pendant ce temps-là ?

Voir le dernier Chabrol est une expérience très pénible — Ludivine Sagnier... — ; désinfecter avec Planète Terreur, dans la foulée, marche très bien. Quant à Boarding Gate d'Assayas, daube arty méprisable au plus haut degré, montagne de prétention, je ne lui connais pas d'antidote — revoir Seul contre tous peut-être ? — ce qui m'oblige à vous interdire — pour votre santé — d'aller le voir. Pourtant, Michael Madsen... Oui, mais non.

Manuel Poirier, lui, sait rendre tous ses acteurs sensibles et intelligents et ce n'est pas nouveau ; dans sa Maison on découvre même que Barbara Schulz et Bérénice Béjo sont de bonnes actrices. Je ne l'aurais pas deviné, quand même. Ah, dans ce film il n'y a ni Asia Argento ni Kim Gordon : les amateurs de name-dropping et de pétasses tatouées en seront pour leurs frais. (Ce n'est pas que le tatouage soit haïssable en soi. Mais sur une pétasse branchée ça mérite, au minimum, la corde.)

Quant à Sergi Lopez, il est le meilleur acteur français de Catalogne, à l'aise, Blez.

Je vous avais prévenu.

Nikita Calvus-Mons à 17 h 55 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 17 commentaires

lundi 11 juin 2007

D'une beauté renversante, éblouissante

Quel film gênant que le dernier Tarantino... Gênant tant ça déborde de talent et d'éclairs de génie : dire du bien est un exercice périlleux, qui fatigue tout le monde, moi, vous, bon, ne perdons pas de temps. Expédions, en deux mots : courez-y !

Tarantino est dans une forme olympique, au sens strict, non sportif. Divin donc.

L'étincelante Rosario Dawson, pure demi-déesse — puisqu'ô combien humaine, avec sa presque trop grande bouche la rapprochant de ma pauvre race —, laisse, le film fini, à l'âme un délicieux goût de mélancolie. La beauté à ce niveau rend un peu triste. Elle m'impose la consultation express des dictionnaires, pour ne surtout pas manier maladroitement les adjectifs dont je désire la qualifier : Rosario Dawson est en effet somptueuse (« impressionnant fortement par sa grandeur ou sa beauté »), splendide (« d'une beauté éclatante »), sublime (« méritant l'admiration »).

Elle porte, dans ce film totalement jouissif, le coup de grâce à Kurt Russel — pas vu aussi indispensable (« absolument nécessaire, objectivement ou subjectivement ») depuis New York 1997. Mais la demi-déesse porte également quelques coups violents au cœur du spectateur alors fasciné.

Nikita Calvus-Mons à 01 h 31 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 4 commentaires

jeudi 05 avril 2007

Amérique du Sud en force

Ah, la belle salle de l'Arlequin, rue de Rennes ! Ce soir, y vis El Custodio, film argentin qui me titillait depuis dimanche : portrait du garde du corps d'un ministre de seconde zone (quatre génitifs à la file, c'est tout moi, ça — quel butor). Quelque chose m'a manqué, je n'étais pas assez concentré je crois et le film, bien que réussi, m'a donc mollement déçu. C'est de ma faute. Grand acteur que Julio Chávez, néanmoins. Et revoir Buenos Aires, entendre à nouveau cet accent traînant, ces pollo et botella, avec le chuintement, pocho, botecha, ach, quel plaisir ! (Le chuintement à mi-chemin en fait de celui de chien et celui de Gien. Répétez ça, pour voir.)

Hier au soir, à l'Espace Saint-Michel, tout autre ambiance et j'étais parfaitement dedans, si je peux me permettre. En la cama, vraiment superbe, du Chili cette fois, huis clos amoureux d'une intensité et d'une tendresse — d'une réalité — exceptionnelles. M'évoqua à plus d'un titre le génial dialogue érotique du fameux Vox de Nicholson Baker, en plus... incarné, charnel ! Es un film magnifico. (Bien que les Chiliens n'aient pas le chuintement de Buenos Aires, mais un accent quand même bien doux à mes oreilles. Et Blanca Lewin, quel charme en la cama !)

Nikita Calvus-Mons à 01 h 32 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 4 commentaires

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