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60millions by Don C on Grooveshark

Il me chie son cambouis dessus

Mon vélo, c'est comme un cheval : il chie sur mes bas de pantalon et il ahane dans les côtes.

C'est mon fier destrier. Rouge passion, rouge plaisir, rouge brûlé. Sans crainte de la prune. La maréchaussée s'est calmée, depuis 2007 et l'avènement du Vélib : elle n'emmerde plus les cyclistes qui se moquent de la signalisation (c.-à.d. : les connards dans mon genre). Elle n'a pas que ça à foutre, il y a tous ces politiciens à mettre en taule, c'est du travail, du sérieux, elle est sur le coup.

J'en vois un qui fronce les sourcils, flairant le poujadiste qui sommeille en moi, le nostalgique du 6-Février, avec une majuscule. Lui sait qu'il existe des politiciens honnêtes et par conséquent il n'en fait pas des tonnes sur les pourris et ceux qui le font cocu à répétition depuis trente ans. C'est un homme mesuré, intelligent. Moi, je suis un instinctif, pas un conceptuel. Quand un ministre est pris la main dans le sac de bonbons, j'ai tendance à y voir la confirmation d'un axiome qu'on devrait apprendre aux bambins à l'école : le pouvoir est corrupteur. L'argent aussi. Alors les deux ensemble, vous pensez, Simone...

Mais trêve de bavardages. Le vélo à Paris, comment ça se passe ? Combien de morts ? Combien d'insultes quotidiennes lancées à la tête des automobilistes et des piétons (absolument incapables même à Paris de lire les situations) ? Beaucoup.

En zone urbaine, le cyclisme, loin d'être un humanisme, est en réalité un élitisme. Une façon de trier les piétons, ces obstacles à trente-sept degrés de température, en fonction de leur réactivité à l'environnement — hostile, forcément hostile —, réactivité qu'on suppose elle-même fonction du nombre de connexions neuronales et de leur vitesse d'abattage. C'est idiot et un peu méchant. La capacité à l'anticipation (traverser ? ne pas traverser ? quand traverser ? comment traverser ?) est, ou semble bien être, parfois, affaire de QI. (Encore une fois, les sourcils froncés, l'homme à l'intelligence bien dosée, qui a voté deux fois contre Sarkozy pendant que j'allais à la pêche, s'insurge : « Non content de verser dans un poujadisme "éclairé" des plus méprisables, l'auteur de ces lignes suspectes nous refait le coup de la surestimation du QI et de la ségrégation nécessaire des crétins. On est à deux doigts du racisme pur et dur, de l'eugénisme, du fascisme. On ne viendra plus lire ce blog. »

Bien sûr qu'il n'a pas complètement tort. Il faut laisser les piétons rêvasser aux feux rouges. Mais la vie est une jungle, les enfants.)

Don Calvus le 18/04/14 à 13 h 28 dans Social-traître
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Commentaires

 

Anonyme - 14.05.14 à 18:58 - # - Répondre -

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