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60 millions de social-traîtres II

« Chaque homme sait, au fond de lui, qu'il n'est qu'un tas de merde sans intérêt. » (Valerie Solanas)

mardi 22 avril 2014

Teenage Kicks

Rattraper les lignes que tu me tends
Apaiser ton esprit
Vivifier chaque pore de ta peau
Irradier tes neurones
Sucer ta langue
Songer que tes yeux m'embellissent
Et m'en sentir ragaillardi
M'en sentir beau et fort
Envahir tout le langage de nos jeux
Nier la mort farouchement
Tuer la mort ! comme deux adolescents un peu bêtes

Don Calvus à 12 h 19 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

samedi 23 mars 2013

Pendant la guerre, de Corse

Bastia le 2-2-40

Cher ami

Je vien un peut tardivement te faire part de mes nouvelles qui sont assez bonne pour le moment je suis rester trois jours a marseille en revenent de permissions et je suis aller voir Julien et j'ai manger avec eux la semaine dérniere j'ai passer le conseil de reforme et j'ai été maintenu service auxillaire j'espere que la présente vous trouverat tous en bonne santée dans l'attente de tes nouvelles reçoit cher ami une cordiale poigner de main.

Paul Grenier François infirmier Hopital militaire. Bastia Corse

(Carte postale dessinée, représentant le port et la ville de Bonifacio, achetée aux Puces de Saint-Ouen ce matin, plus de soixante-treize ans après.)

Don Calvus à 21 h 29 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

samedi 05 septembre 2009

Piper at the Gates of ?

Elle me dit soudain, une brillance lipidique dans l'œil, mon phallus mollissant dans sa main : « Il faut piper aux portes de la dépression. »

J'en suis resté mollasson des corps spongieux, mais ravi. C'était une correctrice anglophone, poète et amatrice de Pink Floyd. Une faute de typographie, dans le livre sur lequel elle travaillait, l'avait inspirée.

Nikita Calvus-Mons à 17 h 43 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

lundi 08 juin 2009

The Jutland Experience

Je voulais pisser dans l'eau : la classe à la française, le petit côté 400 coups... Du haut du belvédère des Buttes-Chaumont, où nous nous emmerdions tous les deux : oh, des cygnes ! oh, des Chinois ! oh, une limousine ! oh, encore des Chinois !

C'est incroyable le nombre de Chinois qui viennent se faire tirer le portrait aux Buttes-Chaumont le jour de leur mariage. En 1996, j'avais déjà remarqué ça : j'étais observateur. Aujourd'hui, je ne le suis plus tellement. Ce qui est nouveau. (Ce procédé s'appelle tirer à la ligne. Il est d'usage méprisable.)

Adoncques je demandai, en un élan facétieux, à la timide Danoise qui me flanquait comment l'on disait, dans sa douce langue gutturale : je veux pisser dans l'eau.

Jeg vil hoppe i vandet, me répondit-elle.

Nonobstant le doute (hoppe veut-il dire pisser ou sauter ?), né d'un malentendu dû à sa mauvaise compréhension de mon français lorsque je parlais vite et dans ma barbe (bien que rasé de frais je fusse), je me suis toujours souvenu de cette phrase dont l'utilité, à l'aéroport de Copenhague, est quand même largement limitée, mais que je ne manque pas de sortir de mon arc, qui a plusieurs tours, lorsque l'humeur du soir, badine, permet d'amuser quelques blondes de froides contrées.

Nikita Calvus-Mons à 17 h 05 dans Poétique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

samedi 21 mars 2009

No bingo

Mondanités. Mondain. Mondaine, la brigade. Le demi-monde.

Fatigue. Fatigantes. Se fatiguer.

Sucer. Suçage. Sucette. Tout pour la cédille. Suçon. Dans le foutu cou (your neck only, sólo tu cuello).

Réseau. Réseaux. Réseautage. Réseauter. Néologisme. Pour arriver. D'arrivisme. Et non l'inverse.

Hypocrisie. Faux trash. Fausse folie. Fausseté. Copinage. Copains. Népotisme (de neveu). Ne veux pas. Ne veux plus. Fed up.

Nikita Calvus-Mons à 05 h 57 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 14 octobre 2008

Night Train

Je repensais ce matin au sens — à un sens possible — du mot traînée, qui m'évoque l'image de la traîne de la mariée en instance d'infidélité compulsive.

J'ai comme ça de ces pensées sottes.

Nikita Calvus-Mons à 14 h 48 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

samedi 09 février 2008

La France bien profond

« T., si tu veux voir ce qu'il écrit, tu tapes 60 millions de social-traîtres  dans Google.

— Ah ouais, d'accord... Lui il aime pas la France ! »

(Vécu ce soir, puis romancé, enrobé de mensonge, comme d'habitude et en proportions secrètes.)

Nikita Calvus-Mons à 02 h 51 dans Poétique-traître - Lien permanent - 1 commentaire

vendredi 01 février 2008

Merci Bertrand

« Et en pensant à Lili Brik et Vladimir Maïakovski » : ou comment, à l'heure d'aller se pieuter, notre héros se remémore, à peine sorti de l'arrière d'un taxi où il embrassa (aima) une bouche humaine, que sa sœur lui a demandé de rapporter, à leur rendez-vous de demain après-midi, les Lettres à Lili Brik qui traînent sur une de ses étagères (au frère, ce héros). Les associations d'idées, les gars, les associations d'idées ! Fondamentales.

Nikita Calvus-Mons à 03 h 03 dans Poétique-traître - Lien permanent - 1 commentaire

jeudi 24 janvier 2008

La main de la tueuse de chatons

Elle
libère l'éther
irrémédiable
sous la surface de l'
eau.

 

Nikita Calvus-Mons à 03 h 10 dans Poétique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

vendredi 28 décembre 2007

Visu ! Forgeard ! Stève André ! France 2 ! Alléluia ! Noël ! Montjoie !

L'information relayée par Matière Focale est d'importance : dans la nuit du 1er au 2 janvier, France 2 (re)diffuse Visu, émission de Benoît Forgeard à enregistrer absolument, ne serait-ce que pour m'en procurer une copie (je ne possède aucun dispositif de capture, analogique ou numérique). De Forgeard je n'ai vu, il y a quatre ou cinq ans, que Stève André, indescriptible et formidable court-métrage en forme de... forum citoyen, dont la cassette m'avait été prêtée par, tiens, étonnante coïncidence, le Jésus, encore lui. Le Jésus est partout.

Stève André, objet complètement dingue — oui, le mot « ovni », galvaudé, me brûle les doigts ! —, peut probablement laisser froid (bien que les camarades avec qui je le visionnai à l'époque aient alors partagé mon enthousiasme). Les dix premières minutes m'avaient embarrassé : qu'est-ce que c'était que cette merde ? Ensuite, j'avais été happé, d'un coup. C'était génial, unique, dérisoire, intelligent, politique, et surtout drôle à crever (mais drôle parce que génial, unique, dérisoire, intelligent et politique). Le finale (avec l'apparition sur le plateau de « l'humoriste Mouquette ») est explosif, furieux, grandiose, débile, surdoué.

En tout état de cause et à partir de là, comme disent les footballeurs, il est fortement conseillé de magnétoscoper (j'aime ce verbe déjà désuet au bout de vingt ans) l'émission Visu qui contient Stève André, ce qui est déjà immense, mais aussi tout un tas d'autres œuvres de Benoît Forgeard que j'ai bien hâte de découvrir. Sur Matière Focale, il y a plein de renseignements plus intéressants. Moi je ne fais que relayer la cruciale information, et me réjouir à l'avance. Ne me demandez pas ce que je fais le 1er janvier au soir. Je regarde la télé.

Ce ne sera pas faire injure à Devo de Matière Focale que de vous conseiller de ne surtout pas lire son article d'il y a un an sur Visu. Celui que je mets en lien est OK : il ne dévoile rien, et ne promet pas trop, mais ne vous amusez pas à lire sa (très bonne) chronique enthousiaste de l'an dernier, celle qui fait l'objet du premier lien de son rappel de cette année (putain, je suis en train de m'embrouiller. Me fais-je bordel de merde bien comprendre ? J'espère. Parce qu'il faut voir tout cela avec un cerveau 100% vierge de promesses). Voyez Visu. Ensuite seulement, vous irez lire l'article de Devo. C'est d'ailleurs comme ça qu'on devrait faire avec n'importe quelle critique de cinéma... Ne les lire qu'après, bien sûr. Mais quand même, parce qu'il donne l'eau à la bouche de manière plus convaincante que moi, voici ce qu'est, à peu de choses près, Stève André, sous la plume de Devo :

Stève André est le jeune maire d'une grande ville française. Toujours vert (35-40 ans), il fut en son temps le plus jeune député de France. Il décide un beau jour de faire une réunion municipale en direct sur internet : le résultat, c'est le court-métrage même, qui fut d'ailleurs tourné en direct ! [Forgeard est décidément complètement foufou !] Stève André veut prouver par cette opération que l'internet est le lieu citoyen par excellence. Il veut aussi faire éclater sa brillante personnalité de winner accompli, et donner une leçon de modernisme à tout le monde, tout en confiant aux concitoyens de sa ville la parole, parole qui devrait prouver au monde entier que la ville de Stève André est vraiment la plus dynamique et la plus tolérante et la plus citoyenne du monde.

On ne saurait mieux dire. C'est encore assez flou, car j'ai coupé la suite, et la suite du Devo-article en dit beaucoup qui vous donnerait méchamment envie de voir ce chef-d'œuvre, et le dit avec une jubilation pire que la mienne (pensez, je n'ai vu Stève André que deux fois en 2003, c'est loin). Mais, vraiment, gardez votre naïveté, votre niaiserie même, voyez ledit chef-d'œuvre, puis lisez Devo si vous voulez.

Nikita Calvus-Mons à 13 h 54 dans Poétique-traître - Lien permanent - 3 commentaires

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