Page principale - Session - Contact

60 millions de social-traîtres

Le sous-titre est un concept déviant.

vendredi 20 juin 2008

Demeuré, moi ?

(Ici se tenaient à peu près cinquante lignes expliquant laborieusement mais de façon imparable — vous pensez... — pourquoi il est stupide de considérer sérieusement les sportifs, en particulier les footballeurs, comme des demeurés ; ainsi qu'une démonstration qu'il n'y a rien de nationaliste dans un tournoi international de football. Mais ça me fatigue de relire ce texte, alors je sabre. Il y a des dialogues de sourds auxquels mettre fin sans réfléchir. Je ne laisse que la fin du texte, décousue comme le reste.)

Les intellos aiment bien le tennis, qui est un sport essentiellement bourgeois. Mais ils n'osent pas avouer qu'ils aiment le foot, ce sport essentiellement prolétaire.

Il n'y a pas beaucoup de nègres dans le tennis depuis Arthur Ashe, et en France, à peu près aucun Arabe depuis vingt-cinq ans (Tarik Benhabiles). Ce sport de blancs de la haute est acceptable pour les intellectuels. Pas le football, ce sport trop universel, pas assez élitiste. J'ai joué au tennis en club pendant des années. Au foot, six mois seulement. L'ambiance était trop à la haine chez les parents, sur le bord du terrain (évidemment que les gens, humains, trop humains, sont souvent immondes, mais ça ne dit rien sur le jeu lui-même, qui est précisément une façon de se civiliser, de socialiser). Et je m'intégrais mal, tout simplement. J'étais déjà formaté par mon éducation protégée, à dix ans, pour jouer au tennis, sport policé et individuel, là où le foot est grossièrement collectif. Pourtant, au fond, c'est le football qui m'intéresse le plus, qui est plus beau et plus riche à mon sens — surtout tactiquement, stratégiquement — que le tennis (la plupart des matches de tennis sont à présent laids comme des combats de catch, de simples oppositions physiques, d'ailleurs les joueurs, après un match remporté, ont souvent ce genre de commentaire : « Je tapais de plus en plus fort dans la balle, j'étais bien » ; il ne s'agit pas de taper mieux, mais plus fort).

Le football est un sport populaire, un sport de racaille. Il en dit long sur notre rapport à la « racaille », au fond. Nous les petits bourgeois éduqués mais frileux, avec nos fantasmes de jeu pur, débarrassé de toute « vulgarité ». Voilà un geste de racaille géniale : Maradona marque de la main contre l'Angleterre. On remarquera que toute « nationaliste » que fût cette rencontre de la Coupe du monde 1986, et malgré ce but de tricheur pourtant validé par l'arbitre (seul responsable) et qui ouvrait la voie à l'élimination de l'ennemi anglais, aucune guerre des Malouines ne fut alors relancée, à part dans la presse, comme d'habitude... Ce « nationalisme » aussi est un fantasme bourgeois, une simple peur du peuple, qui pue et pollue. L'écrivain anglais John King en parle bien mieux que moi, notamment dans Football Factory, ou England Away. John King est estampillé « populiste ». Je mâche le boulot des cons qui me traiteraient à mon tour de tous les noms. Il n'empêche que c'est un fameux écrivain, dont le Human Punk contient plus de traces d'humanité nue que l'œuvre complète de tout tocard « progressiste » actuel — vous comprendrez qu'à ce stade donner des noms devient un peu fastidieux.

Bon, basta. J'en ai marre de tout justifier de mes amours simples de gamin. Je me sens schizophrène, dans ce monde normé de merde, avec mon amour simultané et réel pour mes écrivains, mes musiciens, mes footballeurs, mes cinéastes, mes cuisiniers...  Schizophrène et donc malheureux de toutes ces exclusions perpétuelles, de toutes ces tacites condamnations, de ces tiroirs et de ces classes socio-culturelles desquelles personne au fond n'essaye de sortir vraiment. J'aime Richard Brautigan et Michel Platini et je vous emmerde.


Je ne connais pas le site d'où il émane, a priori pas ma tasse de thé, mais cet article en tout cas résume assez bien ce que je pense de l'accusation de nationalisme, qui mérite pour le moins d'être nuancée avant d'assimiler tous les « footeux » à de tristes lepénistes. Il suffit d'aller se promener sur des forums spécialisés ou de discuter sérieusement avec des amateurs éclairés pour se rendre compte que l'amour du jeu l'emporte toujours sur la déception d'une élimination de la « mère patrie », et que chacun n'a d'ailleurs pas qu'une équipe préférée, mais la plupart du temps trois ou quatre favoris, selon des affinités personnelles ou objectives dépassant de loin le chauvinisme bas du front.

Nikita Calvus-Mons à 18 h 47 dans Sportif-traître - Lien permanent - 8 commentaires

samedi 05 avril 2008

Oh hisse, enculé

À la maison, c’est la guerre des fans : Un gros barbu fanatique de Johnny s’est maqué avec une vieille pie zozoteuse fanatique, elle, de Frédéric François. La France au fond des yeux. Sans doute des Ch'tis, encore : ils fournissent le gros des sujets de ces émissions de TF1. Il ne faut pas dire du mal des Ch'tis, comme l’ont ordonné les gens du pouvoir, Dany Boon et Nicolas Sarkozy : et mon cul, c’est du poulet ? La banderole des bourrins du PSG, pour une fois, rivalisait d’audace et d'humour avec les meilleures accroches de feu Hara-Kiri. Du pur Choron.

« Va écouter ton Frédéric François ! » L’insulte fuse, implacable. Le gros neuneu, sosie flou de Robert Hue, ne s’en laisse pas compter par sa bique romantique à la grammaire tremblante : « Aller voir le film à qui, à Johnny Hallyday ? » s’offusque-t-elle avec un relent d’accent nordiste, teinté de la vague pédophilie qui caractérise ces gros cons. Elle rêve qu’on lui fasse « l’amour à l’italienne ». La fascination est forte qu’exercent sur moi ces bas-fonds.

La misère humaine en pleine face. Ces vies délabrées, à peine les vagins furent-ils franchis. Ce salon où trône Smet, le misérable archéobeauf franco-belge, telle une idole asiatique quelconque, ici taillée grandeur nature, dans du carton brillant — autant que son œil est terne. PLV : publicité sur le lieu de (non-)vie.

« Frédéric va me dédicacer mon tableau de bord. J’ai acheté un crayon (sic) spécial, et il va me le dédicacer. » L’envie de vomir  (gerber) devant tant de misère intellectuelle me saisit, à moins que ce ne soient les boulettes de poulet à la sauce piquante. J’ai remarqué que la qualité baissait chez les traiteurs chinois du coin, depuis les événements.

Je me suis retrouvé en terrasse du Flore il y a peu, avec trois camarades de mufflée. La mufflée de l’année, sans doute aucun : pour venir s’échouer au Flore, il faut être très alcoolisé. Le petit-déjeuner au beurre d’Échiré me rappelle mes nuits au Raphaël. Et P. attire mon attention : « Philippe Val est derrière nous. » Je me retourne : l’éditorialiste mou, en costume, petit-déjeune avec deux truffes, en costumes elles aussi. Ça travaille. Je gueule « social-traître », quelque chose à propos de Patrick Font également. Val se retourne, mais ne répond pas, je dois avoir l’air totalement bourré. Nous avons enchaîné dix bars pendant la nuit, avant d'atterrir au Flore où le sinistre éditorialiste, membre honoraire de la coterie des glands superlibéraux, nous attend avec sa mine chafouine ; attend qu’on lui explique un peu de quel alcool de bois on se chauffe. Alors j’insulte plus ou moins. Le mot social-traître m’a toujours semblé avoir été inventé pour ce mec-là. Ensuite, avec P., nous tentons de lancer une insurrection (une grève, au moins) « pour un alcool réel ». Boulevard Saint-Germain, un peu d’agit-prop, pour combattre l’agent infectieux qui transforme ces gens qui nous croisent (parfois en souriant, toujours en nous évitant) en robots inconscients, aconscients, fiers d’aller travailler. Quelques jours plus tard, Tristan-Edern Vaquette, qui ressemble étrangement à Michaël Youn, s’engueule sur le plateau du respectable Taddei avec la kapo de Val, Caroline Fourest. L’imbuvable Caroline Fourest qui s’étrangle qu’on pût (je voulais caser pute mais la grammaire a des limites) trouver drôle la banderole des bourrins du PSG. Vaquette est le seul type sensé du plateau. Je respecte beaucoup Taddei d’inviter ces gens-là, Soral compris, qui quand il ne divague pas sur les vertus du « lepénisme marxiste » (ah, ah !) peut être très drôle quand il se contente de faire la provoc pour laquelle il existe : « Les éditeurs aujourd’hui ne découvrent plus de vrais talents, bien trop occupés qu'ils sont à se faire sucer par des putes albanaises dans des jacuzzis. » On sent bien que Taddei crèverait d’ennui s’il était obligé de n’inviter que des Nina Companeez ou autres tiédasses. Vaquette a été parfait, mais mal habillé. Crête sur la tête, tout ça. Look d'abruti par lequel il invite les cons à le mépriser. Normal, c’est un vrai bouffon. Qui n’a pas bafouillé. Qui a dit les choses les plus intelligentes du plateau sur la liberté d’expression, coincé entre Bruno Gaccio (« Quand une vanne blesse quelqu’un, ce n’est plus drôle ») et Fourest (« Je travaille chez Charlie Hebdo, mon combat est donc la liberté d’expression »). Gosh ! J’aurais explosé. J’aurais sauté sur ces deux cons. Ces deux exemples types de la social-trahison. Fourest, Gaccio, Val. Ou alors je me serais barré avant d’éclater en sanglots, de peur.

La banderole potache devenue crime contre l’humanité… Dans un genre similaire, je trouvais assez drôle la très méprisante « Pendant que les Gones inventaient le cinéma, vos pères crevaient dans les mines » que les blaireaux de supporters lyonnais avaient balancée aux blaireaux de supporters stéphanois. Ces gens-là, les supporters, ont des génies du slogan en leur sein. Les gens de goût apprécient, les mecs. Bien sûr, vous êtes un sacré ramassis de bourrins, et je n’irai pas boire une bière en votre sinistre compagnie, mais vos banderoles me font rire. « On n’est pas racistes, la preuve : on t’encule ! »

À la réflexion, c’est peut-être ce qui a fini par tuer Gilardi… Aujourd’hui, on s’indigne et on condamne. Qu’est-ce qu’on s’emmerde

Nikita Calvus-Mons à 07 h 10 dans Sportif-traître - Lien permanent - 21 commentaires

lundi 15 octobre 2007

Le sport féminin : pour les lesbiennes seulement ?

Les compétitions sportives féminines seront toujours biaisées par le fait que, quel que soit le sport, les hommes sont meilleurs. Les filles peuvent tout déchirer, bien sûr, mais les garçons déchirent tout encore plus. Les garçons sont plus forts et plus rapides, et le simple fait que le « sport féminin » existe est une preuve que les filles ne peuvent pas se mesurer aux garçons. Le sport féminin devient une forme condescendante de prix de consolation pour handicapées congénitales, des Special Olympics1 où le handicap est un vagin plutôt qu’un cerveau trop lent.

L’athlète femelle typique est une dévoreuse de moquette aux épaules osseuses, à tête de chou, aux seins grumeleux, qui déteste les hommes et aime exclusivement la compagnie (et le sexe) des femelles. Elle viole nos tabous les plus chéris, et est souvent aperçue portant des bretelles et fumant le cigare au coin de la rue, offerte au regard des familles normales.

Je n’ai jamais rencontré un homme normal — vous savez, le genre qui reste assis toute la journée à se masturber et à penser aux femmes — qui trouve le sport féminin intéressant, ou trouve les athlètes femelles sexuellement attirantes. Les vrais hommes ne désirent partager leur intimité sexuelle qu’avec des femmes faibles et maladroites, pas avec quelqu’un qui peut les battre au bowling. Les lesbiennes peuvent toujours aimer porter des costumes de flanelle, descendre des bières, plonger leurs frites dans la mayo et regarder des compétitions de sport féminin sur le câble, et je dis « Bravo, vive les lesbiennes ! » Mais je parle au nom de la plupart de mes frères quand je dis que je ne veux pas vous voir faire mumuse avec des boules, sauf si les boules sont les miennes.

Jim Goad (traduction de Women's Sports: For Lesbians Only?)


1Olympiades pour handicapés mentaux, cf. le site Special Olympics France.

Nikita Calvus-Mons à 04 h 03 dans Sportif-traître - Lien permanent - 3 commentaires

dimanche 07 octobre 2007

Trous du cul

Skyblog, univers parallèle au nôtre, où on ne met jamais les pieds, sauf par hasard et alors on rit, par exemple de cet ovni musculeux écrivant entièrement en mIxeD cAsE...

«voiCi 1 autr FoTo.. aDmiRer Les giRlz: uNe beAutE saNs conPaRaBLe. La je SuiS en moDe reLax. voUs pouVeR m'iMagiNer daNs la Rue voUs crOiseR coMMe ca, au NatUrel teLLe un hOmmE dE touS leS jOuRs. jE suiS un fAntAsmE pOur voS reveS. »

(Le mIxeD cAse me rappellera toujours le chef-d'œuvre d'humour qu'est le tRoU dU cULz hiDEoUt. Toujours en ligne, toujours d'actualité. Encore plus même : la démocratisation des moyens de publication s'accroît hélas jour après jour, ainsi que l'idiotie des chatteurs ou la bêtise des passionnés de systèmes d'exploitation... Et Linux n'est toujours pas mort, en plus. La rebelz attitude se porte bien en 2007, soit dix ans après...)

Nikita Calvus-Mons à 19 h 27 dans Sportif-traître - Lien permanent - 3 commentaires

vendredi 07 septembre 2007

Une ogive dans le cul de Jean-Pierre Pernaud

Effluves nauséabonds évoquant avec force l'été 2002 à la télé de maçon : TF1 fait péter le dispositif de la mort pour la Coupe du monde de rugby. Essayant d'amener encore plus vite que prévu ce sport au niveau de beauferie du football professionnel (mission sacrée s'il en est). Mettant pour ce faire les petits plats dans les grands, et faisant rêver le plus chauvin des amateurs un tout petit peu lettrés de rugby (moi, peut-être) d'une bonne grosse débâcle française. Journal de 13 h dans le Stade de France vide, présence de l'ineffable Jean-Pierre « Casque d'or » Rives — le Platini du rugby, disons, pour que le lecteur ignare se figure un peu — au micro, relents nostalgiques du champion de France de la réaction, Jean-Pierre Pernaud, sourire mielleux figé sur sa bouche de mange-merde, potiche sexy obligatoire...

Ce gros nuisible de Pernaud a même réussi à diffuser les deux buts de Zidane en finale de la Coupe du monde de... football, sur l'air de « Ah qu'on aimerait revivre ça ! », devant un Rives coi. TF1, c'est aussi Thierry Gilardi, « spécialiste » de football, aux commentaires. Je sais, mes chéries, vous vous en battez l'œil (que vous avez doux), du sport de haut niveau. Mais enfin, merde, une belle passe sautée, un drop inspiré, un arrêt de volée dans les règles de l'art, ça vous a une sacrée gueule. Et TF1, non, décidément, ne cadre pas avec cet esthétisme-là... Enfin, passons.

Car la télévision c'est aussi cette parole d'un ouvrier de Carlsberg, à Copenhague, bientôt viré, mais qui ne s'en fait pas, comme ses collègues d'ailleurs ne s'en font pas non plus, rien à foutre qu'on me balourde, ah, le modèle scandinave, ce taux de chômage ridiculement bas — bande de losers ! encore une victoire française ! —, cet optimisme tautologique... Citons l'impétrant : « La souplesse du marché du travail, ici, est bénéfique pour tout le monde, sauf pour les personnes qui n'ont pas une bonne formation ou qui n'arrivent pas à trouver un travail. » Sans commentaire de la journaliste, ni bien sûr de cette pintade ravie d'Élise Lucet. Où me croyais-je ?

Nikita Calvus-Mons à 16 h 55 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

vendredi 31 août 2007

Le sens du godemiché

Sur les boîtes de godes (de phallus nervurés, moulés dans un caoutchouc plus rose qu'une gencive de bébé), cette mention qui nous laissa perplexes, ou goguenards : No Nonsense.

Comme si le rédacteur responsable des accroches destinées à appâter le chaland (ou la chalande) s'était dit : « Bon, maintenant, on arrête les conneries. Ceci étant le gode définitif, on ne va pas continuer à la jouer faux modeste. Tout le reste, tous les autres godes n'ont pas, n'ont plus de sens. Désormais, seul celui-ci a du sens. Fait sens. » (Vous reprendrez bien une louche de sciences humaines, dans votre vagin ? Non parce que moi ça m'excite.)

« Gosh ! » comme dirait Buck Danny. Le Sexodrome est un endroit palpitant. (Du verbe palpiter : « qui palpite ».)

Nikita Calvus-Mons à 13 h 11 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mercredi 20 juin 2007

God plaise you

Crévindiou ! El Camino de san Diego que j'ai visionné ce soir. Film répugnant, gluant de fatalisme religieux, racontant le chemin initiatique (je pouffe) d'un fan stupide, pléonasme je sais, de Diego Armando Maradona qui, comme mes innombrables lCeci est rigoureusement interdit.ectrices ne le savent peut-être pas, fut le meneur de jeu de l'équipe d'Argentine de fútbol dans les années 80 : un drogué qui marquait des buts avec la main, mais on lui disait rien parce que c'était censément Dieu lui-même qui l'inspirait. Les Anglais s'en souviennent encore : « Dieu et mon droit », mon cul ! (Soit : ta devise, up your ass !) Dans un Argentine-Angleterre de Coupe du monde, Dios est argentin de toute éternité. En 1986, Maradona marque de la main, la « main de Dieu » vous dit-on, vous dis-je, au risque d'insister pesamment, pour ne point dire lourdement car ce serait un bon vieux cliché. En 1998, Dieu expulse le meilleur rosbif, Beckham, et ses cheveux ; et l'Angleterre, cette équipe d'infatigables losers, sort encore une fois par la petite porte, éliminée par l'un de ses pires ennemis, à côté duquel nous autres bloody Froggies faisons figure de sympathique copain de régiment, ce qu'à God ne plaise !

Ce film merdique et haïssable narre donc l'édifiant parcours de « Tati » Benitez, un jeune boutonneux sans humour, sans cerveau et sans dignité qui se tape, en bus et en stop, les bornes séparant son bled du Nord de l'Argentine de la capitale fédérale, qui se trouve être Buenos-Aires, je dis ça pour mes lecteurs peu instruits qui s'adonneraient parfois à de frénétiques parties de Trivial Pursuit au lieu de lire du Alain Turgeon (dont le Gode blesse est un chef-d'œuvre) : le camembert bleu est au bout du chemin, les gars ! Ce qui ne nous précise pas que Tati trimballe avec lui un bout de tronc d'arbre censé représenter — par un miracle de base — le gros Diego, quand il était maigre, enfin, moins gros. Le ravi de la crèche a même taillé le numéro 10 dans le dos du morceau de madera (communément traduit par le mot français « bois »). Numéro 10 qu'il a aussi tatoué dans son dos de lumpen de la province de Misiones.

Tati arrive enfin devant la villa de ce salaud de Diego (qui n'en a évidemment rien à foutre) et lui laisse sa statue pourrie, par l'entremise d'un vigile chargé de réguler la furie des autres débiles mentaux venus adorer l'idole. On ne sait pas si la statue arrive vraiment dans les mains de Maradona, qui, le saviez-vous ? a donné son nom à un mauvais picrate argentin, mais l'espoir demeure en Tati qui n'est pas près de se départir de son sourire des plus naïfs et, partant, irritants. À côté, Jean Reno a l'air intelligent. Ce sourire argentin est un étalon de bêtise et de niaiserie.

Tout cela donne bien la mesure de l'incurie du fan de football, très développée en Amérique latine, et infusant comme nulle part ailleurs dans un détestable marigot de superstition et de christianisme. En plus, quel gâchis ! Cette ferveur n'est motivée que par Maradona, un cocaïnomane obèse qui ne savait pas jouer collectif.

Je sais bien ce que le premier connard social-capitaliste, à la tolérance chevillée au corps, sa mère en crampons, me dira : ce mépris des pauvres ne t'honore pas, Nikita, et quelle est cette haine qui t'anime donc, tout ça... Pour lui, respecter (ne pas mépriser) les pauvres et les illettrés, c'est sans doute les maintenir bien à leur place, avec par exemple ce genre d'œuvrette paternaliste où l'on sourit au ciel quand un aveugle vous tend un ticket de loterie. Tintin au Congo, à côté, c'est le Manifeste du Parti communiste.

Arrière, idolâtres ! Arrière, curés ! Arrière, Française des jeux ! Oui, arrière, Georges Remi ! Arrière, maradonistes !

De toute façon, le monde va beaucoup plus mal que vous le croyez, tas de crétins tolérants : sur le boulevard Saint-Germain, on danse ce soir (précisément juste au-dessus du MK2 OdéBon, c'est vrai qu'il est quand même plus classe que Pelé.on : voyez, je dénonce) au son frelaté des Black Eyed Peas qui, rappelons-le, ont leur place réservée dans le wagon à bestiaux numéro 3, qui s'ébranlera pendant le défilé du Grand Soir. Et je suis sûr que dans cette soirée de jeunes cons, il se trouve au moins pour ruiner l'atmosphère :

— deux étudiants en école de commerce ;
— un tombereau de pétasses se prenant, par la grâce de l'été, pour des starlettes, et qui ne baiseront pas, ou alors très mal, sous les assauts gauches de quelques limeurs ignares ;
— des électeurs de Bayrou, puisqu'il est statistiquement prouvé que cela existe ;
— et au moins cinq graphistes, vu qu'ils sont partout.

Nikita Calvus-Mons à 01 h 44 dans Sportif-traître - Lien permanent - 2 commentaires

dimanche 12 novembre 2006

Point de fétichisme ici

Godard l'esthète sera devant sa télé pour suivre également cette partie. Ceci pour procurer aux sceptiques la caution intellectuelle qui leur manquerait éventuellement. Mater la finale du Masters féminin, opposant les deux plus beaux jeux du circuit — Mauresmo comme Hénin-Hardenne possédant des revers parfaits, et le revers étant le plus beau des gestes sportifs, avec peut-être le saut en hauteur, la Panenka et deux trois choses d'escrime — est une idée bien plus intelligente que de s'enfermer au cinoche pour aller voir Le Diable s'habille en Prada ou tout autre navet.

N'en doutez pas, cette finale promet un niveau d'intérêt similaire à celui des confrontations du milieu des années 80 entre Navratilova et Chris Evert.

Me voilà transformé en programme télé. Je vous conseille le thé et les petits gâteaux, aussi.

Nikita Calvus-Mons à 15 h 58 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 11 juillet 2006

La tragédie grecque (non, pas l'élimination en 2004, l'autre, la Vraie) est dépassée

Après le concert à Corbetta, on avait fait un foot à trois contre trois. Un Italie-France. Déconcentrés pendant dix minutes cruciales, on avait perdu sur le score sans appel de 11-7. Pourtant, qu'est-ce qu'on dominait.

Les Italiens étaient les champions du monde de mon enfance. En 1986, la France, championne d'Europe en titre, avait sorti les coéquipiers d'Altobelli de la Coupe du monde sans forcer, dans une atmosphère encore plus chauvine qu'on en connaît aujourd'hui (le journal d'Antenne 2 s'ouvrit ce soir-là à vingt heures par ce titre débile : Venger Vercingétorix). Tous les matchs amicaux se soldaient par des leçons aux azzurri, généralement parachevées par Platini, Il Francese d'origine italienne qui jouait à la Juventus de Turin... Mine de rien, c'était à mes yeux la plus grande performance de ces années-là : que battre l'Italie facilement soit à ce point une habitude. Parce que j'ai toujours aimé, et respecté, parfois irrationnellement, la Squadra. J'étais un des seuls, dans le bar de banlieue où je suivais la finale de la World Cup américaine de 1994, à souhaiter ardemment que les Brésiliens perdent. Ceux de l'horrible Dunga, ce demi défensif coupé en brosse à côté duquel Didier Deschamps faisait figure de créateur. Déjà à l'époque le mythe brésilien, cette supercherie à l'usage des béotiens, faisait des ravages. Il fallait aimer le Brésil, et peu importe qu'il jouât aussi mal et moche qu'une vulgaire équipe d'Allemagne. La règle n'a pas changé et essaime même à présent jusqu'à certains connaisseurs réactionnaires : il faut toujours aimer le Brésil, parce que c'est le football-samba, que les types ont des sourires grands comme la plage de Copacabana, que leurs entraînements sont un spectacle... Un ramassis de clichés éculés, oui. Essayez de vous rappeler une seule équipe du Brésil bandante depuis 1986, un seul milieu de terrain de la classe de Socrates. Alors, vingt ans après, en plein mythe Ronaldinho, la leçon que Zidane leur a infligée en quarts ? Le bonheur.

Le coup de boule sur Materazzi ? La tristesse, partagée par pas mal de monde apparemment. Au Zizou virtuel des publicités pour compagnies d'assurance, le gentil, je préfère le Zidane orgueilleux, qui s'oublie dans un moment de fureur et frappe sans réfléchir un authentique crétin (Materazzi a toujours été un boucher, ceux qui suivent le calcio en connaissent un rayon sur ses tacles assassins). Cantona (bordel, encore un immigré italien !) n'avait pas fait moins utile quand il a taclé à la gorge ce facho anglais de Crystal Palace.

C'est beau, un monde qui joue, hein ?

Nikita Calvus-Mons à 04 h 15 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 27 juin 2006

Punks à chiens, murs en pierres et Coupe du monde

(Suite du texte du dessous)

Adoncques je suis assis à cette table en bois, sur un banc, comme je le serais sur une aire d'autoroute puisque le lieu du festival où je dois me produire dans un peu moins de deux heures est un petit parc ceint de murs de vieilles pierres, dépendance d'un manoir appartenant à la municipalité de Corbetta, et qui sert sans doute de dortoir aux techniciens travaillant pour le festival, ou festoche, comme disent les punks.

Il est vingt et une heures et la tension monte. Depuis le début de l'après-midi, je me fais chambrer. Tout le monde, autour de moi, se moque éperdument du match Togo-France, dans le style méprisant que je connais bien : « Mais ils sont nuls ! » Moi, nuls ou pas, je suis bêtement derrière eux et je préférerais qu'on repousse le concert d'une heure pour pouvoir regarder tranquillement ce match décisif, bordel, au bar le plus proche (mais Corbetta ne ressemble pas à une ville animée, alors le bar le plus proche...).

J'ai trouvé la parade. Quatre commentateurs très spéciaux ont promis de me faire vivre le match par SMS. Mon sociologue a répondu présent. Pas le dernier pour chambrer avant la compétition, il s'est finalement pris au jeu et m'enverra à la mi-temps le message le plus touchant :
« 0-0 à la mi-temps c insoutenable!!! » Pour moi, par la grâce de la vodka pure et d'un cigare Hamlet, dont on connaît les propriétés relaxantes adaptées aux instants de violente adversité, c'est un peu moins insoutenable, mais j'imagine T., sa bière à la main, dans un pub empli de beaufs n'osant pas avouer, cette fois, leur racisme ordinaire1, les yeux rivés sur l'écran, voir s'égréner les occasions, le but refusé de Trézéguet, le fantôme de juin 2002 s'installer progressivement sur cette partie... et je vis avec lui ce match, en même temps que j'écoute les discussions politiques avinées de mes camarades musiciens, à la table en bois (sur l'air de Faut-il accorder aux couples homosexuels le droit à l'adoption ?, non-débat rétrograde, aussi peu intéressant qu'une interview de Zidane, au fond). À vingt-deux heures vingt, le téléphone fait bip, et c'est ma sœur, la plus rapide, qui m'annonce sobrement « Buuuuuuuuuuut de Thuram!!!! » avant de se reprendre, vingt secondes plus tard, « Non de Vieira pardon ». Entretemps T. n'avait pas perdu une seconde et m'avait également annoncé, dans un style d'ailleurs similaire : « Buuuut de Vieira!!! et rebelote à l'instant ». Henry avait doublé la mise, comme on dit dans le jargon. Les plus féroces imbéciles avaient donc tort.

Ma sœur et mon pote T. : les plus efficaces commentateurs, mais pas les seuls. Il y eut aussi D., qui en fit tellement qu'en fait cela fut peu probant : il essayait en vain de m'appeler, et d'Italie, décrocher risquait de vider mon forfait, ce que j'ai fini par lui expliquer précipitamment au bout de trois appels, parce que je sentais bien qu'il devait se passer quelque chose et j'étais trop frustré de ne pas pouvoir savoir quoi. Il se résigna donc au SMS en toute fin de match, à l'heure pile pour moi d'entrer en scène. Gloire lui soit rendue comme à ma sœur (« La France est qualifiée!!! ») et à T., ainsi qu'à G., beaucoup plus sobre, et menaçant : « Nous y sommes. Next : Spain. » Je reconnus bien là son style subtilement branché, pas forcément éloigné de celui de L., maniant une certaine outrance poelvoordienne, cette certitude belgo-franchouillarde, avec brio : « C la méga gagne. »

Je n'oublierai pas ce Togo-France vécu au milieu des moustiques, au son d'un groupe douteux — ersatz teinté de punk atmosphérique de Rage Against The Machine — qui jouait avant nous. Alors que N. et A. lançaient les premières notes de Colder, j'étais en train de m'installer lentement et avec méthode, comme d'habitude, branchant ma petite table de mixage, fourrant les oreillettes en caoutchouc dans mes... oreilles, ajustant le volume du clic, et lisant les tout derniers messages, le téléphone portable posé à côté de la bière et des baguettes. L'équipe de France avait vaincu le signe indien, Zidane pourrait sortir la tête haute, et nous allions enfin vivre un vrai match de foot, un huitième de finale contre l'Espagne.

Irrationnel. Mais incomparablement excitant.


1 Contre la Corée, gueuler « Pédé de Coréen » passe, non sans provoquer une certaine gêne chez les autres spectateurs (et vos serviteurs T. et moi, qui tentâmes du coup quelques saillies anti-françaises pour tester l'humour des gros beaufs précités, sans succès), mais contre le Togo, il semble difficile de gueuler « Lâche la balle, connard de négro » sans s'en prendre une sévère dans la gueule. Mystères impénétrables du racisme.

Nikita Calvus-Mons à 01 h 32 dans Sportif-traître - Lien permanent - 1 commentaire

mercredi 14 juin 2006

Un but de Kaka n'est pas un but de merde

Étrange affaire, cette Coupe du monde. Et ce sport dont tout le monde parle sans souvent en comprendre quoi que ce soit.

Regardez, ce soir, ce tir de Kaka, le but brésilien contre la Croatie. On entend dans le bar, lorsque le ralenti passe, des : « Oh, la frappe de mule ! ». Je m'excuse, mais c'est au contraire une frappe du plat du pied parfaitement placée, tout l'inverse conceptuel d'un tir du cou-de-pied de trente mètres (citons par exemple comme émules de cette technique Koeman, le bourrin néerlandais, ou William Prunier, le bourrin français, ou même Roberto Carlos, qui la frappe un peu de l'extérieur pour frimer mais au fond, quelle différence, Bob ?). Bref : de frappe de mule, il n'y a pas ! L'auteur de cette saillie est visiblement un inculte du football. Ce qu'on appelle, sur certains forums autorisés, un footix1 : quelqu'un qui a découvert qu'il aimait ce sport le 12 juillet 19982, qui ne l'aime au fond pas vraiment, mais qui est toujours — vous vérifierez — la plus grande gueule dans un bar diffusant une partie de soccer.

Il y a cependant plus con qu'un footix : un supporter. (Le supporter est toujours le plus con. Comme disait Gary Lineker, numéro 9 anglais emblématique des années 80 : « Le football est un jeu qui se joue à onze contre onze avec un ballon, et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne. » Moi je dis : « Jouer au con est un jeu dangereux, mais à la fin c'est toujours le supporter qui gagne. » Toujours. Même un supporter qui se croit intelligent, question de CSP. Et pourquoi le supporter est-il toujours le plus con ? Parce qu'il est patriote, aveuglément. Ou pire : qu'il a l'esprit de clocher. Bastia-Ajaccio : deux morts3.)

Le supporter et le footix se détestent. La grande théorie du supporter, c'est que même dans les moments difficiles, il faut soutenir son équipe. Lui-même, entre 1987 et 1994, pendant la période noire de l'équipe de France, n'en avait plus grand chose à foutre, comme vous et moi, mais ça ne compte pas. On est toujours le footix de quelqu'un, au royaume merveilleux des footeux.

Adoncques, pourquoi aimer le football, sport de la majorité, donc des cons ? On ne sait pas vraiment. L'enfance ? Elle joue un rôle, majeur. Le quart de finale des interclasses au collège Guy-Debord, entre la 6e B, spécialiste du coup franc brossé psychogéographique, et la 6e D, maîtresse dans l'art de l'ouverture millimétrée conseilliste, a laissé des traces chez tout le monde. De profondes blessures, chez pas mal d'artistes au corps malingre, pas foutus de taper un six mètres (le genre Jarvis Cocker, ou alors5 chanteur de rock neurasthénique américain — sauf qu'on comprend mieux le mécanisme américain de refus de jouer au ballon, vu le sport d'abrutis qu'est leur football, qui se joue à la main, preuve supplémentaire de l'incurie yankee, mais on n'en avait pas besoin, ils ont déjà Sofia Coppola).

La plupart des spectateurs d'un match de football est totalement incapable de pratiquer ce sport. Ces gens, car c'en sont (et Dali l'a !), n'ont aucun début de théorie sur le jeu ; sans parler même de théorie, ils ne savent même pas un instant ce qu'ils en attendent. Du reste, les gens qui ont été voir Marie-Antoinette au cinéma et ont apprécié le film n'ont, eux non plus, aucune idée de ce qu'ils attendent du cinéma en tant que, disons, mode d'expression. D'où : la discussion de comptoir, pas plus brillante quand il s'agit de discuter la non-sélection de Ludovic Giuly que quand son sujet central est : « Est-il judicieux de coller une paire de Converse dans un film en costumes et si oui, pourquoi ? ». Foot ou cinoche : au comptoir, au bureau, dans le lit conjugal, les avis autorisés des inaptes prospèrent et nous n'avançons guère.

Soit Yau-de-Bigl, citoyen martien (maillot vert Manufrance), tout juste débarqué sur notre planète, en goguette en bord de Marne, ne pigeant rien au football, cette liturgie terrienne, mais curieux de tout, espiègle, ouvert, bref le type sympa. Interrogeant Céline, chômeuse ordinaire à petits seins : « Qu'attendez-vous du cinéma, vous autres, Terriens ? » Céline est bien emmerdée, bafouille : « Euh... J'sais pas. Qu'ça m'divertisse ? Qu'ça m'fasse oublier les soucis du quotidien ? Un pot de pop-corn puant ? » On le voit, Céline ne sait pas. Elle s'en cogne. C'est pour cette raison qu'elle trouve audacieuse Sofia Coppola, par exemple. Et elles sont des millions, comme elle.

Le footeux de base est pareil. Il ne connaît rien au foot, ne comprend rien à l'éthique du jeu, mais va voir les matchs, sans La preuve par l'image. Kaka, numéro 8, du plat du pied dans la lucarne.jamais quitter le ballon des yeux, alors que les trois quarts du jeu se passent autour, et hurle « Putain la frappe de mule ! » sur le ralenti d'un tir du plat du pied de Kaka (pet à son âme, quand il mourra).

Le plat du pied n'est pas une notion anatomique, c'est une notion footballistique que quiconque n'a jamais tapé dans un ballon — je veux dire lors d'une partie de foot — ne peut pas comprendre, comme celui qui n'a jamais tenu une raquette de tennis ne peut pas comprendre la poésie qui se dégage du passing shot de coup droit de Yannick Noah en bout de course, le long de la ligne, dont l'effet — un lift particulier, latéral — fait d'abord sortir la balle hors des limites du court avant de la ramener juste à temps, c'est-à-dire avant son rebond sur le sol, dans les limites légales, laissant l'assaillant adverse pantois. (Beaucoup d'italiques ? Oui, mais j'explique, merde.)

Le meilleur endroit de Paname pour aller voir un match de foot est le Mazet, dont la serveuse est un bijou absolu. Le type qui considère qu'une frappe du plat du pied de Kaka est une frappe de mule, c'est son mec, c'est dire s'il a tort, et si j'ai raison.

Quant au match de l'équipe de France, vous pouvez vous brosser pour que j'en parle, sachez simplement qu'en tant que soixante-millionnième sélectionneur (pas simplement social-traître, donc) je préconise, afin de moucher les Sud-Coréens, le départ de Patrick Vieira en vacances, la titularisation de Dhorasoo comme milieu offensif droit, l'entrée du jeune balafré Ribéry pas avant la soixantième minute, comme joker, et la présence de Trézéguet, notre bien aimé renard des surfaces, dans une attaque à deux pointes, c'est-à-dire, tas d'anti-français, le retour au
4-4-2 en losange prôné lors des matchs de préparation. Parce que ce n'est pas en continuant comme ça qu'on vengera, en demi-finale, les glorieux aînés de Séville4.

Bien le bonsoir.

Demain, je parlerai de cunnilingus, parce que tout ça a assez duré.

Mise à jour du 3 juillet : une fois n'est pas coutume, je me vois obligé d'ajouter à ce texte une insulte assassine à mon endroit, suite aux deux démonstrations successives de l'équipe de France, et notamment de Vieira. J'avais à peu près tort sur toute la ligne, comme presque tout le monde. Ce qui devrait m'inciter à cesser dare-dare de parler de football sur ce site (me voilà bien attrapé).


1 Footix, en référence à la mascotte officielle de la Coupe du monde française de 1998. Quoi de plus idiot qu'une mascotte, au fait ?
2 Date de la finale victorieuse contre les Brésiliens, après laquelle Thierry Roland eut ce mot émouvant : « Eh ben, après ça, on peut mourir ! » (Il avait déjà vu Venise, lui.)
3 Pourquoi la Corse ? Pourquoi pas ?
4 8 juillet 1982, Séville. En demi-finale du Mundial espagnol, la RFA bat la France aux tirs aux buts contre le cours du jeu (avec au passage l'agression non sanctionnée de Patrick Battiston, brillant stoppeur français, par l'ogre teutonique et moustachu Harald Schumacher), prolongeant le bail de l'esprit revanchard anti-germanique de quelques siècles.
Merci, Chat fou. J'ai opté pour l'ajout d'un mot, donc. Révisionniste, hein ?

Nikita Calvus-Mons à 00 h 27 dans Sportif-traître - Lien permanent - 2 commentaires

mardi 13 juin 2006

J'ai huit secondes pour vous dire que la barre Thierry Henry, c'est de la dynamite

Et puisqu'il nous faut parler de foot, rendons à Gustave Kervern ce qui appartient à... Gustave. Son texte, dans Libé d'hier (lundi), est un court chef d'œuvre de musique répétitive, érudite, désaxée et éminemment politique sur un sujet que nombre d'intellos pourtant passionnés ont traité sans génie, comme il incombe aux intellos.

Vous n'avez qu'à aller le lire, et puis vous me le copierez-collerez cent fois, s'il vous plaît, parce que j'ai égaré mon exemplaire de Libération sur un bureau d'open space, loin, très loin, aux confins du XVIIe arrondissement, pas très loin d'Asnières où, déjà, Fernand, Raynaud.

(Mine de rien, un petit cours de bon usage du chiffre romain, en deux posts brillants comme une paire de Converse vintage roses, eh, ça te pose son blogueur, hein ?)

Nikita Calvus-Mons à 03 h 03 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

La suite du blog

Actif après un bon goulasch

Café du commerce