60 millions de social-traîtres
Le sous-titre est un concept déviant.
samedi 19 avril 2008
Apocopes
Il est amusant de constater que le mot cheeseburger, désignant un objet sans coins (car rond), sans aucun sens (propre ou figuré), se mangeant par n'importe quel bout, subit les outrages de l'apocope (cheese) et de l'aphérèse (burger) sans sourciller.
Ils sont quand même forts ces gros cons de Ricains.
Nikita Calvus-Mons à 16 h 09 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 2 commentaires
mardi 12 février 2008
Toute
Vous voyez, je suis le genre de type capable de, et non seulement capable de, mais conditionné pour se poser la question suivante sérieusement, quand il a envie d'écrire une fille toute en courbes : faut-il plutôt respecter la règle de l'invariabilité, choquante pour l'œil — cette fille, je ne pouvais pas lui enlever ce e, elle était trop jolie, et ma foi elle l'est toujours, probablement, à moins d'une chute de cheval hier, encore très jolie donc mais hors de ma vue, ce qui me chiffonne un tantinet —, ou bien a-t-on le droit de, je veux dire l'usage nous permet-il de biaiser, et de ne pas se forcer à écrire tout en courbes ? Je perds du temps sur ces questions, je vous jure. Cumulée, la durée me ferait peur, je crois.
Vous me direz, inspecteur, que « c'est équivalent à l'oreille », et que par conséquent je peux toujours aller me brosser avec mon problème à la noix, mais je suis atteint de ce truc, de cette névrose que les correcteurs professionnels, toujours un peu pédants, nomment parfois la « lecture angoissée ». Comme j'écris, en plus, ça me donne la maladie corollaire : l'écriture angoissée. Je les ai toutes les deux. Forcément : je m'autocorrige pendant que j'écris. Bien sûr, mes vraies névroses résideraient plutôt dans l'usage parfois exponentiel des parenthèses, simplement pour emmerder le monde qui n'aime pas ça, les parenthèses — et si je me mets à être parfaitement honnête comme je sens bien que vous mourez d'envie de m'y pousser à grands coups de tatane s'il le faut, je dirais, j'avouerais que mes névroses ne sont pas du tout d'ordre éditorial, qu'elles ont bien plus à voir avec ma difficulté finalement pénible à nouer des relations amoureuses à peu près équilibrées et ce depuis quelques années maintenant, mais le mot névrose, je ne vois pas pourquoi à moi précisément on interdirait de le galvauder vu ce que je vois autour de moi, alors voilà : je suis correcteur, donc névrosé. Et je mets trop de parenthèses (pas une seule, dans ce texte-là, cependant) ce qui fait de moi un névrosé de haut vol.
Quant à l'amour, je l'emmerde, ce soir au moins.
Nikita Calvus-Mons à 01 h 16 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 2 commentaires
vendredi 08 février 2008
When I'm sixty-four
Ce bébé-là, tout en bajoues, les yeux toujours plus ouverts sur le monde, la langue tirée dardée, les jambes fléchies puis tendues brusquement comme un cric manipulé en accéléré, comme si, petit, j'avais besoin de changer une roue alors que je te tiens sous les aisselles, pour n'y rouler aucune confiserie potache, mais simplement pour soulager ta mère qui fait couler le café, et pour profiter un peu de ce que tu es : un petit d'homme de six mois qui me touche comme jamais petit d'homme depuis mes frère et sœur, il y a vingt ans, ne m'a touché.
Pour faire enrager ta mère je t'appelle Balladur, il faut dire que tes joues de hamster sont hallucinantes, l'appel habituel aux gros bisous baveux, mais en plus pneumatiques, si c'était seulement possible. Tu bats tous les records, tes bajoues se projettent vers l'avant, amazing cheeks mon garçon, amazing.
Je ne t'ai pas vu depuis quelques jours, deux semaines peut-être ? mais je pense à toi quand je passe rue du Jour où ta maman, tu ne le sais pas, s'est fait carotter par le patron de Zadig & Voltaire — en face de l'église Saint-Eustache la soupe populaire s'installe, j'attends D. au Quigley's Point, ce moche pub irlandais où passe un match de la Copa Libertadores, cette coupe continentale de football au nom imprimé par l'histoire. Je pense à toi, petit Louis : et je me dis que j'ai envie de vivre au moins trente ans de plus, pour te voir entrer dans la vie adulte, in your thirties je pense, car je me parle souvent tout seul en anglais, in your thirties et je pense que ça rime avec in her panties, je me mets à divaguer, à calculer : zéro plus trente égalent trente, trente-quatre plus trente égalent soixante-quatre, quand j'aurai soixante-quatre ans petit Louis tu en auras trente, à peu près mon âge, celui de ta mère quand nous nous sommes séparés, quand j'aurai soixante-quatre ans, when I'm sixty-four, tiens, une chanson des Beatles, quel étrange hasard —
Nikita Calvus-Mons à 00 h 32 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires
mercredi 06 février 2008
Âme andine
La belle Nantaise un peu barrée, encore plus instable que moi, se colle une mine un mercredi après-midi dans un bar parisien dont elle emballe le patron — à dix-sept heures, belle perf — tout en déplorant que l'histoire soit impossible, car il est « maqué, avec un enfant ». Tous les (« connards de ») mecs, subitement, en prennent pour leur grade dans le téléphone, moi le témoin de sa colère d'actrice, elle gueule mon prénom, mi-implorante, mi-amusée (en fait le rapport est plutôt 20/80), quand je lui explique qu'on ne se verra pas, vu les circonstances, un brin bordéliques. Nous devions pourtant nous voir ce soir, à sa demande. Elle m'avait appelé hier. Je n'avais plus eu de ses nouvelles depuis six bons mois. Alors pourquoi pas ? Une revenante ! Mais elle est vraiment trop imprévisible. Je commence à la connaître : je ne lui en veux pas. Elle est en train de devenir pour moi un spectre charmant, aux manifestations aléatoires, et j'accepte ce rythme imprévisible, ses apparitions à contretemps. Peut-être que je ne la reverrai jamais, peut-être que je lui ferai un enfant par erreur après un coït foireux. Entre ces deux possibilités d'interaction ? L'infini, qui contient la passion, la routine, l'indifférence, le match de tennis. Quel vertige !
Nikita Calvus-Mons à 19 h 30 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 3 commentaires
lundi 04 février 2008
Ce qui n'est pas rien (convenons-en)
Je cherche des renseignements (généraux) sur le Surfer d'argent et je tombe là sur cette phrase, assez tordante, dans son genre :
Equipé de ses attributs et investi de son pouvoir cosmique, il fut l’un des super héros les plus puissants de son époque. Il était capable d’encaisser un coup direct du marteau de Thor et de lutter avec Hulk a main nues. Ce qui n’est pas rien.
« Ce qui n'est pas rien » : j'imagine le lycéen placer cette remarque dans une copie de dissertation, avec l'air de ne pas y toucher. Tordant, je vous dis.
Finalement Wikipédia n'est qu'une gigantesque copie de dissertation, niveau seconde. Ses incessantes maladresses de rédaction la rendraient presque attendrissante, cette sous-encyclopédie.
Nikita Calvus-Mons à 02 h 04 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 3 commentaires
samedi 15 décembre 2007
Spécificité
La Flèche du temps de Martin Amis est un roman fantastique, glaçant et vertigineux. On parlait de uncanny valley récemment chez un voisin : j'y suis tombé dans cette vallée de l'étrange effroi, en quelques occasions. Amis raconte la vie d'un « médecin » nazi, à l'envers. De la mort à la vie. Sans jamais savoir ce qui l'attend, il revient vers le vagin de sa mère, la pénétration finale qui précède le néant (il a bien compris que les bébés disparaissaient tous au bout d'un moment, après avoir suffisamment rapetissé). Il « naît » vieillard,
entre les mains de docteurs canadiens, qui lui administrent, à peine est-il venu à la vie, quelques électrochocs. Perte de conscience. Puis réveil au-dessus du rosier, qu'il est en train de tailler, seul, insouciant. Après quelques pérégrinations à New York, puis au Portugal, et quelques changements d'identité, il découvrira que sa mission, à Auschwitz, est de créer une race à partir des cendres extraites de ce qui ressemble à des fours. « Aujourd'hui, nous avons fait les Juifs hongrois... » La voilà la vallée. C'est sidérant, fascinant. Je lisais ces passages, pendant une nuit récente, le souffle court, m'arrêtant toutes les cinq pages pour réfléchir quelques longues secondes — au bord de l'abîme. La puissance d'évocation du roman pour moi est sans pareille.
Nikita Calvus-Mons à 20 h 19 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 3 commentaires
vendredi 23 novembre 2007
La vérité blesse
Le morceau me rappelle des souvenirs, ce qui en soi n'est pas une surprise, est du déjà-vu, un cliché, et les souvenirs en question sont au nombre de trois, un séjour aux Arcs en été pendant un putsch manqué en Russie — première angoisse d'apocalypse nucléaire dans mon cerveau à peine déniaisé — où ma mère fraîchement séparée de mon père eut un accident de montagne, grave, c'est ma cousine qui écoutait cet album pendant ces vacances, les ultimes vacances de l'adolescence, non, le vrai souvenir c'est en fait ma cousine portant sur ses deux gros seins le T-shirt avec la rose sur fond noir et le titre de l'album, le deuxième souvenir est le salon de la dernière maison commune de mes parents, son odeur étrange de moquette pourrissante, de doucereux vomi, ou de renvoi de bébé, mon frère est encore bébé à cette époque, odeur pas complètement désagréable, et moi isolé avec le casque sur les oreilles, écoutant le morceau à tue-tête, découvrant peut-être fasciné l'effet d'un son de caisse claire correctement travaillé (à 2'22"), quant au troisième souvenir c'est celui que les paroles, que je comprends subitement aujourd'hui, ramènent à la surface, sans que la musique y soit pour quoi que ce soit, moi trompant « contre mon gré » la femme que j'aime, nuit sans intérêt, à part la griserie de la séduction et une jolie fellation au milieu du salon, et je dis la vérité le lendemain à celle que j'aime, parce que je ne peux pas supporter de lui mentir, résultat : bien sûr, séparation et même insultes, la seule fois qu'elle m'insulta — non, la première fois, la seconde et dernière c'est quand séparés depuis la veille mais tout de même encore ensemble — un week-end dans le Sud, à finir quand même, notre premier week-end d' « amis » en somme, pas prévu comme tel à l'origine — bref, pour l'emmerder car je lui en veux, je roule exprès trop vite au volant de la voiture louée, une Clio verte, au milieu des Corbières, moi-même je me fais un peu peur, elle me traite, une fois la voiture arrêtée au premier feu rouge, parce qu'elle a eu vraiment peur, de « connard », ou de « pauvre con », c'est un quatrième souvenir donc, qui n'a aucun rapport direct avec le morceau, digression, le morceau est Policy of Truth, de Depeche Mode, qui me fait penser, avant tout, à toi qui peut-être passes encore ici de temps en temps et ne veux plus me voir, tu écoutais Depeche Mode dans ton salon de la rue Montgallet, ainsi qu'un jour une de mes répétitions, en faisant une moue légitime mais tu avais voulu savoir, entendre, et l'enregistrement d'une répétition n'est jamais agréable à écouter, le dernier souvenir — ça en fait cinq — que ces paroles ramènent est la salle d'un restaurant du Mans, moi en face d'A. qui m'explique sa vision des choses, tout se dire, liberté absolue mais toujours tout se dire, et moi échaudé et probablement plus mûr qu'elle, je dis le contraire, ne pas dire ce qui n'a aucun intérêt car c'est faire souffrir l'autre gratuitement, dire la pipe furtive de l'inconnue ce n'est que se faire plaisir et nourrir la relation par le conflit, la torture mentale, mais elle n'est pas d'accord, et six mois plus tard elle me fera le coup, « j'ai rencontré quelqu'un, qu'en penses-tu ? » ce qui brisa tout mon désir —
you'll see the problems multiplied
if you continually decide
to faithfully pursue
the policy of truth
Nikita Calvus-Mons à 11 h 37 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 3 commentaires
mercredi 14 novembre 2007
Froissé aussi
Cassano, un commercial qui vient d’arriver dans la boîte, déjeune en compagnie de Deschamps, Lalanne, Fonseca, Julie, Decazeville, Chaumont, Jouandeau et moi. C’est une première ; d’ordinaire les commerciaux et nous ne mangeons guère ensemble. Cassano est le cinquième commercial de la boîte, le troisième embauché en un mois. Son boulot consiste à vendre l’espace publicitaire disponible sur les pages que nous créons. Lors d’une grande fête organisée par Morgane, notre responsable du marketing, pour les trois ans de la filiale française, il est venu s’asseoir à côté de moi, juste avant le dessert, et m’a hurlé dans les oreilles, pour couvrir Bittersweet Symphony, diffusé à un volume assourdissant : « Je me sens profondément de sensibilité de gauche ! » Cet aveu surprenant, maladroit, inopportun même, nous l’a rendu tout de suite sympathique, bien qu’il se dise chevènementiste. Ce midi, nous profitons de la première terrasse du printemps et Cassano et Jouandeau sont en grande discussion au sujet de l’arrivée, choquante pour nous tous, sauf Deschamps, qui s’en branle, d’une stagiaire.
— Une couleuvre de plus à avaler, une veste de plus à retourner... ironise Fonseca, ce qui irrite Jouandeau, qui est probablement le plus intègre d’entre nous, est arrivé depuis janvier dans la boîte et a refusé le plan de stock-options, ce que j’avais souhaité faire il y a deux ans avant de faire le calcul de ce que ça pouvait représenter, et de me prostituer en douceur, comme tout le monde avant et après moi.
— C’est ton problème, Fonseca. Moi je fais pas la pute.
Fonseca, sincèrement heurté, je le vois à son air subitement devenu idiot, ne réagit que par un étrange gloussement.
Cassano, qui est plus vieux que nous, environ trente-cinq ans, et vient d’une régie publicitaire de presse, tempère la discussion intelligemment et commence à raconter une blague un brin laborieuse, dont la chute est « L’amandier, parce qu’il croûle sous les amandes. » Je ne comprends rien, n’ayant pas entendu le début, occupé que j’étais à observer un vieux clochard à vélo montant et descendant la rue piétonne en zigzaguant périlleusement entre les poussettes.
— Une petite Goebbels bottée de cuir, en jupe plissée ! éructe soudain Lalanne, qui a fermé sa gueule depuis le début du repas. Il veut sans doute parler de la stagiaire, qui intègre le département communication. Lalanne est un érotomane pur jus.
Nikita Calvus-Mons à 02 h 53 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 2 commentaires
In the paper bin, froissé depuis 2005
(Au bureau, hier, après une série de bruits de coups de feu — le son de la stock alert, l’alerte à l’érection boursière — suivie de ceux de bouchons qu’on fait sauter, l’action a franchi un cap symbolique, celui des cent dollars, ce qui, nous l’avons tous calculé rapidement, nous rapportera environ un million, net d’impôts. Nous sommes vingt salariés, dont huit dans mon département — le pôle éditorial. Nous sommes les moins bien pourvus en stock-options. Après cette excellente nouvelle, un tournoi de ping-pong s’est spontanément organisé de quatorze à seize heures, et je suis arrivé en demi-finale, après avoir explosé Deschamps en quart, 21-12. En général, nous ne disputons qu’une manche. C’est Lalanne qui a remporté le tournoi.)
Nikita Calvus-Mons à 02 h 45 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires
vendredi 26 octobre 2007
Acquiescement et péroraison
Je vous présente la femme qui acquiesce. L'assentiment silencieux, le mouvement de la tête et des yeux — poids du menton qui tire la tête, et les deux paupières, vers le sol : gravité ! La femme qui acquiesce imite la gravité. La femme qui acquiesce est une simulatrice. Elle fait semblant de comprendre : écoute, désespérément. Peu importe qu'en face l'homme pérore, se soit perdu depuis longtemps déjà dans les méandres d'un monologue confus, attende que quelqu'un, quelque part, un barman par exemple, l'interrompe, le sauve, le tire hors du piège de sa pédanterie de l'instant : la femme acquiesce, et sourit, et hoche, à intervalles honteusement réguliers, la tête. On ne décèle pas le moindre mépris dans son sourire — un mépris qui pourtant rassurerait l'homme sur la qualité de sa proie. Non, la femme sourit, acquiesce, simule, gravité, point G, l'homme pense point G, comment le trouver au fond, celui-là, lui demander ? la choquer, peut-être ? où, à quel niveau, combien de doigts ? que répondrait-elle ? sait-elle encore parler ? d'où vient son silence ? de ce qu'elle me désire ? ou bien n'a pas envie de passer pour une imbécile ? pourquoi ne me méprise-t-elle pas ? pourquoi ne pas mépriser le méprisable ? le péroreur ? le Solal merdique de l'âge de la com ? l'homme aux trente-deux dents exactement semblables, immaculées pour mieux, etc. ?
Mais je suis sur des rails, pense le péroreur. Il est trop tard pour bifurquer. Un coït s'annonce. Cohen ne me sera d'aucun secours, à présent, ni Dick. Dick ! Bite. Ah, ah ! rit l'homme qui pérore — en douce il rit : il le calfeutre, son rire. Il pense à sa bite. C'est dans l'ordre des choses.
Nikita Calvus-Mons à 14 h 22 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 3 commentaires
mercredi 24 octobre 2007
Tolstoï est-il un con ?
« Aimer d'un amour humain, c'est pouvoir passer de l'amour à la haine, tandis que l'amour divin est immuable. »
Tolstoï, Guerre et Paix
« L'Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la Ville. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. »
Genèse, 11, 5-9
Nikita Calvus-Mons à 14 h 12 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 5 commentaires
mardi 23 octobre 2007
Turbocompressé
écrit ; ne plus écouter la moindre musique lorsqu'on en fait, puisqu'on prétend en faire. Éprouver la solitude qui est la nécessaire mais non suffisante condition de la création. Ce qui me semble une évidence, l'évidence qui guide mes pas, ne l'est pas pour elle — elle utilise même le mot ineptie, au pluriel : inepties. J'ai peur pour elle, je n'aime pas ces systèmes implacables, ces moules à consciences, ces précipices aux bords desquels elle joue, se promène, semblant tester le diable et mimer la chute en permanence. Je vois devant moi quelqu'un de rare, à l'énergie débordante, qui me bouleverse, dans tous les sens du terme, positifs et négatifs ; je ne sais pas comment me comporter — moi dont l'énergie est presque uniquement intérieure, bouillonnant à l'étouffée. Oui, je cherche depuis des mois à m'extraire de toute influence pour pouvoir écrire quelque chose de puissant, que je porte en moi. Elle cherche autre chose : des armes, des gens, un réseau, l'argent qui est indispensable, une famille, mais avec toute la sincérité qui manque aux théories d'immondes arrivistes de ce temps, qui ne créeront jamais rien, eux, et qu'elle va néanmoins devoir apprendre à fréquenter.Nous sommes bien différents, au fond. J'ai toutes les peines du monde à n'y pas voir le travail de l'âge, ce qui l'irrite. Ça ne devrait pas l'irriter. C'est moi qui suis le plus éteint, le plus blasé des deux ; la comparaison est à mon désavantage exclusif.
Nikita Calvus-Mons à 21 h 35 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires
Actif après un bon goulasch
Bordel
Art Cinéma Gastronomie Littérature Mécanique Musique Poésie Radiophonie Science Société Sport Traduction
m'écrire
Café du commerce
- Pourquoi votre quotidien est un torchon (3)
Jeudi 03/07 11:25 - C. - Demeuré, moi ? (8)
Lundi 23/06 23:31 - 60millions - Oh hisse, enculé (21)
Dimanche 13/04 11:45 - Ephélide - Peter Bjorn and John (1)
Jeudi 12/06 06:28 - temps - Martyr, c'est pourrir un peu (5)
Jeudi 24/04 16:53 - GGG
Moi Tarzan toi Jane
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• Ici-bas — La Guerre totale
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• Monierza
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