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60 millions de social-traîtres

Mémoires sautés du temps

vendredi 15 janvier 2010

Enterrons officiellement et en grande pompe ce blog en un six cent soixante-treizième effort

Ce blog est bel et bien fini, bouclé, c'est du matériau pour les détrousseurs de cadavres, les asticots (l'asticot est le sujet de la notule que j'ai écrite pour le Dictionnaire de la Mort, à paraître ces prochains jours chez Larousse par la grâce de Philippe Di Folco).

J'écris maintenant là-bas, ailleurs, où j'essaye de concentrer mon effort. Ça s'appelle Transe infinie. C'Transe infinieest une suite logique. Une continuation. Et surtout une nouvelle source de plaisir, celle-ci s'étant tarie depuis longtemps par manque de but palpable, de... ligne éditoriale et/ou politique, si j'ose dire.

Mais je me suis pendant longtemps bien amusé sur ce blog rouge et noir, et il m'a donné le goût du travail bien fait. Merci infiniment à Stéphane Gigandet (de Viabloga) de m'avoir offert gratuitement cet espace il y a cinq ans, alors que je ne le connaissais pas et que je ne lui avais rien demandé, et parfois au prix de quelques sueurs froides lorsque j'insultais nommément (enculé !) des patrons de bar qui menaçaient d'attaquer l'hébergeur en justice. Tout ça est dans les archives du blog : du 29 mars 2005 à aujourd'hui, 673 textes, soit environ 2,7 textes par semaine. Sélection sans tricher d'un texte tous les cinquante, en partant du 1er (soit le 1er, le 51e, le 101e, etc., jusqu'au 651e) :

Où je remarque qu'il m'a fallu 13 mois pour atteindre 100 textes, 5 mois pour atteindre 200 textes (accélération prodigieuse), 4 mois pour atteindre 300 textes (encore plus rapide), 6 mois pour atteindre 400 textes (le rythme ralentit mais demeure assez stable), 5 mois pour atteindre 500 (je tiens le choc), puis 14 mois pour boucler les 600 (chute vertigineuse due à une lassitude certaine), et enfin 6 mois pour les 650. Il ne faut pas se leurrer : à ce rythme (parabolique), je n'aurais jamais atteint les 1000.

Cependant, je reste assez bêtement « fier » de cette masse de notes, textes parfois écrits sous divers stupéfiants (comme on peut nettement s'en rendre compte dans quelques uns de ces 14 échantillons, surtout « But I still haven't found »), et faire cette liste sans tricher fut assez amusant et m'a permis de jeter un regard étonné sur ce que fut ma vie bien chaotique pendant cinq ans. En trichant, j'aurais sélectionné les meilleurs, tous absents de cette liste.

Ce blog m'a permis de rencontrer des gens étonnants, brillants, et parmi eux la femme de ma vie. C'est kitsch de le dire, penserez-vous peut-être. Mais, dans la grande tradition de l'endroit, je vous enverrai alors vous faire voir chez les Grecs.

Je vous salue quand même bien bas. We'll meet again, mais plus ici.

Nikita Calvus-Mons à 19 h 55 dans Social-traître - Lien permanent - 1 commentaire

vendredi 20 novembre 2009

J'ai trente-cinq ans

C'est la fin de ce blog, vous vous en doutiez, mais la voilà officialisée. Pour les pauvres hères qu'une série sur les arrondissements de Paris amusait vraiment, je m'excuse : ça s'arrête ici. Je ne tiens jamais aucune promesse.

Ce blog, depuis plus de trois ans, était devenu quelque chose de symbolique, que je n'essaierai pas de vous expliquer. Mais le symbole a singulièrement perdu de sa force et de sa pertinence.

« Depuis plus de trois ans », dis-je, mais ce blog a quatre ans et demi, si je me souviens bien. Il n'était cependant symbolique pour moi que depuis plus de trois ans.

Fin du symbole.

Nikita Calvus-Mons à 10 h 39 dans Social-traître - Lien permanent - 9 commentaires

mercredi 18 novembre 2009

Ginola mort, qui pour le "crime contre la patrie" ce soir ?

Social-traître les amis, je suis un social-traître.

 

Nikita Calvus-Mons à 18 h 26 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 27 octobre 2009

Massacrer Robert Wyatt est un plaisir de bourgeois satisfait

Je n'ai jamais été « fan » de Taxi Girl. En 1979, j'avais cinq ans et j'écoutais la Marche turque de Mozart en boucle ; le quarante-cinq tours fourré dans un étrange appareil désuet qu'on appelait, très chers lecteurs impubères, un mange-disque1.

C'est pourquoi je regarde avec un mépris total le cirque des hypocrites de ma génération se gargarisant du génie maudit de Daniel Darc, dont je ne sais que trois choses :

1/ il a l'air sympathique et perdu ;

2/ son Cherchez le garçon fait parfaitement l'affaire dans les soirées d'appartement françaises, entre un gâteau au chocolat trop cuit, une lampée de champagne acide et deux autres morceaux de new wave, mettons A Forest de Cure (coupé avant la fin par une conne qui veut danser) et Marcia baila des Rita Mitsouko (coupé avant la fin par un con qui n'aime pas la variété) ;

3/ son come-back est, hélas, une pantalonnade de la pire espèce.

Hier soir, Daniel Darc est arrivé sur la scène du bourgeois théâtre Marigny, où un hommage était rendu à Robert Wyatt par l'« Orchestre national de jazz » (peut-on faire plus pompeux ?). Darc a débarqué sur la scène en lunettes noires, et en titubant. Il a ensuite « chanté » O Caroline, d'une voix plus qu'hésitante et nasillarde, sur le tapis de jazz soft et chiant que déroulait le batteur avec ses balais ; batteur (Yoann Serra) par ailleurs excellent toute la soirée, mais je n'ai jamais pu saquer les balais ni le jazz mou.

Daniel Darc s'est insulté, hier soir. Il a joué à son tour le rôle connu de l'ancien punk ayant frôlé la mort, en rédemption chez les bourgeois qu'il haïssait, ou hait encore, on ne sait pas. La récupération n'a jamais été aussi évidente qu'avec Daniel Darc. Convoquant (malgré lui ?) les fantômes de Gainsbourg et Bashung, comme Raphaël convoquera celui de Bowie après sa mort, il a fait son crooner et s'est vautré. Pendant toute cette torture, j'ai pensé aux enculés qui dans l'ombre manipulent Darc ; de toute évidence ce type-là aurait passé une soirée bien meilleure en restant alité avec une infirmière à domicile. Les gens qui font croire à ce mec qu'il a du génie aux seules fins de profiter de sa petite aura sont en effet des enculés. Management, maison de disques, tourneur : tous des enculés. D'ordinaires enculés, certes, dans le merveilleux cirque de l'industrie musicale...

À part la prestation honteuse de Darc (qui a même essayé avec l'énergie du désespoir, à la fin du morceau, de relancer le groupe à coups hésitants de scat pathétique — et y est arrivé, nous gratifiant d'une improvisation catastrophique à peine digne de garage rockers débutants), j'ai bien aimé la musique hier soir. Il faisait trop chaud, mais pendant le cocktail le champagne et les petits-fours étaient bons.

En voilà un qui n'est cependant pas aussi gentil que moi, et n'a pas tort :

Nous venons de voir ce concert. GROTESQUE. C'est le seul qualificatif qui me vienne à l'esprit. Les « artistes » ce soir se sont bien moqués de nous. La cerise sur le gâteau : Daniel Darc, ivrogne sans talent nous jouant la pire partition. Et le final d'autocongratulations interminable sans un mot ni merci pour Wyatt, la grande classe messieurs, ce soir vous avez trahi l'œuvre de celui que le public venait célébrer en vain. Plus jamais je n'irai revoir l'ONJ et par la même occasion je m'abstiendrai de remettre les pieds au théâtre Marigny, complice de ce désastre.

Il faut dire que quand on a payé sa place et que le type s'occupant de la « création vidéo » n'est même pas capable de brancher son ordinateur correctement sur le projecteur (écrans « bleus » en pagaille, et en dix mètres sur sept), on peut trouver ça irritant. Nous n'avions pas payé notre place — ce qui nous offrait le droit de prendre part au cocktail. Logique imparable.

D'accord, la musique était par moments intéressante. J'ai quand même cru que Wyatt était mort sans que je m'en sois aperçu : sa voix et sa « présence », annoncées sur le programme, n'étaient que des... enregistrements. Le jazz est depuis longtemps une musique de bourgeois morts et confits dans la graisse d'oie. Laissons-le à Pierre Lescure et Robert Hossein, boutiquiers gras et confits du théâtre Marigny.


1C'était comme une clé USB, mais ronde, et le port était vingt fois plus large, et la contenance de la clé atteignait 5 Mo par face (en 45 tours/minute), mais les convertisseurs analogique-numérique n'existaient pas, donc ce n'était pas comme une clé USB. Mais presque.

Nikita Calvus-Mons à 16 h 53 dans Musical-traître - Lien permanent - 2 commentaires

vendredi 23 octobre 2009

Estoy en la casa y estoy bebiendo gin

Je pisse, et j'entends cette fois Baby Bird chanter son merveilleux Bad Old Man. Il y a ce vers : « Make everyone know that he's happy ». J'en isole le make everyone know, parce que j'entends presque make everyone he knows. Et je me dis : trois lettres de plus, trois lettres de moins, le sens change tellement.

Et je me pense, comme dit joliment le traducteur de Brautigan : « J'apprends l'espagnol ces temps-ci, et ce genre de subtilités, quelques lettres, quelques accents, ça change tout. »

Et aujourd'hui je ne comprends rien aux accents en espagnol, et une partie de moi se dit « mais ce n'est pas grave, on te comprendra » et l'autre se, et me dit : « tu seras toujours un Français parlant (mal) espagnol ».

And what the fuck ?

Nikita Calvus-Mons à 22 h 23 dans Traduc-traître - Lien permanent - 0 commentaires

Gotcha

Alors comme ça Calvus-Mons ne se foule pas énormément ? J'ai cru lire ça récemment. C'est faux. Calvus-Mons, le Mont-Chauve, se foule. Le pied droit.

Oui, je traîne une tendinite tenace (ce vieil adjectif pourri n'est utilisé que pour l'allitération) depuis quelques mois. Le genre qui se calme quand on change pour quelques jours de paire de chaussures. Le genre lancinant, imprévisible. Peut-être même faux-derche.

Voilà, c'est à peu près tout ce que j'avais à raconter. Je ne sais pas... j'ai ouvert l'éditeur de texte de ce blog en ruines parce que Morrissey chantait Dagenham Dave, un de ses meilleurs morceaux, et que je pensais à G., cet entrepreneur de l'édition sacrément culotté et que j'aime tant, et qui est en train de s'emmerder à un vernissage parisien d'artistes berlinois, et qui hait Morrissey, qu'il appelle avec tant d'humour la Grosse Momo, et...

... oui, j'ai bu. Oui, j'ai pris du sucre en poudre.

Non, ce n'est pas intéressant.

Mais ce n'est pas inintéressant non plus.

Et vous êtes bien attrapés.

Nikita Calvus-Mons à 22 h 11 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires

jeudi 22 octobre 2009

Les inédits de Calvus-Mons qui ne se foule pas énormément et exploite son public

Ci-dessous, six bouts de brouillons, donc inédits, datant de janvier 2007 à novembre 2008 :

Nikita Calvus-Mons à 11 h 14 dans Social-traître - Lien permanent - 0 commentaires

Le football est-il la continuation de la guerre par d'autres moyens ?

Coupe du monde 2042.

« Goldstein centre pour Cohen... qui reprend et frappe ! Mais Himmler intercepte... relance dans l'Axe vers Eichmann, qui écartèle... pardon, qui écarte pour Speer, sur l'extrême-droite... Speer repique au centre, glisse à Goering... mais Finkelstein veillait au grain !

C'est une touche. »

 

Allemagne 0 - 0 Israël

Nikita Calvus-Mons à 11 h 07 dans Sportif-traître - Lien permanent - 0 commentaires

Minable à la Bedos

Six mois plus tard je me vengeai sur une Australienne à la fête dite de la musique ; je jouais de la caisse claire avec des cuillères à café sur des tubes du genre B52's quand elle m'aborda décidée comme une putain ; elle avait quand elle souriait largement la même tête qu'une fille somptueuse que je désirais en secret depuis des mois, et je me la suis donc emballée à la Bedos sans réfléchir, ça repose. J'y ai fait le coup de l'alcôve du pont Neuf, je vous le conseille, à chaque fois avec les filles du nouveau monde c'est un succès.

Au lit c'était minable.

Nikita Calvus-Mons à 10 h 59 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires

Consultant éditorial

Je me suis découvert ce matin une vocation de pipeauteur pas plus foireuse que chez le dernier consultant venu. J'ai rédigé, vite, des recommandations pour un ancien collègue qui monte un des sites les plus foireux de la galaxie. Me voilà bombardé consultant éditorial. J'ai assuré : c'est ma part d'ombre.

Le projet est tellement vague et foireux qu'il y a une chance sur deux pour que ce que j'ai pondu soit génial ou nul. Impossible de le savoir à ce stade. Ce vertige est intéressant. Mille cinq cent euros hors taxe.

Whatever happened to Leon Trotsky?

He got an ice pick

That made his ears burn

(The Stranglers, No More Heroes)

Nikita Calvus-Mons à 10 h 53 dans Social-traître - Lien permanent - 0 commentaires

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