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60 millions de social-traîtres

Mémoires sautés du temps

lundi 08 juin 2009

The Jutland Experience

Je voulais pisser dans l'eau : la classe à la française, le petit côté 400 coups... Du haut du belvédère des Buttes-Chaumont, où nous nous emmerdions tous les deux : oh, des cygnes ! oh, des Chinois ! oh, une limousine ! oh, encore des Chinois !

C'est incroyable le nombre de Chinois qui viennent se faire tirer le portrait aux Buttes-Chaumont le jour de leur mariage. En 1996, j'avais déjà remarqué ça : j'étais observateur. Aujourd'hui, je ne le suis plus tellement. Ce qui est nouveau. (Ce procédé s'appelle tirer à la ligne. Il est d'usage méprisable.)

Adoncques je demandai, en un élan facétieux, à la timide Danoise qui me flanquait comment l'on disait, dans sa douce langue gutturale : je veux pisser dans l'eau.

Jeg vil hoppe i vandet, me répondit-elle.

Nonobstant le doute (hoppe veut-il dire pisser ou sauter ?), né d'un malentendu dû à sa mauvaise compréhension de mon français lorsque je parlais vite et dans ma barbe (bien que rasé de frais je fusse), je me suis toujours souvenu de cette phrase dont l'utilité, à l'aéroport de Copenhague, est quand même largement limitée, mais que je ne manque pas de sortir de mon arc, qui a plusieurs tours, lorsque l'humeur du soir, badine, permet d'amuser quelques blondes de froides contrées.

Nikita Calvus-Mons à 17 h 05 dans Poétique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

jeudi 04 juin 2009

Affolons les statistiques

Gros seins, bite et cul. Femme à poil. Grosse salope qui suce. Sans oublier éjaculation faciale (aka « cumshot »), cravate de notaire, branlette espagnole et Lionel Messi dans la cave à Dieudonné.

Nikita Calvus-Mons à 16 h 57 dans Scientifique-traître - Lien permanent - 3 commentaires

mercredi 27 mai 2009

Mise en équation d'une soirée musicale à la Villette et divination footballistique

[Jesus & Mary Chain + Jesu + (Lounge Lizards / 3)] / 3
=
Jesus Lizard

&

FC Barcelone 6 - 4 Manchester United

(après prolongations)

Nikita Calvus-Mons à 14 h 51 dans Musical-traître - Lien permanent - 7 commentaires

lundi 25 mai 2009

Comme un lundi

Pauvre Lars von Trier...

A Cannes, les flics et les cons se sont déchaînés pendant la projection d’Antichrist, beuglant, sifflant, ricanant, criant un beau « Salope » à l’attention de Charlotte Gainsbourg ou quittant la salle en faisant claquer leurs sièges. Puis, vint le temps de la curée avec la conférence de presse. Méconnaissable, tremblant, vraisemblablement bourré d’anxiolytiques, 15 kilos en trop, Von Trier a été soumis à la question, comme au temps joyeux de l’Inquisition. La première question était la plus débile. Un Kritik du Daily Mail a sommé Von Trier de s’expliquer, « et pas en un seul mot, on est à Cannes, quand même ! » Comme si un artiste devait expliciter son œuvre, donner les clés, se justifier et pourquoi pas s’excuser ? Paumé, Von Trier a bafouillé et bien sûr refusé. « J’ai fait ce petit film que j’aime bien pour moi, pas pour vous ou un public donné. Vous êtes mes invités, pas le contraire. » Le reste est 30 minutes de n’importe quoi. « Pourquoi la référence à Tarkovski ? », « Etes-vous influencé par Dario Argento » (réponse du Danois médusé : « Qui ça ? » ), « Je n’ai pas bien compris une scène, je suis allé sur Google, je n’ai rien trouvé » (véridique). On imagine le supplice de Von Trier qui balance une série de réponses laconiques et improbables comme : « Je ne peux pas donner d’explication », « C’est Dieu qui dicte mes choix », « J’étais dépressif, j’ai fait ce film pour m’en sortir », « Je suis le meilleur réalisateur du monde, les autres sont surestimés », « Le menu de l’hôtel où nous sommes restés pendant trois mois a été très important pour moi »

La suite, sous la plume de Marc Godin, sur Bakchich, donne envie de porter à ébullition un critique de Studiorockuptible, pour voir ce qu'il en reste : un Macbook, une capote sale et un autocollant « Pulp Fiction saved my life » ; puis Lars von Trier, dans une casserole séparée : y restent des bribes indélébiles, séquences superbes, hilarantes, déchirantes, puissantes et timbrées de toute son œuvre (ainsi que quelques grammes de poudre d'anxiolytique ?). Les Idiots, Dogville, L'Hôpital, Le Direktør récemment... Et ceux que je n'ai pas vus, par flemme ou parce que je faisais confiance aux critiques et suis plutôt allé par facilité (?) me farcir un Christophe Honoré ou un mauvais Woody Allen...

Je l'ai déjà dit, le cinéma est une science molle, un micropénis de l'art, une industrie concassante. Ses « critiques » sont les plus totalitaires, les plus incultes, les plus fascinés par les paillettes, les stars et les montées de marches d'escalier (faut-il être lobotomisé pour rêver de  tapis rouges !). Que ne nous débarrasse-t-on pas au plus vite de ces nuisibles ?

Mais il faut pour cela se débarrasser du capitalisme, eh ! murmure le petit malin désespéré.

Nikita Calvus-Mons à 14 h 22 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 2 commentaires

lundi 18 mai 2009

Spoiler alert

Nous vîmes hier Good Morning England dont d'autres gens de goût ont souligné l'incurie du titre français (cela ne fera qu'à peu près quinze fois que j'affirme qu'il faut pendre la totalité des gens bossant en France dans le marketing cinéma, mais je semble hurler dans le désert). On m'objectera à raison que le titre original n'est pas non plus excellent ; oui mais c'est le titre original. The Boat That Rocked.

Et c'est très drôle, très bien joué, poétique même par (nombreux) endroits. Pas du tout bêtement nostalgique, comme je le redoutais. Le film, où figure un Kenneth Branagh en excellente forme comique (ainsi qu'Emma Thompson, apparition divine dissimulée sous une paire de shades), enfonce même Titanic sur son terrain : le naufrage.

Mais non je n'ai pas raconté la fin.

Nikita Calvus-Mons à 22 h 22 dans Cinématographique-traître - Lien permanent - 5 commentaires

jeudi 14 mai 2009

Chartreuse, anyone?

La caméra prend la scène de dehors, à travers la fenêtre de la cuisine. Musique : Europa Calling, de Sol Invictus. Quelque chose de triste et nostalgique comme une saga dévoyée. Il ouvre la porte du réfrigérateur, verse un petit verre de chartreuse épiscopale, le descend d'un trait, s'en verse un deuxième, le descend d'un second trait, s'en verse un troisième, une larme au fond du canal lacrymal, qu'il choisira de verser ou non, selon le bon plaisir du scénariste.

Elle perle pourtant : vu qu'il se déteste, qu'il déteste sa faiblesse, qu'il déteste ce qu'il fait. Y compris ce qu'il fait en ce moment même, c'est-à-dire s'apitoyer sur son sort, et ce sans jamais se suicider. Ce genre de complaisance l'a toujours irrité... chez les autres. L'y voici. De la musique choisie, de l'alcool torché comme jamais — pour se mettre minable, au sens propre —, de la déprime savamment entretenue...

Et l'incapacité totale d'en rire, de passer à autre chose, comme auparavant il l'aurait fait, sans avoir besoin d'elle. Il ne peut plus rire de lui sans elle. Alors il se complaît dans la petite douleur minablement sordide de l'instant. Et remet en boucle Europa Calling, morceau sublime et bordel de dieu affreusement triste.

Nikita Calvus-Mons à 23 h 35 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 2 commentaires

Social-traître un jour...

Passant au Monte en l'air hier en fin d'après-midi, dans Ménilmontant détrempé par l'orage, pour y acheter la revue Dissonances dans laquelle Monierza vient de publier un texte, j'en suis reparti bredouille sur le strict plan dissonant mais tout de même nanti d'un vieil exemplaire du Tigre et du numéro 6 de Social-Traître, la petite revue fondée en 2005 par trois personnes exemplaires dont votre serviteur, qui s'en éloigna au bout de deux numéros par trop décevants. Avec Social-Traître, je suis devenu bien tranquille pour juger : tout ce qui est bon dans cette revue est en effet l'œuvre de la bande (joliment étoffée à présent) des illustrateurs, dans laquelle je compte mes deux seuls camarades. Tout ce qui est mauvais est ce qui l'était déjà dès le début : une propension assommante du petit (rédacteur en) chef à l'analyse bavarde et ressassée, gonflée d'un esprit de sérieux inouï et absolument exempte de la moindre trace d'humour (quoi de plus criminel, au fond ?). De la dissertation... Des idées ! aurait déploré Destouches, qu'on ose pourtant appeler en renfort dans le bulletin d'abonnement... Les autres auteurs, ceux que je n'ai jamais fréquentés, méritent pour cette seule raison le bénéfice du doute, malgré la faiblesse de leurs récits éthyliques. Seul un texte m'a vraiment séduit par son sens du rythme et son énergie : celui d'un certain Aliocha. Il faut donc sauver de Social-Traître le département illustration en entier, et l'auteur Aliocha.

Après cette lecture un peu terne, je prends l'exemplaire du Tigre, le numéro gris de la fin de l'an 2008, et la comparaison est cruelle, car le Tigre est la revue que j'ai longtemps rêvé de créer. Dans le Tigre, tout, de la première à la dernière page, excelle, vivifie, amuse l'œil et le neurone ; c'est très soigné, relu avec la plus grande attention, les textes sont brillants, drôles et précis. Il sourd de la littérature de chaque texte, et jamais le moindre narcissisme, ce fléau que seraient bien inspirés de combattre au plus vite les « auteurs » de Social-Traître s'ils désirent vraiment intéresser un jour des foutus lecteurs.

C'est quelque chose comme le Tigre que j'avais en tête en 2005 ; c'est pourquoi la comparaison est cruelle lorsque je constate que je n'ai contribué à créer que cette revue-là, et qu'elle devient ce qu'elle devient : un espace sans littérature, sans recherche, simple dégorgeoir graphomaniaque pour un ou deux losers. Je suis cependant satisfait de constater qu'au moins sur le front de l'illustration cette revue sert à l'expression du talent réel de quelques uns (Paul de Mercey, Tarabiscouille, Binje, Constantin...), en attendant mieux pour eux, certainement.

Nikita Calvus-Mons à 18 h 18 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 9 commentaires

mercredi 13 mai 2009

Where will it end?

Paris me pèse, nous pèse. En ce qui me concerne, pas la ville en elle-même, dont nous avons dit tant de mal pendant notre séjour en Espagne, alors que nous l'aimons, mais ce qui continue de m'y attendre comme contraintes, inlassables.

Quand je doute, que j'ai peur, que le précipice devant moi m'appelle pour me happer, Paris et la vie que j'y ai (que j'y laisserai un jour) m'insupporte, me réduit misérable, aspirant la vague substance de mon cerveau névrosé.

Vivrons-nous ailleurs, et heureux ? J'aime à le croire.

Un samedi soir à Alicante, sur la terrasse d'amis, nous mangeons du saumon à la japonaise, nous buvons du vino tinto. Tout se passe bien, nous rions à neurones déployés de ce monde dégueulasse (Sarkozy, plus ou moins vulgairement effrayant que Berlusconi ou Aznar ?) lorsqu'elle me tend son téléphone, que souille le message immonde de ce que j'appellerais volontiers un sous-homme si j'étais un poquito certain de ma supériorité ontologique.

Immonde, ordurier ; elle semble ne pas ciller, prendre la chose avec le détachement et la classe qui lui sont consubstantielles. Névrotiquement, j'ai vu tout de suite la grosse faute de français dans l'odieux message : je m'en veux presque, tant c'est le fond qui est à vomir et tant la forme, dans ces cas-là, n'a aucune importance...

Je suis responsable de ses pleurs, elle l'est des miens. Nous pleurons parfois, des larmes salées comme l'addition de nos années de chaos. Je rêve régulièrement d'elle ; je l'admire et je suis dépendant de sa patience, infinie.

Nikita Calvus-Mons à 05 h 35 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires

La suite du blog

Avant l'enfer

Ce type, pris dans une base américaine dans les années 60, est l'auteur d'un des plus grands romans du siècle, largement meilleur que ceux de Marc Lévy.

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