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60millions by Don C on Grooveshark

lundi 28 avril 2014

Les enfants et les adultes

On oublie trop facilement la répulsion physique des enfants pour les adultes. Leur taille gigantesque, leur corps gauche et raide, leur peau rêche et ridée, leurs paupières tombantes, leurs dents jaunes, et les odeurs de renfermé, de bière, de sueur et de tabac que dégagent leurs vêtements ! »

Orwell, « Tels, tels étaient nos plaisirs ».

Prendre un enfant dans ses bras après avoir lu ça, c'est pas si facile. Mais ça fonctionne. Il faut croire que le père Orwell devait avoir la descente difficile, le jour où il a écrit ces phrases, ou des souvenirs vraiment crades...

Don Calvus à 20 h 14 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 0 commentaires

mardi 22 avril 2014

Teenage Kicks

Rattraper les lignes que tu me tends
Apaiser ton esprit
Vivifier chaque pore de ta peau
Irradier tes neurones
Sucer ta langue
Songer que tes yeux m'embellissent
Et m'en sentir ragaillardi
M'en sentir beau et fort
Envahir tout le langage de nos jeux
Nier la mort farouchement
Tuer la mort ! comme deux adolescents un peu bêtes

Don Calvus à 12 h 19 dans Poétique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

vendredi 18 avril 2014

Il me chie son cambouis dessus

Mon vélo, c'est comme un cheval : il chie sur mes bas de pantalon et il ahane dans les côtes.

C'est mon fier destrier. Rouge passion, rouge plaisir, rouge brûlé. Sans crainte de la prune. La maréchaussée s'est calmée, depuis 2007 et l'avènement du Vélib : elle n'emmerde plus les cyclistes qui se moquent de la signalisation (c.-à.d. : les connards dans mon genre). Elle n'a pas que ça à foutre, il y a tous ces politiciens à mettre en taule, c'est du travail, du sérieux, elle est sur le coup.

J'en vois un qui fronce les sourcils, flairant le poujadiste qui sommeille en moi, le nostalgique du 6-Février, avec une majuscule. Lui sait qu'il existe des politiciens honnêtes et par conséquent il n'en fait pas des tonnes sur les pourris et ceux qui le font cocu à répétition depuis trente ans. C'est un homme mesuré, intelligent. Moi, je suis un instinctif, pas un conceptuel. Quand un ministre est pris la main dans le sac de bonbons, j'ai tendance à y voir la confirmation d'un axiome qu'on devrait apprendre aux bambins à l'école : le pouvoir est corrupteur. L'argent aussi. Alors les deux ensemble, vous pensez, Simone...

Mais trêve de bavardages. Le vélo à Paris, comment ça se passe ? Combien de morts ? Combien d'insultes quotidiennes lancées à la tête des automobilistes et des piétons (absolument incapables même à Paris de lire les situations) ? Beaucoup.

En zone urbaine, le cyclisme, loin d'être un humanisme, est en réalité un élitisme. Une façon de trier les piétons, ces obstacles à trente-sept degrés de température, en fonction de leur réactivité à l'environnement — hostile, forcément hostile —, réactivité qu'on suppose elle-même fonction du nombre de connexions neuronales et de leur vitesse d'abattage. C'est idiot et un peu méchant. La capacité à l'anticipation (traverser ? ne pas traverser ? quand traverser ? comment traverser ?) est, ou semble bien être, parfois, affaire de QI. (Encore une fois, les sourcils froncés, l'homme à l'intelligence bien dosée, qui a voté deux fois contre Sarkozy pendant que j'allais à la pêche, s'insurge : « Non content de verser dans un poujadisme "éclairé" des plus méprisables, l'auteur de ces lignes suspectes nous refait le coup de la surestimation du QI et de la ségrégation nécessaire des crétins. On est à deux doigts du racisme pur et dur, de l'eugénisme, du fascisme. On ne viendra plus lire ce blog. »

Bien sûr qu'il n'a pas complètement tort. Il faut laisser les piétons rêvasser aux feux rouges. Mais la vie est une jungle, les enfants.)

Don Calvus à 13 h 28 dans Social-traître - Lien permanent - 1 commentaire

mercredi 16 avril 2014

Renaissance

On appelle ça le petit-déjeuner des champions. Pour certains, café clope : Jarmusch, je crois, dans Brooklyn Boogie. Il en fera un film, plus tard. Pour moi : chocolat blanc à la vanille bourbon et porto blanc (Malvasia). Au lendemain d'une soirée délicieuse, sucrée aussi, mais en plus costaud, en plus charnel tout simplement. Je revis depuis quelques semaines : comme jamais depuis cinq ans, et comme jamais tout court d'ailleurs car je sais et je fais enfin à peu près ce que j'aime. Cinq ans, le temps de vivre un amour passionnel et pourtant sec, sans chair, ou une chair trop triste. Du passionnel platonique. Après les trois premières années, on frôle la mort cérébrale. On se donne alors deux années de répit pour s'en remettre, pas à pas. Et redécouvrir enfin ce qu'on a longtemps cru hors de la vie : le plaisir. L'envie. Le désir.

J'ai donc quarante ans et — après avoir traduit un bouquin dispensable sur la crise de la quarantaine — j'ai la nette sensation de renaître.

Je sais enfin que contrairement à ce que pense Valerie Solanas, tout homme n'est pas nécessairement un tas de merde sans intérêt.

Ou alors il faut dégenrer le dicton de la rigolote psychopathe : tout être humain, au fond, est probablement un tas de merde en devenir sans grand intérêt ; c'est ainsi qu'on se coupe du monde, qu'on arrête de croire en la politique, au cinéma, à la philosophie, aux vertus thérapeutiques de tout un tas de substances. Une fois le constat réalisé, que reste-t-il à l'homme conscient ? Vivre, baiser, bouffer, crever plus ou moins paisiblement, nourrir les asticots. Entretemps, tenir un blog, écrire, voler, se droguer, pisser dans des lavabos, partir au soleil et oublier l'existence d'êtres humains aussi méprisables que Jean-François Copé.

Je revis, après être un peu mort une fois. Chouette découverte.

Don Calvus à 14 h 15 dans Social-traître - Lien permanent - 2 commentaires

jeudi 16 mai 2013

11-Septembre

Je lis pour la première fois Bolaño, le must-read, apparemment, de toute une frange de la société dont font partie nombre de mes relations. C'est bien. C'est même très bien, Le Troisième Reich.

Petit problème : il y a un chapitre qui s'appelle « 11 septembre ». Sans majuscule : tous les chapitres sont des dates successives. Entre le 10 et le 12, il y a le 11. Le souci ? La date a du sens. (Beaucoup de sens. Un double sens, même, étant donné que l'auteur est chilien, et que le 11 septembre 1973, comme chacun le sait, ou devrait le savoir, est — aussi, surtout — la date du coup d'État de Pinochet.) On la majuscule souvent, comme on le fait du 14-Juillet ou du 8-Mai.

Du coup, lorsqu'il écrit que les Catalans (le bouquin raconte les vacances anxiogènes d'un Allemand sur la Costa Brava) célèbrent le 11-Septembre, le lecteur exigeant mais néanmoins ignorant des coutumes catalanes, pensant à 2001, se demande s'il n'y a pas là discrète allusion. Et il va chercher la date à laquelle le livre a été écrit. Et il ne trouve pas : les deux copyrights indiqués sont de 2010. Or Bolaño est mort en 2003. Il aurait succombé en 1999, aucun problème ne se serait posé. La seule allusion au 11-Septembre chilien serait possible. Mais voilà, il est mort en 2003. Le Troisième Reich est peut-être le dernier livre qu'il a écrit, après le 11 septembre 2001 ?

Il faut Wikipédia, alors qu'on s'en passerait bien, pour découvrir qu'il l'a écrit en 1989, et que le roman n'aurait été publié qu'en 2010, après avoir été retrouvé dans ses papiers, parmi d'autres textes inédits, en 2009. D'où le copyright 2010 de l'original.

Bien sûr, ça n'a que peu d'importance, pense-t-on. Eh bien si. L'éditeur français devrait au moins, quelque part (aucune mention dans la petite biographie de l'auteur) indiquer en quelle année le bouquin a été écrit. Il ne le fait pas. L'éditeur français est donc un con. La connerie se mesure à la somme de ces minuscules infâmies. En termes mathématiques, c'est l'intégrale des lâchetés quotidiennes. Et non pas une bête question de QI.

Don Calvus à 12 h 44 dans Littéraire-traître - Lien permanent - 2 commentaires

mercredi 08 mai 2013

Madame Irma m'a parlé, et ce n'est pas joli joli

Oh, mais tout va bien, ne nous faites pas chier. Les juges sont du bon côté du manche. Le goupillon n'a même plus besoin du sabre pour ses hautes œuvres. Les kids américains seront la première avant-garde de la Très Sainte Connerie purificatrice™ qui aura ravagé le monde avant cent ans ;

enfin... aurait dû ravager le monde si ce dernier n'avait pas déjà été passé au crible et au phosphore blanc quelque cinquante années plus tôt par ses deux premières armées (sans doute la chinoise et l'américaine, peu de surprises sont à attendre en ce domaine) avec ici ou là quelques escarmouches à peine nucléaires en Corée (ce n'est jamais très loin du Japon qu'on fait mumuse à casser des atomes en morceaux, on en conviendra), dans la joyeusement célèbre région moyen-orientale et, oh, tiens, pour faire joli, au beau milieu du Larzac, après la funeste erreur d'un pilote franco-kabylo-iranien ayant fait décoller, dix minutes auparavant, en pleine nuit, son Mig-29 pour Londres d'un tronçon abandonné de l'autoroute A2 au sud de Gérone, la ville assiégée par les troupes loyalistes du (très grand) caporal Rajoy depuis la sécession de la Catalogne après la Coupe du monde 2014 perdue au Brésil à cause de la passe en retrait mal dosée d'un Basque stipendié par le Real Madrid.

Don Calvus à 14 h 07 dans Scientifique-traître - Lien permanent - 0 commentaires

samedi 04 mai 2013

Death in June, Diabologum, Suicide

Il y a un moment où le traducteur, conscient de l'imperfection ontologique (et vlan !) de sa tâche, abandonne tout espoir. Quand il entend ces deux voix, celle de la femme d'abord, qui dit d'une voix diaphane qu'elle aime la mer par-dessus tout — croit-elle — bien qu'elle en ait peur, puis celle de l'homme, qui lui répond que nous avons sans doute tous un peu peur de ce que nous aimons (d'aimer ?), il bute, il s'entête, il s'irrite : il y a ce I guess... Ce foutu et sublime I guess qui contamine toutes les traductions françaises de romans noirs, blancs, fluorescents, claudiquants surtout :

Je suppose... Je crois... J'imagine...

Non, cela ne convient pas toujours... Cela atténue ou renforce trop. Pas sorti de l'auberge, le traducteur perfectionniste. C'est un artisanat pathogène, si l'on y pense trop.

Alors le traducteur arrête d'écouter ce morceau de Death in June dont il ne pourra pas communiquer l'élément sublime à ceux de ses lecteurs qui ne comprennent nib à l'anglais.

Et il écoute alors un morceau de rock français. N'oubliant jamais la sentence méchante et lucide de John Lennon : le rock français, c'est comme le vin anglais. Bien sûr. Mais Diabologum, le traducteur n'en connaît pas d'équivalent anglo-saxon.

La post-avant-garde cassera les prix mais jamais l'ambiance

Le traducteur se paye de mots. Comment faire autrement ? Du tube post-punk des Chameleons il retient autant l'ampleur de la guitare et la noirceur chaude de la voix que les paroles, là encore pondues par un poète. Et le traducteur retombe en désespoir : cette langue est trop puissante, trop concentrée. There must be something wrong, boys.

Qu'aurait fait le traducteur en 1942 ? Il n'aurait pas levé le petit doigt. Il est déjà lourdement incapable de lutter en 2013 contre la nouvelle lingua franca : à vrai dire il en vit. Il collabore avec l'occupant, qui pourtant ne le menace pas de la moindre torture ou mort subite. Parfois Lingua F. le déprime, elle est souvent très laide, trop rouged (fardée), c'est une langue qui si souvent fait la pute ! Si souvent !

Quand elle s'arrête de vouloir vendre des choses, elle peut toucher à la quintessence poétique. Grandaddy, si cela n'émouvait personne, ce serait, comment dire ? Mauvais signe, non ?

Et ces doubles sens ! Can I come over tonight ? We could have a real cool time.

C'est Iggy Pop qui chantait ça. Un texte suintant l'obsession hormonale adolescente, répétitif, insistant. Extrêmement con quand on le traduit ? Mais justement, cela ne se traduit pas, le traducteur vous l'a bien dit, ou plutôt il a essayé, il ne sait plus... Venir chez sa copine pour lui mettre un coup, quoi. Come over : venir, puis venir (all over your tits). Le traducteur a dégoté une reprise du morceau par Half Japanese, groupe dont il ne savait rien. C'est 2.0, c'est moderne à en frissonner, c'est Grooveshark et ses suggestions plutôt malines. Malines ? Malignes ?

Regardez le cuistre se caresser, ici :

Le lexème « maline » ou sa variante au pluriel sont tout simplement introuvables sur un corpus de 22 œuvres allant de Marivaux à Proust.

Eh bien le traducteur, qui abhorre les cuistres, se servira du mot « maline », comme tout le monde. Une langue figée est une langue bientôt morte. Bien sûr le traducteur enfonce aussi des portes ouvertes (et se sert de clichés). Le français, ils voudraient le figer. Il y a des académies et des pisse-froid pour cela. L'anglais s'amuse, en face. Il domine largement. Filons la métaphore. C'est le Bayern München contre le FC Barcelona la semaine dernière. C'est McEnroe contre Borg en 1981. L'éternel combat de la jeunesse décomplexée contre la vieillesse qui sent la mort. Grooveshark est malin mais il ne veut pas notre perte. Du moins pas consciemment.

Pourquoi donc des Français n'écriraient-ils pas en anglais, après tout ? Quand c'est fait comme chez le Married Monk, le traducteur s'incline. Traducteur à qui sa mémoire souffle que l'artiste serait tout de même anglophone de naissance, un peu, sur les bords. Mais sa mémoire lui joue sans doute des tours. Il s'appelle Christian Quermelet, le chanteur. Pas très anglais, certes... (Pendant qu'il y est, le traducteur informe Grooveshark — il le fait vraiment, par un autre canal que ce blog d'élite — que la version de Roma Amor annoncée comme faisant partie de l'album studio R/O/C/K/Y n'est pas la bonne : Grooveshark ne propose la chanson qu'enregistrée en concert par Bernard Lenoir pour France Inter. Celle que le lecteur de ces lignes écoute peut-être en ce moment.)

Et puis on a fini pour la semaine. Le traducteur n'a pas envie d'essayer de rendre en français les lyrics d'Antipop Consortium, cela les affadirait de manière criminelle :

Shark-infested water
Message in a bottle
No man is an island
Individual visual MC
Me I love life

« Il y aussi le rap français», pense alors le traducteur. Mais il ne faut quand même pas se foutre de la gueule du monde.

Don Calvus à 21 h 04 dans Musical-traître - Lien permanent - 0 commentaires

vendredi 03 mai 2013

Fantaisie porno-mathématique

Ludmila passait sans cesse, de gauche à droite puis de droite à gauche, en un rythme régulier et sans doute régi par quelque fonction sinusoïdale, sa langue humide sur ses lèvres — comme par hasard — purpurines.

Georg Cantor sentait, au fond de son slip kangourou de marque, croître le volume de son engin ; cette croissance rapide semblait cependant devoir atteindre à un moment une limite physiologique ; il allait falloir con verger. De toute urgence.

Ludmila offrit alors aux yeux sévères de l’éminent mathématicien une vue plongeante — car ces vues sont toujours plongeantes — sur les deux sphères riemanniennes ornant sa poitrine d’albâtre.

Mais il y avait un problème. Cantor se sentait de plus en plus gêné aux entournures : son zob déjà immense ne montrait pourtant aucun signe de stagnation. Il y avait quelque chose d’anormal. La théorie prenait le pas sur la pratique — et ça commençait à faire un peu mal.

Ludmila trépignait et avait déjà ouvert depuis quelques secondes l’entrée de son vagin parabolique, étirant pour cela ses petites lèvres (façon Bernoulli), lorsque le génie teuton fut pris d’un violent malaise. Sortant bien malgré lui, par la force des Éléments, son gourdin de taille infinie de son caleçon à fleurs fractales, il n’eut que le temps d’assommer sa consœur qui, choquée, lâcha d’un coup ses petites lèvres, transformant ainsi son sexe en paire de cordes vibrantes, façon D’Alembert.

Cantor ne put jamais con verger.

Don Calvus à 03 h 09 dans Scientifique-traître - Lien permanent - 1 commentaire

mercredi 24 avril 2013

Danzig, Dälek, New Order et les Ramones

Avant de vous entretenir, dans un prochain pensum, de la langue du IIIe Reich (telle que théorisée, observée, analysée, sous le sigle « LTI » par Klemperer), ce message à caractère informatif :

J'ai, vous le constatez, intégré une radio sur ce site. Enfin, une radio. Une liste de douze morceaux, plutôt ; motorisée par Grooveshark. Je la mettrai à jour toutes les semaines, vous en serez informés. Quelques découvertes peut-être, des confirmations, des déclarations de guerre ; aucune concession en tout cas au moindre morceau qui ne trouve déjà sa place partout à la radio, à la télévision, sur le web.

De la musique pop qui traverse en dehors des clous, le plus souvent, je crois. Ne vous laissez pas abuser par le jeu débile, très art brut, de Palmolive (Paloma Romero, Espagnole farouche, sans doute, mais peu douée de ses mains, ayant métronomé également avec les Slits), la batteuse des Raincoats : attendez le refrain, sublime. Ô miracle ! il revient plusieurs fois. C'est que c'est un refrain.

À la version geignarde et rabâchée de Gary Jules, préférez la rendition originale du Mad World de Tears for Fears, quelques années avant que, la tête gonflée par la gloire, le duo produise ses hymnes Shout ou Sowing the Seeds of Love.

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I ever had

« Les rêves dans lesquels je meurs sont les plus beaux que j'ai jamais faits... » Si ce vers splendide pouvait faire taire tous les Soral (Soraux ?) incultes du monde... Ceux qui n'hésitent jamais à abuser du cliché « Les textes des chansons anglaises sont pathétiques, regarde les Beatles, c'est consternant : Love, love me do, you know I love you. » Oui, ça l'est, mais il n'y a pas que les Beatles, imbécile.

Don Calvus à 04 h 28 dans Musical-traître - Lien permanent - 3 commentaires

vendredi 12 avril 2013

Intelligence is overrated

Tandis que l'instinct est moulé sur la forme même de la vie, l'intelligence est, au contraire, caractérisée par une incompréhension naturelle de celle-ci.

L'intelligence, telle qu'elle sort des mains de la nature, a pour objet principal le solide inorganisé. Elle ne se représente clairement que le discontinu et l'immobilité. Elle n'est à son aise que dans le mort. Elle se comporte invariablement comme si elle était fascinée par la contemplation de la matière inerte. De là son étonnement quand elle se tourne vers le vivant et se trouve en face de l'organisation.

Justement, parce qu'elle cherche toujours à reconstituer et à reconstituer avec du donné, l'intelligence laisse échapper ce qu'il y a de nouveau à chaque moment d'une histoire. Elle n'admet pas l'imprévisible. Elle rejette toute création. Ainsi concentrée sur ce qui se répète, uniquement préoccupée de souder le même au même, l'intelligence se détourne de la vision du temps. Elle répugne le fluent et solidifie tout ce qu'elle a touché. Nous ne pensons pas le temps réel, mais nous le vivons.

Bergson, cité par Minkowski dans La Schizophrénie, Petite Bibliothèque Payot, p. 111-112.

Don Calvus à 21 h 45 dans Scientifique-traître - Lien permanent - 1 commentaire

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